Il y a quatre ans, le peuple insurgé avait contraint le président Blaise Compaoré à renoncer à la modification de la constitution ; mieux à quitter le pouvoir. Quatre ans après, les acteurs de ces moments historiques s’en rappellent et rendent hommage à ceux qui sont tombés sur le champ de bataille

31 octobre 2014-31 octobre 2018, cela fait exactement quatre ans que les millions de Burkinabè sont sortis faire opposition au projet de modification de l’article 37 de la constitution qui aurait permis au président Blaise Compaoré d’être à nouveau candidat à la présidence en 2015 après 27 ans passés à la tête de l’Etat.
Malgré la forte mobilisation des Burkinabè contre ce projet, le gouvernement avait maintenu son calendrier en convoquant les députés à l’assemblée pour entériner le votre de la loi, après les avoir internés la veille à l’Hôtel Azalaï, séparé de l’assemblée par un mur. Après avoir pris d’assaut le siège de la représentation nationale qu’ils ont pillée et incendiée, les manifestants ont saccagé les autres institutions qui représentaient l’Etat, à commencer par la télévision nationale.

Face à l’ampleur et à la détermination des manifestants, le président Compaoré avait annoncé le retrait du projet de loi et appelé à de larges consultations pour la mise en place d’une période de transition à l’issue de laquelle, il transmettrait le pouvoir au nouveau président. Trop tard ! Son discours n’était plus audible et son départ a été posé comme non négociable. Bilan de ces deux journées inoubliables, 24 morts et 625 blessés.
Ces moments d’une rare intensité émotionnelle font désormais partie de l’histoire politique de notre pays où le peuple a rappelé avec la manière que le pouvoir lui appartient.
Après janvier 1966, les Burkinabè ont à nouveau contraint leur président à quitter le pouvoir avant la fin de son mandat, un acte politique qui a eu une répercussion sur le continent africain. Mais à chaque peuple son histoire. Ceux qui, naïvement ont pensé que l’exemple burkinabè servira de leçon sur le continent en ont eu pour leurs frais, notamment dans les deux Congo (Brazzaville et Kinshasa) où les président Sassou Nguesso et Joseph Kabila ont réussi par la violence et face à la division de leurs opposants, à se maintenir au pouvoir au-delà de la durée constitutionnelle.


La célébration cette année de la victoire du peuple insurgé sur l’ancien régime se déroule toutefois dans la division. Une partie des partis d’opposition réunie dans le Chef de file de l’opposition (CFOP) et certaines organisation de la société civile ont refusé de s’associer aux activités initiées par le gouvernement. Ils entendent, disent-ils, protester contre la lenteur de la justice à faire la lumière sur les morts de l’insurrection populaire.

Kaceto.net

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