La Commission économique pour l’Afrique (CEA) des Nations Unies a déclaré mercredi que la forte croissance économique enregistrée dans de nombreux pays d’Afrique au cours des dernières années n’avait eu qu’un impact marginal sur les efforts de réduction de la pauvreté.

Saurabh Sinha, directeur de la division de l’Emploi et de la Protection sociale de la CEA, a déclaré au cours de la réunion du Forum politique du Groupe des experts de la CEA, qui s’est ouverte mercredi à Addis-Abeba, la capitale éthiopienne, sur le thème "Pauvreté, inégalités et emploi en Afrique", que la pauvreté sur le continent africain avait baissé plus lentement que dans n’importe quelle autre région du monde depuis 1990.

"Le taux de pauvreté est passé de 54,3 % en 1990 à 41 % en 2013", a-t-il affirmé, ajoutant qu’en chiffres absolus, le nombre de personnes vivant dans une pauvreté extrême sur le continent stagnait depuis 2002.

Selon la CEA, même si la pauvreté, les inégalités et le manque d’emplois productifs n’ont cessé de diminuer sur le continent africain, ils "restent les plus grands défis de l’Afrique".

La réunion de deux jours, qui se tient les 6 et 7 juin, vise à examiner les liens entre pauvreté, inégalités et chômage en Afrique.

Les experts ont également exhorté les pays africains à travailler à réduire les inégalités, afin d’utiliser les bénéfices de la croissance économique pour réduire la pauvreté.

"La croissance économique est moins utile à la réduction de la pauvreté quand les inégalités sont élevées", a ainsi indiqué Thokozile Ruzvidzo, directrice de la division des Politiques de développement social de la CEA.

"Pour réduire rapidement la pauvreté, nous avons besoin de limiter les inégalités", a-t-elle ajouté.

Indiquant que les inégalités ont un impact plus fort sur les personnes âgées et les autres groupes vulnérables, Mme Ruzvidzo a par ailleurs souligné que "les inégalités d’accès à une éducation de qualité et aux services de santé en fonction des revenus, du sexe et de la position géographique conduisent souvent à un manque d’opportunités sociales et économiques".

Selon la CEA, le continent africain est la deuxième région du monde où les inégalités sont les plus marquées, après l’Amérique latine et les Caraïbes et "cela explique sans doute la lenteur avec laquelle baisse la pauvreté sur le continent, les inégalités fortes faisant obstacle aux effets de la croissance sur la réduction de la pauvreté.

En dépit d’une croissance économique forte sur le continent depuis le début des années 2000, il existe toujours peu de "bons" emplois susceptibles d’offrir à la fois sécurité de l’emploi et protection sociale. On estime ainsi que 268 millions de personnes, soit près de 63 % des personnes ayant un emploi, restent dans une situation d’emploi précaire en 2016, selon la CEA.

Cette rencontre fait suite à l’achèvement du programme 2015-2018 de la CEA, qui visait à promouvoir l’égalité comme moteur du développement durable, et à renforcer les capacités des pays africains à appliquer des politiques publiques tendant à davantage d’équité socio-économique, a indiqué la CEA.

Xinhua

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