Les responsables des partis de l’opposition étaient face à la presse
ce matin du 31 juillet au siège du Chef de file de l’opposition pour exprimer leur hostilité, voire leur colère, après le vote hier 30 juillet de la loi portant sur le nouveau code électoral.
Ils comptent d’engager des actions dans les semaines à venir contre "ce code qui exclut des milliers de nos compatriotes des prochaines élections"

Prévu hier, c’est finalement aujourd’hui que les groupes parlementaires de l’opposition, notamment de l’Union pour le progrès et le changement (UPC), du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) et du groupe parlementaire Paix, justice et réconciliation nationale (PJRN) ont rencontré la presse au siège du chef de file de l’opposition (CFOP). Objet la rencontre : l’adoption le 30 juillet de la nouvelle loi portant code électoral.
"Non, non et non pour sa mise en application", ont clamé d’entrée de jeu les animateurs de ce face à face avec la presse. Hier à l’hémicycle, ils se sont battus bec et ongles pour empêcher l’adoption de cette loi relative à la participation des Burkinabè de l’extérieur au référendum de 2019 et la présidentielle de 2020, parce qu’ils estiment qu’elle marque "un recul de la démocratie dans notre pays".
Mais face à la détermination des partis de la majorité présidentielle d’adopter le nouveau code, ils se sont retirés de l’hémicycle au moment du vote. Ce matin, l’opposition souhaitait expliquer à l’opinion nationale les points sur lesquels elle est en total désaccord avec le gouvernement : les documents de votation et les lieux de vote.
"Le projet de code électoral modifié le 30 juillet 2018 impose comme documents de vote la Carte nationale d’identité burkinabè (CNIB) et le passeport burkinabè, en excluant la carte consulaire, qui était prévue dans la loi 005-2015/CNT. Or, cette carte est un document administratif délivré par des mandataires attitrés du gouvernement du Burkina Faso", ont indiqué les responsables de l’opposition, Alphonse K. Nombré, président du groupe parlementaire CDP, Nicolas Dah, de l’UPC et Zilma Francois Bacyé du PJRN. Ils ont rappelé que lors de la rencontre trimestrielle entre ambassadeurs, consuls généraux et consuls honoraires du 20 octobre 2017, tenue à Abidjan , l’ambassadeur du Burkina en Côte d’Ivoire, Mahamadou Zongo avait affirmé que la carte consulaire est biométrique et sécurisée et qu’au verso de la carte consulaire, il est clairement mentionné qu’elle tient lieu de CNIB. "L’opposition s’étonne que dans l’exposé des motifs du projet de loi, le gouvernement invoque "des préoccupations et la diversité des documents d’identification des électeurs dont la question de fiabilité s’accentue avec la perspective du vote des Burkinabè de l’extérieur".
Pour l’opposition, "cette nouvelle loi a pour but d’exclure des milliers de Burkinabè vivant à l’extérieur du vote présidentiel de 2020 ». D’autant que non seulement le gouvernement ne retient pas la carte consulaire, mais en plus, il a décidé que les opérations de vote se dérouleront uniquement dans les ambassades et les consulats généraux. « En considérant le potentiel du corps électoral dans certains pays nous sommes inquiets quant à la capacité de nos représentations diplomatiques et consulaires dans ces pays de pouvoir les recevoir dans leur enceintes" ont-ils dit.
Vu la distance qui sépare souvent les bureaux de vote des lieux de résidence, l’opposition craint aussi que cela décourage les Burkinabè de la diaspora à exprimer leur citoyenneté.
Autant de raisons qui poussent les présidents de groupes parlementaires et les dirigeants de partis à exiger le maintien de la carte consulaire qui "est un document délivré par une représentation de l’état burkinabè à l’étranger"
Selon Nicolas Nicolas, président du groupe parlementaire de l’UPC, cette loi institutionnalise la logique d’exclusion, "alors que l’on répète à longueur de discours, l’importance que l’on attache à la participation de nos compatriotes de extérieur".
Les partis de l’opposition se disent déterminés à se battre "contre cette nouvelle loi qui est mauvaise et met en danger notre vie".
Avant de mettre fin à la conférence de presse, le chef de file de l’opposition, Zéphirin Diabré a réaffirmé la détermination de l’opposition à combattre le nouveau code électoral. "On va faire quelque chose" a t-il lancé, sous les ovations des militants.
Dans les semaines à venir, l’opposition va rencontrer les leaders religieux et coutumiers, les organisations de la société civile et les partenaires techniques et financiers pour expliquer leur position en espérant obtenir leur soutien. "Mais il appartient aussi aux Burkinabè de la diaspora de manifester leur mécontentement et leur opposition au nouveau texte partout où ils sont", suggère un leader politique.

Frédéric Tianhoun
Kaceto.net

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