La reprise des relations diplomatiques entre le Burkina Faso et la Chine pourra contribuer à booster la Boucle ferroviaire, un projet ouest-africain reliant Abidjan, Ouagadougou, Niamey, Cotonou, Lomé et Accra, a estimé samedi Poussy Sawadogo, enseignant à l’Université libre du Burkina (ULB), dans une interview accordée à Xinhua.

Après le rétablissement le 24 mai des relations diplomatiques entre les deux pays, ce docteur en histoire qui est également expert en gouvernance démocratique et droits de l’Homme explique que c’est le contexte actuel qui a imposé au Burkina Faso de changer son fusil d’épaule au regard du contexte sous-régional et international.

"Tout le monde le sentait venir. Le Burkina était une exception dans la zone ouest-africaine, notamment au niveau de l’UEMOA et de la CEDEAO", dit-il.

Au regard des impératifs sécuritaires, M. Sawadogo note ainsi qu’il était difficile d’avoir l’appui de la Chine sur la mise en œuvre du G5 Sahel, aux financements et d’autres projets structurels tels que l’autoroute Abidjan-Ouagadougou car il n’y avait pas de relations diplomatiques entre les deux pays.

Pour l’expert, les priorités du gouvernement après le rétablissement des relations diplomatiques devront être axées sur le renforcement des capacités et des compétences. "Je pense que la formation professionnelle, la formation à l’emploi, si la Chine a une expérience, ça peut être très important", souligne-t-il, précisant qu’il fallait former les jeunes à pouvoir travailler dans l’agriculture, les mines, l’architecture, l’urbanisme, etc.

Saluant la reprise de ce partenariat, Poussy Sawadogo plaide pour la construction de davantage d’écoles et de centres de formation d’enseignants, insistant pour qu’il profite beaucoup plus à la jeunesse parce que le défi du Burkina Faso aujourd’hui, c’est sa jeunesse.

"Il y a beaucoup de jeunes qui sont sans espoir et si on continue dans cette logique, on va continuer avec des insurrections à n’en pas finir. Donc, c’est bien qu’on s’organise dans ce partenariat", se félicite-t-il, souhaitant qu’on accorde une attention particulière aux jeunes.

Rappelant que le Burkina Faso occupe une place de choix dans la sous-région du fait de sa position de carrefour, l’universitaire estime que cela peut être géographiquement un atout. "Si vous êtes au Burkina, il vous est plus facile d’aller à Bamako, Niamey, Lomé, Abidjan ou encore à Cotonou", fait-il remarquer.

Pour lui, il revient à ceux qui renouent avec la Chine de convaincre que le Burkina Faso a une position favorable et que par leur leadership, ils peuvent mobiliser les autres. "Si on veut réaliser un projet sous-régional, que ce soit dans l’UEMOA ou la CEDEAO, on est obligé de passer par le Burkina. Que ce soit une connexion en matière d’électricité ou d’autoroute, le Burkina est au cœur de l’Afrique de l’Ouest".

M. Sawadogo pense que le soutien de la Chine sera essentiel pour que les projets prévus dans le cadre du Programme national de développement économique et social (PNDES) du Burkina Faso puissent connaître un début de réalisation.

Selon lui, c’est aussi la pression des hommes d’affaires burkinabè qui a joué dans le choix de la Chine parce que celle-ci est quand même la deuxième économie mondiale et que les entrepreneurs burkinabè veulent aller y faire des affaires.

"Maintenant, l’obtention des visas va être facilitée et cela va ouvrir plus de possibilités pour les hommes d’affaires du Burkina", conclut l’expert, en notant que les Chinois pourront eux aussi venir au Burkina Faso, appelant les entrepreneurs burkinabè à s’y préparer parce que ce n’est pas gagné pour eux.

Xinhua

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