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Question de principe : le cas Salifou Sawadogo

D 30 décembre 2016     H 16:33     C 1 messages         Partager


La section France du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) s’interroge sur l’impartialité de la justice burkinabè, notamment dans la levée de l’immunité parlementaire de Salifou Sawadogo et sa mise en examen, suspecté d’avoir " incité des manifestants à soutenir le putsch" et qui "serai à l’origine des débordements qui ont conduit à l’incendie des domiciles de Salifou Diallo et de Safiatou Lopez. Et dénonce le deux poids, deux mesures !

Décidément, la justice burkinabè ne peut s’empêcher de donner raison à tous ceux qui la soupçonnent ou l’accusent d’être une justice à deux vitesses. Une chose, en effet, est de rendre la justice, et une autre chose est de le faire avec équité. Il n’y a pas de démocratie sans une justice juste, c’est-à-dire équitable. Nous affirmons ici que l’essence même du régime démocratique repose sur deux piliers que sont la liberté et l’égalité. Nous faisons précisément référence à l’égalité des droits et à la liberté politique.
C’est dire que s’il est vrai que les hommes ne sont pas naturellement égaux en force et en talents, ils le sont véritablement en droit, c’est-à-dire en principe. Dans cette perspective, la liberté politique ne saurait être le fait exclusif de l’autorité au pouvoir. Le pouvoir politique, même obtenu dans les urnes, n’octroi pas le droit d’imposer une volonté arbitraire.
Il en découle que l’institution judiciaire, elle aussi, est astreinte à ce principe qui la concerne en premier. Elle doit comprendre que l’autorité est donnée à la loi qui est la même pour tous. Si bien que dans son exercice, elle doit veiller à ce que cette même loi soit appliquée à tous et à chacun, dans les mêmes conditions. Ce qui s’appelle l’équité.
Ce que nous dénonçons donc, c’est ce qui nous apparait comme étant une justice à deux vitesses, une sorte de justice aux ordres du pouvoir en place. Nous lisons en effet que notre camarade Salifou Sawadogo fait l’objet d’une information judiciaire pour avoir « incité des manifestants à soutenir le putsch » et « serait à l’origine des débordements qui ont conduit à l’incendie des domiciles de Salifou Diallo (actuel président de l’Assemblée nationale) et de Safiatou Lopez, leader de la société civile ». Soit. Mais alors, quid des débordements qui ont conduit à l’incendie de l’Assemblée Nationale et des domiciles de certains responsables du Congrès pour la Démocratie et le Progrès (CDP) ?


A ce propos, si on y met de la volonté, l’on est capable d’identifier les donneurs d’ordres et les activistes qui ont commis ces forfaits (on se souvient que l’hebdomadaire Jeune Afrique N° 2870 de janvier 2016, dans ses pages consacrés à l’actuel Président de l’Assemblée Nationale, nous délivre quelques informations importantes à ce sujet). Il s’agit d’actes de délinquance, de violence et de terrorisme qui doivent être sévèrement condamnés, réprimés et sanctionnés.
Le système démocratique offre différents moyens, qu’il n’est pas nécessaire de rappeler ici, de manifester son mécontentement. Les débordements qui ont conduit à l’incendie de l’Assemblée Nationale et des domiciles des responsables du CDP sont, à l’évidence, antidémocratiques. Ce n’est que l’expression de la haine et de la violence. Ce ne sont que des actions ciblées de certaines volontés individuelles dont le seul but était de terroriser et d’entamer l’intégrité physique et morale de ceux qui en ont été les victimes.
Eu égard à l’inertie dont fait preuve notre institution judiciaire face à cette situation, il semble qu’une légitimité de fait ait été accordée aux actes en question, et qu’un blanc sein de fait ait été donné aux auteurs, en raison de l’opposition au référendum sur la modification du célèbre article 37. Ceux qui se targuent d’être des juristes chevronnés dans ce pays ne trouvent rien à redire et se terrent dans un silence complice et coupable. Aussi, a-t-on légalisé de fait des délits que la justice seule peut qualifier, et a-t-on rendu illégale une décision prévue par la constitution.
Le moins que l’on puisse dire est qu’en ce qui concerne notre camarade Salifou Sawadogo, cette justice du deux poids deux mesures, décriée par les Burkinabé, est manifeste. Il ne s’agit pas pour nous, avec tout le respect que nous exprimons pour la présomption d’innocence, de nous opposer à toute ouverture d’information judiciaire le concernant. Il ne s’agit pas non plus pour nous de le soustraire à la justice. Il appartient, en effet, à celle-ci d’établir la vérité dans l’impartialité. Mais il s’agit pour nous de dénoncer une justice qui se présente comme étant celle du fort contre le faible. Nous disons que les mêmes faits doivent être considérés dans les mêmes conditions et jugés comme tels. Il n’y a pas de bons incendies volontaires et de mauvais incendies volontaires. Tout incendie volontaire reste un délit.
Nous exigeons donc l’ouverture d’une information judiciaire, au moins contre X, dans le cadre des débordements qui ont conduit à l’incendie de l’Assemblée Nationale et des domiciles des responsables CDP. Si l’on veut que la formule qui, comme une antienne, est devenu le mot d’ordre du pouvoir et de la société civile, et qui dit que « plus rien ne doit être comme avant », c’est-à-dire mettre fin à l’impunité, soit une réalité, il est urgent que la justice prenne en charge les faits que nous évoquons. Dans le cas contraire, c’est l’histoire qui le fera, car rien n’échappe au jugement de l’histoire.


Joël Compaoré,
Secrétaire général du CDP, section France

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