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Gogo : ce que révèle la violence sur un professeur

D 25 novembre 2016     H 07:05     C 0 messages         Partager


"Violence" ! Voilà une bien vilaine expression à bannir du langage à l’école si l’on veut véritablement vivre dans un pays d’hommes et de femmes intègres. Malheureusement, à trop vivre sur les rancœurs et la haine, la société a vite oublié qu’elle avait le devoir de façonner des citoyens neufs qui ne sont pas le miroir de ce qu’on connaît du Burkina Faso de 2016. Gogo en est une parfaite illustration.
Quelle mouche a bien pu piquer ce parent d’élève de Gogo pour qu’il en arrive à porter la main sur un éducateur à qui il a confié la destinée de son enfant, surtout qu’il n’est pas évident que lui-même, à l’image de la plupart des parents d’élèves, n’a pas démissionné de son devoir de premier éducateur de son enfant ?
Voici les faits :
Selon l’AIB, « le 10 novembre 2016, le professeur principal de Gogo a consenti à annuler son cours pour permettre à ses élèves d’aller présenter leurs condoléances à l’une des leurs qui venait de perdre sa mère. Toutefois, il a demandé au chef de classe de relever les noms de ceux qui ne se rendraient ni à la maison mortuaire ni à l’école. Sur les quatre noms relevés, trois absents ont fourni à l’administration, les justificatifs demandés. Le quatrième a préféré rendre compte à son père. C’est ainsi que ce dernier s’est rendu à l’école, muni d’une machette pour en découdre avec le professeur. L’enseignant qui a pu s’en sortir cette fois-ci, grâce à la médiation de l’assistance, sera rattrapé plus tard par le parent d’élève et bastonné. Grâce à l’intervention de la population, il s’échappe une deuxième fois et se rend à la police pour formuler une plainte ».


Ironie du sort, le ministère de l’éducation nationale et de l’alphabétisation avait réuni ses cadres (représentants des chefs d’établissements du secondaire, des conseillers principaux d’éducation et la direction des ressources humaines) à Ziniaré, chef-lieu de la province de l’Oubritenga, pour réfléchir sur « la prévention et la gestion des conflits en milieu de travail et la violence en milieu scolaire ».
En outre, pour mettre tous les acteurs du système éducatif à l’abri de tels voyous, le Conseil des ministres du 03 août 2016 avait adopté un décret portant protection du domaine scolaire, qui a été signé le 03 octobre 2016 sous le numéro 2016-926/PRES/PM/MATDSI/MJDHPC/MINEFID/MENA.
Il s’agit à travers ce texte de sécuriser les espaces scolaires et garantir davantage la quiétude et la sérénité indispensables au bon déroulement des activités scolaires. D’après ce décret, il faut entendre par domaine scolaire « l’enceinte, les dépendances et tout espace réservé ou affecté aux activités des structures éducatives que sont les écoles ou établissements publics comme privés où sont dispensés l’éducation préscolaire, l’enseignement primaire, l’enseignement post primaire général ou technique et professionnel, l’enseignement secondaire général ou technique et professionnel, l’éducation non formelle »
Le décret consacre l’inviolabilité de ce domaine et interdit toute activités à l’intérieur ou à proximité (400 mètres de rayon) de ce domaine. Il définit aussi les infractions spécifiques qui sont : les atteintes morales et les voies de fait sur les bénéficiaires de la protection du domaine scolaire et les établissements dangereux, insalubres et incommodes à proximité des domaines scolaires. Enfin, il prévoit des sanctions en direction de tout contrevenant sous la forme d’amendes (de 300 000 FCFA à 1 500 000 FCFA) en sus des sanctions générales (civiles et pénales applicables).
À partir du moment où un texte interdit et condamne de tels actes, avant de parler de suivre le ministre qui, le 20 novembre a suggéré le pardon dans cette affaire, il est important, pour notre propre sécurité et pour éviter de développer le sentiment d’un État qui fait la promotion de l’impunité et de l’injustice, que les sanctions prévues par le décret fraîchement adopté soient appliquées. C’est par là que l’on peut commencer à éteindre la violence à l’école et faire du domaine scolaire un pays de merveilles où les enfants viennent apprendre les règles de conduite en société, découvrir et adopter les bonnes pratiques qui feront d’eux les hommes intègres qui manquent tant à notre pays !


Ousmane DJIGUEMDÉ ; Kaceto.net
oustehit@hotmail.fr

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