L’Union des groupements d’étuveuses de riz (UNERIZ) de Bama a une nouvelle unité industrielle moderne. D’un coût de plus 600 millions de F CFA, l’usine, inaugurée le jeudi 15 décembre 2016, a été financée par l’ambassade de la Chine-Taïwan, le fonds de l’OPEP pour le développement international et l’Organisation néerlandaise de développement (SNV).

Mariam Sawadogo est la présidente de l’Union des groupements d’étuveuses de riz (UNERIZ) à Bama, une zone rizicole située à une vingtaine de kilomètres de Bobo-Dioulasso. Sa faîtière, forte de 689 femmes issues de 9 groupements, transformait le riz avec de grands fourneaux. Ce qui ne permettait de produire que 500 tonnes de riz étuvé par an. Avec la nouvelle unité de transformation acquise grâce à l’ambassade de la Chine-Taïwan, le fonds de l’OPEP pour le développement international et l’Organisation néerlandaise pour le développement (SNV), Mariam Sawadogo pense doubler la quantité. « On souffrait beaucoup pour étuver le riz avec les fourneaux. Avec cette unité industrielle, nous pouvons étuver 1 000 tonnes de riz par an », s’est réjouie Mariam Sawadogo. Devant les donateurs, jeudi 15 décembre 2016 à Bama, Mme Sawadogo a fait comprendre que l’Union est capable de produire 1 600 tonnes si toutefois, elle bénéficiait d’une grande décortiqueuse. « La décortiqueuse est petite. Nous ne pouvons décortiquer que 30 tonnes par jour. Nous sollicitons une plus grande décortiqueuse », a-t-elle dit. En effet, l’Union espère, grâce à cette unité industrielle, rentabiliser sa production. Suivant la présidente de l’UNERIZ, les femmes n’étaient pas organisées et chacune transportait sa production au marché pour vendre. Conséquence, quand l’offre dépasse la demande, explique-t-elle, ce sont les acheteurs qui fixent le prix. « Nous faisions des pertes. Grâce à cette Union, nous bénéficions de clients, du marché du gouvernement. Ce qui est important ce sont les femmes qui fixent elles-mêmes le prix du riz à la finition », a indiqué Mme Sawadogo.

Gazo-riz, une usine en phase avec le développement durable

Gazo-riz, c’est l’appellation de la nouvelle industrie d’étuvage de riz à Bama. Elle a coûté 960 000 Euro (plus de 627 millions de F CFA), selon le représentant de la directrice pays de la SNV, Martin Van Dam. Pour lui, il s’agit d’une unité innovante, fonctionnant avec de l’énergie renouvelable. Elle est capable de produire 800 kilogrammes riz étuvé par heure et va, dit-il, améliorer les conditions de vie des femmes. En effet, le résidu du riz est transformé en gaz pour étuver le riz et produire de l’électricité. La partie étuvage de riz a été conçue par un Burkinabè, William Ilboudo, ingénieur en construction mécanique. « On utilise de la chaleur pour transformer le bois en gaz. Nous avons créé les conditions pour avoir ce gaz de façon artificielle dans un gazéificateur. Ce sont les résidus de riz qui sont utilisés », a-t-il expliqué, avant d’ajouter que l’unité d’étuvage a une capacité d’au moins 5 tonnes de riz par jour. L’ambassadeur de la Chine-Taïwan au Burkina Faso, Shen Cheng-Hong a marqué sa satisfaction de voir le projet abouti. Selon l’ambassadeur, l’unité industrielle va contribuer à réduire la consommation en électricité, protéger l’écologie et l’environnement. Shen Cheng-Hong a, de fait, appelé à travailler pour doubler la production de riz étuvé à Bama, afin de contribuer à l’atteinte de l’autosuffisance alimentaire au Burkina Faso. Dans la même veine, le représentant du gouverneur de la région des Hauts-Bassins, Oumarou Kaboré, a fait comprendre qu’avec le projet riz pluvial soutenu par Taïwan, l’Etat Burkinabè travaille à augmenter la production du riz. Pour lui, la riziculture est un levier pour l’autosuffisance alimentaire.

AIB

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