Sale temps pour les opérateurs de Télécoms au Niger ! C’est le cas notamment de la filiale locale de la multinationale française Orange Niger, dont les services ont été mis sous scellées, ce jeudi 29 novembre, par les impôts.

Une désagréable surprise en effet, qu’ont eu, pour les agents et autres usagers de l’une des principales compagnies de téléphonie mobile et de fourniture d’internet au Niger. Les agents des impôts se sont rendus dans les locaux de la société et ont procédé à la fermeture des différents services, au niveau du siège central, sis rue Maurice Delens, ainsi que des autres départements notamment commercial, situé quelques mètres plus loin, et technique, sis près du terrain musulman. Selon certains agents que nous avons contactés, et qui étaient consternés par ce chômage technique qui ne dit pas son nom, ils étaient déjà en plein travail quand les agents des impôts ont débarqué.

Comme l’a pu constater notre reporter sur place, jusqu’à dans l’après-midi, les services sont restés fermés, et gardés par un dispositif sécuritaire mis en place pour garder au loin les regards indiscrets.

Selon nos sources, Orange Niger fait l’objet d’un redressement fiscal de l’ordre de plusieurs milliards de FCFA. Au total, le fisc exigerait de la société une somme de 25 milliards de FCFA dont 15%, soit 3 milliards FCFA, à débourser dans l’immédiat. Pour l’heure, l’entreprise ne s’est pas encore acquitté du montant réclamé, ce qui a poussé les services des impôts à passer à l’acte.

Redressement en série

Selon nos sources, ce n’est pas Orange Niger seulement qui est dans le collimateur du fisc. Les autres opérateurs présents sur le marché sont également visés par ces procédures fiscales. C’est le cas notamment d’Airtel Niger, filiale de l’indien Bharti Airtel, qui doit une somme plus conséquente que le montant réclamé à son concurrent Orange Niger. L’autre opérateur privé, Moov Niger, filiale de Maroc Télécom, s’est lui acquitté d’une partie de la somme réclamée par le fisc, ce qui lui a permis d’échapper à la mise sous scellés de ses services

Plusieurs opérateurs comptent saisir la justice pour contester les sanctions fiscales et ainsi revoir à la baisse, les montants exigés par le fisc. Sauf qu’il va falloir débourser au moins la moitié de la somme requise, pour intenter une quelconque action judiciaire ou auprès du régulateur !

En attendant l’issue des négociations, cette situation assez insolite, n’est pas sans causer quelques désagréments notamment pour les usagers qui se plaignaient déjà de la mauvaise qualité de certaines prestations. Des victimes collatérales aussi sont à signaler comme le cas du Comité « Zinder Saboua », qui devrait en principe signer un contrat de partenariat, dans la même journée, avec Orange Niger.

Les temps sont en tout cas durs pour les caisses de l’Etat, et dans la droite ligne des engagements du ministre des Finances, Hassoumi Massaoudou, de mobiliser davantage de ressources internes, les opérateurs télécoms auront fort à faire dans les prochains jours. Ils ne sont d’ailleurs pas les seuls à être visés par ces redressements et recouvrements fiscaux. Conjoncture oblige, plusieurs entreprises d’autres secteurs de l’économie nationale ont récemment reçu des mises en demeure pour faire rentrer l’Etat dans ses droits. Tayi Tawri !

A.Y.B (Actuniger.com)

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