A l’appel de la Coalition nationale contre la vie chère, la corruption, la fraude, l’impunité et pour les libertés publiques (CCVC), d’organisations de la société civile et du CFOP, des milliers de Burkinabè ont battu le pavé hier 29 novembre à Ouagadougou depuis la bourse du Travail jusqu’au ministère du Commerce où un message a été remis au titulaire du portefeuille, Harouna Kaboré

Comme prévu, la marche de la CCVC s’est tenue le 29 novembre 2018 suite à l’augmentation de 75 F du prix du litre d’essence le 08 novembre dernier. Marche qui a mobilisé des milliers Burkinabè sortis demander au gouvernement de revenir sur sa décision. Ceux qui ont emprunté l’Avenue Mgr Thévenoud le 29 novembre aux environs de 9h ont pu constater la forte mobilisation des marcheurs, pancartes en main pour certains sur lesquelles étaient inscrits des messages comme "Trop c’est trop", "Non à l’augmentation du prix des hydrocarbures", "Non a la vie chère", pendant que d’autres avançaient poing levé scandant des slogans hostiles au régime en place. Le cortège est parti de la bourse du travail en direction du ministère du Commerce, de l’industrie et de l’artisanat, avec en tête, les figures syndicales bien connues, notamment Basolma Bazié de la CGBT-B et Chryzogone Zougmoré du MBDHP.
La mission en cette matinée de 29 Novembre était bien claire:remettre une lettre contenant des points de revendication au ministre Harouna Kaboré afin qu’il la transmette à qui de droit.n Il est 9h passées de 40 minutes quand les marcheurs arrivent devant le ministère et sont accueillis par le maître des lieux. Il rassure que le message sera transmis au destinataire. "Je puis vous rassurer qu’avec le gouvernement, nous trouverons une réponse idoine dans l’intérêt de la nation car le problème est commun", a commenté le ministre. Il a par ailleurs félicité la CCVC pour son sens du dialogue tout au long de cette crise. Une fois le message remis, les marcheurs ont repris la direction de la bourse du travail pour un meeting.
Le premier vice-président de la CCVC prend la parole pour dénoncer l’augmentation du prix des hydrocarbures qu’il juge "brusque, injustifiée, injustifiable et prise dans un contexte extrêmement difficile pour la très grande majorité de nos populations".
Pour lui, l’augmentation de 75 f le litre d’essence est "une mesure inique, cynique, cruelle et criminelle, donc prise sans état d’âme par un gouvernement exécutant au quart de tour les injonctions du Fond monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale". Le CCVC ne trouve pas normal que le gouvernement burkinabè puisse permettre de tels actes face "à la faim, le chômage" qui frappe bon nombres de Burkinabé.

A travers cette marche, la CCVC attend des efforts du gouvernement notamment, qu’il "réduise le salaire des ministres, annule les privilèges (eau, électricité gratuit et véhicules de luxe) dont bénéficient les membres du gouvernement, la prise de disposition pour punir tous les pilleurs de deniers public.
Parmi les 7 points qui constituent la plateforme de revendications figurent "le retour aux prix des hydrocarbures d’avant la décision gouvernementale, la relecture de la structure des prix des hydrocarbures, conformément aux conclusions de l’atelier interministériel de détermination des prix des hydrocarbures tenu à Bobo Dioulasso en juillet 2009. Ce n’est tout. Les marcheurs réclament l’audit indépendant de la SONABHY et de la SONABEL impliquant les structures de lutte contre la corruption, l’identification et la saisie des biens et fonds des dignitaires du régime Compaoré dissimulés à l’intérieur et à l’extérieur du territoire national, le recouvrement effectif des créances de l’Etat dues par tous les dignitaires et les opérateurs économiques, l’audit du secteur minier et la relecture au bénéfice de la nation des conventions passées avec les sociétés minières et enfin, l’arrêt des atteintes aux libertés démocratiques et syndicales

Frédéric Tianhoun
Kaceto.net

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