La conférence des forces vives de la nation sur la rationalisation du système de rémunération des agents publics de l’Etat a débuté ses travaux, le mardi 12 juin 2018, sous le haut patronage du Premier ministre, Paul Kaba THIEBA.
Jusqu’au jeudi 14 juin prochain, les participants vont rechercher les voies et moyens pour parvenir à un mécanisme garantissant une gestion équitable et soutenable des rémunérations des agents publics de l’Etat devant ainsi permettre l’apaisement du climat social et l’accroissement de la productivité publique.

Ces dernières années, les inégalités dans le traitement salarial des agents publics constituent, de plus en plus, une entrave à la cohésion sociale, en témoigne la recrudescence sans précédent des revendications salariales des agents dans la fonction publique.

La conférence des forces vives de la nation sur la rationalisation du système de rémunération des agents publics de l’Etat qui se tient du 12 au 14 juin 2018 à Ouagadougou, s’inscrit dans la volonté du gouvernement de parvenir à un mécanisme garantissant une gestion équitable et soutenable des rémunérations des agents publics de l’Etat et permettant ainsi l’apaisement social et l’accroissement de la productivité publique.

Pour ce faire, trois panels sont inscrits dans l’agenda de cette rencontre. Le premier panel porte sur les grands principes et les valeurs structurants de la fonction publique et restauration de l’autorité de l’Etat. Le deuxième panel se penche sur la rationalisation du système de rémunération des agents public de l’Etat (cadre juridique, système indiciaire t indemnitaire).

Le dernier panel engage la réflexion sur la rationalisation des dépenses de l’Etat, autres avantages en nature servis aux agents de l’Etat et optimisation des recettes fiscales.

Pour le Premier ministre, Paul Kaba THIEBA, la présente cérémonie se tient dans le cadre d’une approche globale du traitement des revendications sociales en lien avec les contraintes budgétaires et les besoins de financement du développement au profit de l’ensemble de la population.

En cela, il a estimé que le gouvernement se doit de changer d’approche pour plusieurs raisons. La première raison qu’il a évoquée est le changement de stratégie car la gestion au cas par cas des revendications est source de risques pour la soutenabilité des finances publiques et la stabilité macro-économique.

Une autre raison, selon Paul Kaba THIEBA, est le changement de stratégie parce que la trajectoire d’évolution de la masse salariale menace notre capacité à générer une épargne budgétaire conséquente pour assurer une part substantielle des investissements prévus dans le cadre du Plan national de développement économique et social (PNDES).
Du reste, il a mentionné que l’enjeu central de la rencontre consistera à refonder le contrat social avec les agents publics de l’Etat et à assurer la pérennité de notre modèle social, tout en maîtrisant également les dépenses de fonctionnement afin de dégager les ressources nécessaires au financement des investissements productifs.

« En effet, l’objectif recherché est de réformer notre fonction publique en s’appuyant sur trois principes majeurs : l’équité et la justice, la soutenabilité des finances publiques et la solidarité », a-t-il expliqué.

De l’avis du ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Protection sociale, Pr Séni OUEDRAOGO, qu’elle soit voulue ou subie, la crise de la fonction publique appelle une interrogation sur le sens et la portée de l’Etat administratif.
A son avis, l’actualité commande de relever que dans l’histoire de la fonction publique, la protection du fonctionnaire et la préservation de l’intérêt général ont trouvé leur juste proportion dans l’office du juge administratif.

Les droits syndicaux et les droits de l’homme

« Il faut insister pour dire que le droit de grève bénéficie d’une reconnaissance constitutionnelle, régionale et même internationale. La justesse du propos commande de rappeler que les droits syndicaux ne font pas partie du noyau dur des droits de l’homme considérés comme absolus et indélogeables à savoir le droit à la vie, le droit à ne pas être torturé ni de subir des traitements inhumains ou dégradants, l’interdiction de l’esclavage, la non-rétroactivité de la loi pénale », a-t-il argumenté.

Et le ministre de poursuivre : « A l’exception de ces droits précités, tous les autres droits peuvent faire l’objet de restrictions nécessaires par la loi pour protéger la sécurité nationale, l’ordre public, la santé ou la moralité publiques (…).
Autrement dit, sous le contrôle du juge constitutionnel, le législateur peut bien restreindre l’exercice du droit de grève. En guise de droit comparé, l’existence de la loi spéciale canadienne qui permet au gouvernement de mettre fin à une grève et imposer la négociation aux acteurs n’en fait pas un Etat moins démocratique ».

Par ailleurs, il a laissé entendre que cette rencontre doit être perçue comme une opportunité pour gommer les injustices de notre société marquées par la disparité du traitement des agents publics favorisée par le sectarisme argumentaire.

« L’urgence des solutions ne doit pas nous faire perdre le sens de la réalité. Les solutions doivent être trouvées à partir d’une bonne application des principes de cohésion et d’utilité. A cet effet, les critères objectifs doivent être pris en compte pour la détermination des rémunérations, notamment le diplôme, la qualification, la durée de la fonction, le niveau et la pénibilité du service public en cause », a-t-il plaidé.

DCI//PM

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