Excellence monsieur le Premier ministre,

Le 12 mars 2018, l’UAS a, par bordereau, transmis à la CSFP, les éléments sur la décision du gouvernement d’organiser une conférence nationale sur le système de rémunération des agents publics de l’Etat. Les dits éléments comportaient notamment la lettre de l’UAS qu’elle vous a adressée le 27 février 2018 et soulevant des inquiétudes relatives à cette conférence, votre réponse N° 0780484/PM/CAB à la correspondance de l’UAS et le document d’analyse introductif du gouvernement. La question qui est au centre de la conférence que vous avez programmée est d’une importance capitale pour les travailleurs en particulier ceux de la Fonction publique. Elle intéresse et interpelle au plus haut point la CSFP qui, il convient de le rappeler, a antérieurement conduit directement les discussions avec le gouvernement sur les grandes questions touchant aux travailleurs de la Fonction publique. Ce fut le cas de la relecture de la grille indemnitaire en 2014, de la loi 081 en 2015.

Excellence monsieur le Premier ministre,

Après analyse des documents mis à sa disposition par l’UAS, la CSFP vient par la présente porter à votre connaissance ce qui suit :
1. La non-participation du mouvement syndical regroupé au sein de la CSFP à la conférence annoncée par le gouvernement dans le format qu’il a prévu à cet effet. Nos organisations estiment que le processus engagé dans un format réunissant à la fois le gouvernement, les syndicats et des « forces vives de la nation » ne peut être la voie appropriée pour une discussion sereine sur une problématique comme celle portant sur la rémunération des agents publics de l’Etat. Un tel cadre de discussion nous paraît inapproprié pour l’objet défini ;
2. Toutefois, il convient de souligner que cette position ne traduit nullement une opposition de principe de nos organisations à ne pas prendre part à une rencontre sur la problématique de rémunération des agents publics de l’Etat encore moins leur refus departiciper à des discussions ouvertes à d’autres organisations représentatives des autres couches socio-professionnelles. Nous estimons seulement que si le gouvernement opte pour ce format, il serait indiqué que l’objet de la rencontre soit élargi de manière à prendre en compte les questions liées à la richesse nationale et à sa gestion par le gouvernement, sur lesquelles les autres composantes des « forces vives » peuvent contribuer valablement. Car en définitive, il est évident pour tous que la rémunération des agents publics ne peut être considérée en dehors des ressources nationales qui alimentent le budget de l’Etat. Mieux elle n’en constitue qu’un aspect du budget parmi tant d’autres. Excellence monsieur le Premier ministre, Nous osons croire que la volonté du gouvernement est de rechercher des solutions justes et pertinentes aux préoccupations qu’il soulève. Si tel est le cas, nous vous suggérons modestement de reconsidérer votre démarche en donnant aux travailleurs de la Fonction publique, à travers leurs organisations syndicales, toute leur place dans un cadre de discussion approprié avec leur employeur qu’est l’Etat. Au cas où le cadre envisagé ne change pas, il est judicieux que le sujet posé en débat soit élargi aux questions en lien étroit avec celle sur la rémunération des agents publics de l’Etat, à savoir la problématique de la richesse nationale et sa gestion. A cet effet, il serait indispensable que le gouvernement disponibilise au préalable les données sur :
Les données relatives aux recettes publiques (impôts, gestion des ressources minières et du foncier, octroi des exonérations, maitrise d’ouvrages délégués, dossiers de crimes économiques, etc.) ;
Les informations sur les dépenses publiques (coût des institutions, gestion des baux administratifs et du parc automobile de l’Etat, charges de personnel et de fonctionnement, traitements des hauts dignitaires, subventions, gestion des marchés publics, etc.) En nourrissant l’espoir que votre gouvernement va s’engager sur cette voie du dialogue franc, nous vous prions d’agréer, Excellence monsieur le Premier ministre, l’expression de notre considération distinguée.

Ouagadougou, le 29 mai 2018

Pour le Bureau de la Coordination
Ampliation : UAS
Souleymane BADIEL Porte-parole

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