Après la bourrasque judiciaire qui a emporté sa présidente, son DAF et d’autres cadres, la vie au sein du Conseil supérieur de la communication est loin d’être une fleuve tranquille

« Une monstruosité juridique », c’est en termes que le juriste Abdoul Karim Sango a qualifié le 23 novembre dernier, l’arrêté pris par le directeur de cabinet du président du Faso, nommant Jean de Dieu Vokouma, président suppléant du Conseil supérieur de la communication, parce que selon lui, cet arrêté « ne repose sur aucune base légale ». Il a par conséquent appelé le chef de l’Etat à l’annuler avant « qu’un étudiant de première année de droit n’en demande l’annulation au juge administratif ».
Un épisode de plus dans la vie mouvementée du gendarme des médias depuis que sa présidente, Nathalie Somé, ainsi que des cadres du CSC, Souleymane Séré, RAORE Portio Nadine, Salifou KOULA et Salamata YODA/SERE Salamata, ont été accusés de malversations puis écroués début septembre dernier à la maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO).
S’était engagée, on s’en souvient, une bataille opposant deux camps, l’un dirigé par Désiré Komboïgo et l’autre aligné derrière Jean de Dieu Vokouma, pour le contrôle du CSC. Une guéguerre qui n’a pas été sans conséquences pour certains salariés, en l’occurrence, ceux qui sont recrutés et payés par la maison. Le 4 octobre, n’ayant rien vu arrivé dans leurs comptes, ces derniers ont organisé une manifestation pour réclamer le paient de leurs salaires. Le même jour, une correspondance signée du président du Faso confirmait Jean de Dieu Vokouma au poste de vice-président du CSC, faisant de lui l’ordonnateur du budget par intérim. Parfait Dabiré est nommé gestionnaire de crédits par intérim par la ministre de l’Economie et des finances, Rosine Coulibaly, sur proposition de Jean de Dieu Vokouma.
Investis, pour ainsi dire, de nouveaux pouvoirs, ces deux procèdent au paiement des salaires et débloquent les crédits pour faire tourner la maison. En apparence, tout va bien. Mais à dire vrai, le climat social au sein du CSC est cependant loin d’être normalisé et « la monstruosité juridique » dont parle Abdoul Karim Sango vient donner du grain à moudre à ceux qui, certes peu nombreux, continuent toujours de défier l’autorité de la direction actuelle.
Début novembre, le secrétaire général Louis Modeste Ouédraogo s’est senti obligé de monter aux créneaux pour rappeler à l’ordre sept (7) salariés qui refusaient de rejoindre leurs nouveaux postes où ils étaient affectés depuis août dernier, ou qui avaient épuisé leurs jours de congés, et trainaient les pieds pour reprendre le travail. Dans un communiqué de mise en demeure publié le 6 novembre dans les quotidiens Sidwaya et Le Pays, il les sommait de rejoindre leur poste dans un délai de 10 jours, sous peine de s’exposer à une procédure disciplinaire pour refus de rejoindre le poste.
Il faut bien croire que l’utilisation du bâton est parfois plus efficace que la carotte, car tous les sept salariés ont rejoint dare-dare leur poste bien avant même l’expiration du délai. « C’était du n’importe quoi. Parmi eux, il y en avait qui devaient juste monter d’un étage ou changer de bureaux et qui considéraient cela comme une sanction », explique, dépité un employé du CSC, se félicitant de ce que « sur ce point, les choses sont rentrées dans l’ordre ».
Reste qu’en plus de la « monstruosité juridique », d’autres bizarreries juridiques suscitent des interrogations dans la procédure judiciaire engagée contre la présidente et ses administrés. Le 6 septembre, après que le juge d’instruction ait signé un mandat de dépôt contre Nathalie Somé, un huissier de justice est arrivé dans les locaux de l’institution et s’est mis à placer des scellés sur les bureaux de la présidente et du directeur administratif et financier. Qui l’a appelé et quel est le fondement légal de l’acte qu’il a posé ? Au CSC, personne n’est pas capable de répondre à cette question ; tout au plus assure-t-on, « aucun responsable de la maison n’a fait appel à lui puisque nous avons refusé de payer la facture qui est arrivée après ».
Aux dernières nouvelles, Kaceto.net a appris de source judiciaire que ces bizarreries judiciaires ont été réparées, le juge d’instruction ayant régularisé la mise sous scellés des bureaux de la présidente et ceux du directeur administratif et financier plus d’un mois après, seulement le …21 octobre dernier !
Mais qui s’était substitué au juge pour prendre l’ordonnance de mise sous scellés ? Mystère et boule de gomme. En attendant peut-être que des langues de délient !

Georges Diao
Kaceto.net

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