Dans l’objectif d’informer et de provoquer un changement en matière de planification familiale, le projet SWEDD a lancé une campagne de communication dans quatre localités du Burkina

Placée sous l’égide du ministre de la santé, Nicolas Méda et sous le parrainage de l’épouse du chef de l’Etat, Sika Kaboré, la campagne de communication « 100 jours pour convaincre sur la planification familiale » a été lancée le 22 juin dans le département de Yako, dans la région du Nord du Burkina Faso. La cérémonie s’est déroulée en présence des autorités, des fils et filles de la localité, des agents du ministère de la santé, de l’éducation ainsi que de nombreux journalistes.
Au Burkina Faso, la situation de la planification familiale demeure préoccupante. La prévalence contraceptive moderne au niveau national est de 22,5%. Dans les régions, elle est de 32,8% dans les Hauts Bassins, 21,1% dans le Nord, 11,1% dans le Sahel, et 22,3% dans le Centre (source EMC2015).
Si les besoins en planification familiale étaient totalement couverts, la mortalité maternelle serait réduite de 67% et les décès néonatals de 77%. C’est dans la perspective de contribuer à améliorer la situation que le projet, « Autonomisation des femmes/filles et dividende démographique au Sahel (SWEDD)" a été lancé le 02 novembre 2015 à Niamey, autre pays bénéficiaire.
Financé par la Banque mondiale avec l’appui technique du Fonds des nations unies pour la population (UNFPA), le projet consiste à élaborer une stratégie nationale de communication pour le changement social et comportemental dans laquelle est planifiée une série d’activités de communication.

A commencer par la campagne de communication dénommée « 100 jours pour convaincre » dans les villages des districts sanitaires de Houndé, Yako, Garango et Koupela. Selon Abdoul Karim Ouédraogo, coordonnateur du projet, cette campagne de sensibilisation sera caractérisée par des conférences publiques, des prestations et des offres de services de santé, notamment les dépistages du cancer du col de l’utérus, le dépistage du cancer du sein et d’offre gratuites de produits de contraception modernes. « Cette campagne va permettre de faire un plaidoyer auprès des leaders coutumiers, religieux et des élus locaux en faveur de leur engagement pour la planification familiale au niveau de notre peuple », a-t-il expliqué, précisant que la campagne du projet SWEDD vise des objectifs spécifiques :" 50% des hommes et des femmes de 15 à 49 ans des 13 chefs-lieux de région ont été touchés par les messages de la campagne ; 90% des femmes et des hommes touchés par les activités de la campagne dans les districts sanitaires prévus ont leurs connaissances améliorées sur la planification familiale ; 80% des adolescents des établissements du post primaire et du secondaire dans les districts sanitaires prévus ont leurs connaissances renforcées sur la planification familiale ; la coordination, la documentation, le suivi et l’élaboration de la mise en œuvre de la campagne sont assurées ».
Pour le ministre de la santé, Nicolas Méda, cette campagne de sensibilisation permettra d’outiller les populations sur les bienfaits de la planification familiale. « La mortalité maternelle, celle infantile, la fécondité restent parmi les plus élevées en Afrique, alors que l’engagement du président du Faso à travers la femme, la mère et l’enfant est inscrit au cœur de notre Plan de développement économique et social (PNDES). En organisant cette campagne nationale de communication pour le changement social et comportemental, l’objectif est d’améliorer la demande au niveau des services de santé reproductive maternelle, néonatale, infantile, nutritionnel et celle de la population en favorisant des changements sociaux et comportementaux et l’importance de la planification familiale. Dans un couple ou les naissances sont espacées et planifiées, la santé y règne et la femme a plus de temps à consacrer à son époux et à ses enfant » a-t-il confié.


L’épouse du chef de l’Etat, qui s’est engagée à accompagner toute initiative allant dans le sens de l’atteinte des objectifs du projet SWEDD dans notre pays salue l’esprit de la campagne, espérant qu’elle amener les femmes à adopter un comportement favorable à la planification familiale. « Nous considérons que pour pouvoir mieux servir son pays, une femme doit pouvoir choisir à quel moment concevoir et choisir le nombre d’enfants qu’elle veut avoir pour lui permettre de pouvoir vaquer à d’autres occupations génératrices de revenus. Dans cette campagne, nous avons 100 jours pour convaincre les femmes et les hommes, les jeunes mais également les belles-familles parce que souvent, le problème si situe à leur niveau. Nous devons également convaincre les leaders religieux et coutumiers et les autorités pour que le message soit bien compris. Aujourd’hui, si nous sommes très nombreux et que la population continue à croître, l’Etat n’a pas les moyens de suivre cette croissance et de pouvoir mettre à la disposition de la population tous les services auxquels ils auront besoin », a t-elle plaidé.
Les autorités religieuses, coutumières et administratives de la région Nord sont très favorables à la mise en œuvre de cette campagne de sensibilisation. « Nous sommes très heureux de voir que notre commune a été choisie pour le lancement de cette campagne de sensibilisation », a confié Ernest Sibiri Yelkouni, premier adjoint au maire de la commune de Yako. Il invité ses frères et sœurs à diffuser les différents messages qui seront déclinés par les animateurs de la campagne.

Frédéric Thianhoun
Kaceto.net

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