Les allégations du maire de l’arrondissement n°3 défraient la chronique depuis plusieurs jours. Madame Rahinatou OUEDRAOGO/ SAVADOGO accuse le maire de la capitale, Armand Roland Pierre BEOUINDE d’être à l’origine du blocage de son budget et de refuser de voler à son secours après le refus de ses adjoints de célébrer les mariages. Pour donner l’information juste au public, la commune a organisé une conférence de presse ce mardi 12 juin 2018 à l’hôtel de ville de Ouagadougou.

Cette conférence de presse a été animée par les adjoints au maire de la commune de Ouagadougou accompagnés des adjoints au maire de l’arrondissement 3. Le premier adjoint au maire de la commune Moussa BELEM avait à ses côtés le deuxième adjoint Moustapha SEMDE, la quatrième adjointe Martine KABORE. Le premier adjoint au maire de l’arrondissement n°3 Ibrahima NANA faisait également partie des animateurs de la conférence.
Etaient présents dans la salle, des conseillers municipaux de l’arrondissement n°3 qui ont voté la motion de défiance contre dame Rahinatou OUEDRAOGO.
Très vite le premier adjoint au maire est entré dans le vif du sujet. Les propos de madame le maire sont loin de la réalité. La vérité se trouve ailleurs dira-t-il.
Quand madame OUEDRAOGO affirme que le maire BEOUINDE a intenté un procès contre elle pour avoir fait venir des adjoints d’autres arrondissements pour célébrer des mariages, c’est inexact affirme Moussa BELEM. Selon lui, le maire de la commune de Ouagadougou a simplement saisi l’autorité pour être situé sur la régularité des mariages célébrés par des maires et des adjoints au maire d’arrondissement autres que ceux du lieu de la constitution du dossier de mariage. Cette irrégularité, elle le savait déjà. Par une correspondance datée du 14 mai 2018, l’autorité de tutelle, le Haut-commissaire de la province du Kadiogo lui avait rappelé l’irrégularité des mariages célébrés par des maires et des adjoints au maire d’autres arrondissements, autres que ceux du lieu de la constitution du dossier de mariage. Au lieu de s’en tenir à cette position de l’autorité de tutelle, madame le maire a alors écrit au maire de la commune de Ouagadougou le 1er juin 2018 pour lui demander la mise à disposition d’un officier célébrant. En réponse à sa demande, le maire de la commune de Ouagadougou dans une correspondance en date du 06 juin 2018, l’invitait à entreprendre une concertation avec ses adjoints aux fins de trouver un consensus pour assumer leurs obligations conformément à la loi n° 055 - 2004/ AN du 21 décembre 2004 portant code général des collectivités territoriales au Burkina Faso. Le maire se fondant sur une correspondance que ces derniers ont adressée au maire Rahinatou OUEDRAOGO/ SAVADOGO depuis le 30 mai 2017 restée sans suite. L’article 267 et suivant de cette loi stipule que les adjoints au maire sont officiers d’état civil et assurent l’intérim du maire dans l’ordre de leur énumération.
Le problème est interne, la commune est accusée à tort.
Depuis le 29 mars 2017, le maire Rahinatou OUEDRAOGO/ SAVADOGO fait l’objet d’une motion de défiance introduite par 16 conseillers sur 28 que compte le Conseil d’arrondissement. Les conseillers qui ont désavoué le maire se comptent aussi bien dans les rangs de son parti l’UPC que dans les rangs des autres partis représentés au Conseil d’arrondissement, en l’occurrence le MPP et l’UNIR/PS. Les difficultés rencontrées par le maire Rahinatou OUEDRAOGO / SAVADOGO dans la gestion de son arrondissement sont à rechercher ailleurs estime Moussa BELEM premier adjoint au maire de la commune. « Elle tente de faire croire à l’opinion que la crise qu’elle vit est politique alors que c’est une question de gouvernance interne soutient » le premier adjoint au maire de Ouagadougou. Elle gardera même le silence suite aux mains tendues de ses adjoints pour célébrer les mariages de façon tournante jusqu’à la fin de son mandat.


Il y a manifestement, un manque de volonté du maire de faire fonctionner normalement son arrondissement avance Moussa BELEM. « Si en tant qu’ordonnateur déléguée, elle n’arrive pas à réunir son conseil municipal pour adopter le budget, nous sommes désolés, mais la faute n’incombe pas à l’ordonnateur principal qu’est le maire de la commune », a-t-il ajouté.
Moussa BELEM a expliqué que si l’arrondissement 3 n’a pas de budget propre jusqu’à ce jour, l’absence de quorum au sein du conseil d’arrondissement pour son adoption en est la raison. Malgré les difficultés de fonctionnement, l’arrondissement a reçu son budget de l’année a-t-il poursuivi. Dans la circulaire budgétaire du budget primitif gestion 2018, l’exécutif municipal a alloué une enveloppe de cent soixante un millions cent quatre-vingt-onze mille quatre cent cinquante-deux (161 191 452) francs CFA à l’arrondissement N°3.
Dans le souci de ne pas paralyser les services de l’arrondissement n°3 et leur permettre de rendre service à la population, l’ordonnateur principal du budget (le Maire de la commune) aura multiplié les bons offices selon le premier adjoint Moussa BELEM en donnant les moyens à l’arrondissement pour son fonctionnement. C’est ainsi que le maire de la commune a adressé une correspondance (la lettre n°2018-362/CO/SG/DGR/DFB du 15 février 2018) demandant à Madame le Maire de l’arrondissement N°3 de bien vouloir lui transmettre l’état des besoins prioritaires en quantité et coût pour le fonctionnement de son arrondissement, du moment où elle ne dispose pas de budget propre autorisé par son conseil d’arrondissement.
Au lieu d’envoyer un état des besoins, madame le maire a renvoyé le total du montant délégué pour 2018 à hauteur de cent vingt millions quatre cent cinquante mille (120 450 000) francs CFA), dont le carburant seul prenait 27% de ce budget, soit 33 000 000 francs CFA !
A l’occasion de la session du conseil municipal du 31 mai 2018 consacrée à l’adoption du budget supplémentaire, l’arrondissement 3 aurait pu en profiter pour faire parvenir ses besoins. Rien n’a été fait. En dépit de toutes les accusations, l’arrondissement 3 bénéficiera de 60% du budget des investissements de la Commune courant 2018 – 2019. Car, insiste Moussa Belem, « nous ne concevons pas les projets en fonction des couleurs politiques, mais dans l’intérêt général ».
Les autres membres du présidium vont renchérir à leur tour sur le manque de volonté de dialoguer du premier responsable de l’arrondissement. Pour Ibrahima NANA, premier adjoint au maire de l’arrondissement 3, le maire Rahinatou OUEDRAOGO est à l’origine du blocage de certaines activités à cause de ses positions radicales et inflexibles, soutenues par une mauvaise lecture des textes. En plus de refuser le dialogue avec ses adjoints, elle ne délègue aucun pouvoir, aucun intérim, alors que l’article 268 stipule que les adjoints assurent l’intérim du maire dans l’ordre de leur énumération.
« Son attitude découlerait d’une stratégie de discrédit des conseillers initiateurs de la motion », explique Ibrahim NANA, qui rappelle que les adjoints ont exprimé leur disponibilité à célébrer les mariages jusqu’à la fin du mandat selon un calendrier adopté de commun accord. Proposition snobée par le maire Rahinatou OUEDRAOGO/SAVADOGO. Conclusion du premier adjoint de l’arrondissement 3 : "Madame le maire est victime de ses propres turpitudes"

Félix Ouédraogo
Mairie de Ouagadougou

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