Grèves à répétition dans de nombreux ministère dont ceux de l’Agriculture, de la Santé, de l’Economie et des finances, préparation de la conférence sur les conditions de rémunérations des agents publics, deux points qui ont été au centre des échanges hier entre trois ministres du gouvernement et les la presse

Trois ministres du gouvernement étaient face à la presse hier 5 juin dans les locaux des Archives nationales : la ministre de l’Economie, des finances et du développement, Hadizatou Rosine Coulibaly/Sori, le ministre de la Communication et des relations avec le parlement, porte-parole du gouvernement, Rémi Fulgance Dandjinou, et le ministre de la Fonction publique, du travail et de la protection sociale, Seyni Ouédraogo. Au menu des échanges avec les journalistes, deux points étaient au centre des débats : la mise à plat du système des rémunérations des fonctionnaires et les grèves à répétition dans les ministères de l’Agriculture, de la Santé et qui paralysent particulièrement l’administration au ministère de l’Economie et des finances.
Pour ce qui est de la conférence sur les conditions de rémunérations des agents publics de l’Etat qui se tiendra du 12 au 14 juin, le porte-parole du gouvernement a indiqué que ce rendez-vous devrait permettre de résoudre les questions qui se posent au niveau de notre fonction publique sur les conditions de rémunération et d’autres avantages accordés aux travailleurs du secteur public. Le ministre de la Fonction publique a rassuré que les partenaires sociaux sont dans un état d’esprit positif quant à leur participation à la conférence, en révélant avoir reçu des contributions de l’Union d’action syndicale (UAS). « Il y a de nombreux syndicats qui se sentent concernés par cette conférence », a insisté le ministre Ouédraogo. Il s’est voulu clair sur les acquis sociaux, précisant que du point de vue du droit administratif, un agent ne peut revendiquer le maintien définitif de droits sociaux acquis. Politiquement, les droits acquis peuvent être traités en tenant compte des impératifs et des moyens dont dispose le gouvernement.
Quant aux mouvements d’humeur dans les différents ministères, le ministre de la Communication, Remis Dandjinou rassuré l’opinion que les pourparlers sont en cours entre le gouvernement et les syndicats, espérant que bientôt des solutions seront trouvées pour mettre fin à la crise. « Il y a des discussions qui sont en ce moment en cours et sur la plateforme de la Coordination syndicale, il y a 5 points sur 7 sur lesquels nous avons trouvé des accords qui restent à être formalisés. Sur les deux points plus ou moins délicats, un point est en cours de négociation et de discussion avec l’UAS. Il reste un point qui est un élément sensible, celui portant sur le statut sécurisant. Avec le ministre de la Fonction publique, celui de l’Economie et des finances et du développement, et sous la direction du premier ministre, nous avons voulu que ce point soit mis dans le cadre de la conférence du 12 juin" a révélé le ministre Dandjinou. Et de poursuivre : "A aucun moment, il ne s’agit de mettre les acteurs en concurrence ou en compétition, mais de garder à l’esprit que notre budget doit servir au développement commun, et que les revendications salariales doivent tenir compte des réalités du pays. Le gouvernement n’arrête pas de demander le dialogue car nous souhaitons tous sortir de cette crise".


Prenant la parole, la ministre de l’Economie des finances et du développement a également rassuré que le dialogue n’a jamais été rompu entre les deux parties. "Le principe que le gouvernement applique dans le cadre de ce dialogue, c’est la question de la responsabilité réciproque, que chacun assume ces responsabilité, qu’il y ait de
l’ écoute, que nous tenons compte de l’équité et de la soutenabilité des engagements que nous allons prendre, sans faire de démagogie", a-t-elle déclaré.
Puis, de sortir sa calculette : « Les statistiques sont assez révélatrices ; quand 50% de vos recettes fiscales sont utilisées seulement pour payer des salaires, vous devez vous poser des questions, et je pense que c’est la question de fond" a t-elle indiqué, avant de citer mot pour mot, le défunt président du Conseil national de la révolution, Thomas Sankara : " Nous avons le choix de donner du champagne à quelques-uns ou de l’eau potable à tout le monde". Comme le ministre de la Fonction publique, elle considère que "le gouvernement n’a pas l’intention de remettre en cause des avantages sociaux acquis, encore qu’il n y a aucun avantage acquis pour toujours".
Sur la revendication des syndicats relative au bâtiment R+3, Rosine Coulibaly Sori a indiqué qu’il avait été jugé inutilisable et pas conforme par le syndicat du MINEFID, un avis contredit par la direction générale du ministère de l’Habitat. Face au refus du syndicat et sa crainte que le bâtiment s’écoule, " nous avons décidé de reloger les agents ailleurs et nous étions dans cette dynamique quand le ministère de l’Education nationale a émis le souhait d’avoir un bâtiment et nous leur avions proposé celui que le syndicat du MINEFID a refusé. Nous étions sur le point de céder le bâtiment au MENA quand les syndicats ont émis le souhait de l’occuper et vu que nous sommes dans un processus d’apaisement, nous avons accepté", a t-elle longuement expliqué.
Sur l’autre point de revendication relatif à la rupture du contrat avec COTECN/CCVA une société privée avec laquelle la douane s’était associée les services, notamment le suivi satellitaire des véhicules pour s’assurer qu’ils ne disparaissent pas en chemin et l’évaluation des valeurs déclarées en douane, le ministre de l’Economie a révélé qu’un plan de désengagement et de transfert de compétences de COTECNA vers la douane était en cours. " Dans le contrat qui avait été signé avec COTECNA, l’échéance est prévue en août 2018, donc un prévis de trois mois doit être envoyé à la société et cela a été notifié. Nous considérons donc que cela n’est pas un point qui pose problème car le gouvernement avait anticipé".

Frédéric Tianhoun
Kaceto.net

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