Les données (data) sont « la nouvelle devise » de l’économie numérique, « le nouvel or noir », nous dit-on. Alors, opportunité et/ou risque ? Une chose est sûre, nous sommes définitivement entrés dans un monde de données massives, multiples, hétéroclites, hétérogènes, reliées les unes aux autres. Avec l’informatisation de notre quotidien, tout devient données

Pour Hubert Guillaud, spécialiste sur ces questions, la donnée est « le moteur de compréhension de nos existences et de nos perspectives scientifiques, journalistiques, marketing ou démocratiques. »
Je regarde en ce moment ce qui s’est dit autour des « données » dans les titres des publications francophones en ligne couvrant la décennie 2009-2018. L’analyse sémantique des corpus pertinents et significatifs récoltés permet de tirer quelques enseignements.
Dans ce court article, je voudrais vous présenter des résultats remarquables concernant trois groupes de références sémantiques associées à l’évocation des « données » en général dans ces corpus : les données dites « personnelles » (ou « à caractère personnel »), les « entreprises et leurs sous-traitants » et le groupe « « droit, loi, réglementation, norme ». Le graphique ci-après nous présente l’évolution dans le temps du taux d’occurrence de ces trois groupes sémantiques.


Le constat est clair : L’évolution des courbes de tendance des trois groupes sémantiques ici représentés modélisent une tendance importante : le fléchage du cadre juridique, réglementaire et normatif des données personnelles (ou à caractère personnel) s’est fait de plus en plus précis et insistant tout au long de la décennie (2009-2018). Et cette pression, si j’ose dire n’est pas sans interroger le monde des entreprises et organismes qui collectent et traitent ces données au quotidien. Je pense en particulier aux géants du Web, les fameux GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) et bien d’autres (Twitter, Yahoo, Baidu, Alibaba, Tencent, Xiaomi, Netflix, Airbnb, Tesla, Uber) qui brassent des masses et des masses de données de toutes sortes.
Dans un tel contexte, on comprend que la protection des droits de l’individu et de ses données personnelles est devenue un enjeu majeur. On le voit par exemple en Europe où l’Union européenne (UE) s’est donné un cadre réglementaire général sur la protection des données personnelles dit RGPD (en anglais, GDPR : General Data Protection Regulation). Ce règlement n° 2016/679 de l’UE est applicable à partir du 25 mai 2018 et sera « obligatoire dans tous ses éléments et directement applicable dans tout Etat membre ». Et mieux vaut être dans les clous, sous peine de lourdes sanctions.
Quelques questions me viennent alors à l’esprit : Qu’en est-il de la collecte et des traitements des données des Africains ? Qu’en est-il de la protection des données en général et des données nominatives en particulier en Afrique ? Que fait l’Union Africaine dans ce domaine ? Qu’en est-il des droits des citoyens africains en la matière ? Quid des entreprises et organismes qui opèrent en Afrique ? Autant de questions pour interpeller les uns et les autres sur ce nouvel enjeu.
N.B. On appelle « données personnelles » (ou « informations nominatives ») un « Ensemble des données propres à un individu qui, une fois combinées, permettent de l’identifier directement ou indirectement ». Exemples de données personnelles : nom, adresse physique ou électronique, numéro de téléphone, date de naissance, numéro d’assurance sociale, plaque d’immatriculation, photos, vidéos, empreintes digitales, appel passé sur un téléphone intelligent, connexion à Internet, histoire médicale, transactions financières, etc.

Ousmane SAWADOGO, Expert en « Text Mining » et « Web Content Mining »
Kaceto.net

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