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La crise au Cenou révèle-t-elle l’échec de la gouvernance du système éducatif ?

D 23 octobre 2016     H 19:57     C 0 messages         Partager


Le mercredi 12 octobre 2016, le conseil des ministres portait à la tête du Centre national des œuvres universitaires (Cenou), Yacouba Ouédraogo, administrateur civil. Par cet acte, le gouvernement croyait avoir posé le premier pas vers la résolution de la crise qui secoue les œuvres universitaires au Burkina Faso. Mais voilà que quelques jours après cette nomination, par presse interposée, l’on apprend que la guerre des chefs se poursuit, notamment entre l’ancien directeur général du Cenou, Serge Bayala et son remplaçant. Le premier a porté plainte contre le second, l’accusant d’avoir voyagé sans son autorisation et d’avoir loué un bâtiment du Cenou dans le quartier Larlé. Répliquant à ce qu’il considère comme un acharnement contre sa personne, Yacouba Ouédraogo a aussi déposé une plainte contre son prédécesseur !
Ce qui se passe au Cenou apparait comme une réplique de que nous vivons depuis trop longtemps déjà, avec la Centrale d’achat des médicaments essentiels génériques (CAMEG). Dans un cas comme dans l’autre, le choix des hommes pourrait être la principale cause de la crise qui affecte ces deux structures. Et pour cause !
L’un des inconvénients de la Loi 013-98/ADP, qui a mis fin à la prolifération des statuts particuliers des agents de la Fonction publique, a été d’avoir systématiquement effacé, au jeu des rapports de force, des acquis de professionnalisation de l’administration publique burkinabè.
En effet, pour les corps qui ne disposaient pas de syndicat, comme celui des personnels d’administration et de gestion (PAG) de l’éducation et de la recherche, les négociations pour l’aboutissement de la réforme globale de l’administration publique (RGAP) en 1998, ont fait peser la balance en leur défaveur et pour le bien de ceux dont le poids syndical était avéré. Dans leur cas, il s’agit pour l’essentiel des syndicats d’enseignants, pour ce qui est des responsabilités dans les structures administratives de l’éducation, et des syndicats des finances, pour ce qui est de leur fonction d’agent comptable.
La conséquence principale a été que le Burkina Faso, dans le cas de la gestion de l’éducation comme dans d’autres secteurs, a préféré le tâtonnement à la gestion professionnelle de l’éducation, contrairement à d’autres pays. Toute chose aggravée par les insuffisances accumulées de l’administration elle-même. Le problème ne se pose pas dans le secteur de la santé, où ce sont les administrateurs de la santé qui gèrent exclusivement les structures administratives de santé, ou à l’intendance militaire, où ce sont les intendants militaires qui gèrent leurs structures. Malgré l’opportunité en 2006 qui offrait la possibilité de retourner à cette professionnalisation, les textes d’organisation des emplois spécifiques (TOES) n’ont pas permis de corriger ces dysfonctionnements.
Et pourtant, depuis le 1er/10/1960, il est reconnu aux PAG la qualité d’agent comptable (article 1er du décret 527-bis/PRES du 15/10/1963, portant statuts particuliers du cadre des personnels des services économiques de l’enseignement). Pendant que depuis le 1er/01/1966, à l’article 2 du le décret 68-203/PRES/TFP/EN du 17 août 1968, portant statuts particuliers du cadre du personnel d’administration et de gestion de l’éducation nationale, il leur est aussi reconnu le privilège de la gestion des structures administratives de l’éducation et de la formation en ces termes :
« L’administration et la gestion matérielle et financière des services centraux, extérieurs et des établissements scolaires ou autres relevant du ministère de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des sports sont principalement confiées aux fonctionnaires du Cadre du personnel d’Administration et de gestion de l’éducation nationale régis par le présent statut qui prend effet pour compter du 1er janvier 1966 ».
Notons que les premiers PAG ont été formés en France à l’Institut national d’administration scolaire (INAS) de Paris. Ledit décret a été cosigné par un illustre personnage encore en vie, en l’occurrence monsieur Charles Bila Kaboré, père de l’actuel Chef de l’État, qui peut en expliquer les motivations, la portée et l’intérêt à son fils.
Si l’on fait un rapprochement entre le CENOU et la CAMEG, il y a un point commun. Ces deux structures ont de tout temps été gérées par d’autres types de compétences qui n’ont pas forcément la maîtrise des techniques de gestion de ces structures administratives spécialisées, de la formulation des politiques publiques qui les concernent, sur la base de modèle statistiques appropriés, ou de la spécificité de leur management.
Même si l’on ne peut pas garantir que la gestion peut en être autrement avec les gestionnaires spécialisés, on ne peut pas, à moins d’être devin, occulter aussi le fait que l’une des causes probables de cet échec réside dans l’amalgame entre gestion spécialisée et autre chose.
Avec un administrateur civil à la tête d’une telle structure, et surtout avec la guerre des chefs qui s’est installée, il est fort à parier que l’on vient d’entamer un autre cycle de tâtonnement qui va coûter cher aux étudiants et à la Nation.


Par Ousmane Djiguemdé, spécialiste des questions de gouvernance éducative

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