A la suite du parquet militaire hier, les avocats de la partie civile se sont butés mardi, au refus du général Djibrill Bassolé de répondre à leurs questions et ont estimé que l’accusé ne veut pas l’éclatement de la vérité.

« Le comportement du général Bassolé à la barre nous fait comprendre qu’il ne veut pas que la vérité éclate. Il refuse de répondre aux questions précises qui sont liés aux faits » a affirmé Me Séraphin Somé de la partie civile face aux silences de l’accusé sur les questions à lui poser.

Comme hier face au parquet militaire, le général Djibrill Bassolé a adopté mardi, la même attitude devant les questions des avocats des parties civiles.

« Je ne vois aucun intérêt à répondre à vos questions (…) Je ne souhaite pas rentrer dans un débat de ping pong car on s’éloigne du sujet (…) ce sont des débats que je ne souhaite pas aborder avec qui que ce soit », a affirmé l’accusé aux différents avocats des parties civiles.

Tour à tour Me Guy Hervé Kam, Me Prosper Farama, Me Pierre Yanogo, Me Séraphin Somé des parties civiles se sont butés au refus catégorique de l’accusé qui les a référés auprès de ses avocats pour les éléments de réponse.

Pour Me Séraphin Somé, l’attitude du général Djibrill Bassolé est curieuse car « au moment où il a la possibilité de prouver qu’il n’y a rien dans son dossier, il refuse de parler ».

Face à l’attitude silencieuse du général Bassolé, les avocats des parties civiles n’ont pas manqué de faire des observations.

Me Guy Hervé Kam a relevé des « coïncidences troublantes » de certaines actions du général Bassolé pendant la période du putsch notamment des soutiens financiers qu’il a apporté à certains de ses co-accusés.

Pendant la période du putsch, le général Bassolé aurait remis la somme de 5 millions à Ismaël Diendéré (fils du général Gilbert Diendéré) pour dit-il résoudre « des problèmes financiers ».

Mais Me Guy Hervé Kam, estime que la famille du général Gilbert Diendéré ne pouvait pas avoir des problèmes financiers au cours de cette période précise d’autant plus que le Général Diendéré lui-même distribuait la somme de 160 millions aux éléments du défunt Régiment de sécurité présidentiel (RSP).

L’autre « coïncidence troublante » relevée par Me Guy Hervé Kam, c’est la remise de la somme d’un million de la part du général Bassolé au journaliste Adama Ouédraogo dit Damiss (co-accusé) le jour même du putsch.

« Le journaliste Damiss dit qu’il vous a demandé l’argent parce que son beau-père était décédé. Vous dites que vous l’avez remis pour son livre qu’il était en train d’écrire. Et l’argent a été remis le jour du putsch. Quelle coïncidence ! » a estimé Me Guy Hervé Kam qui ne recevra pas de réponse de l’accusé.

Me Prosper Farama est lui revenu sur la requête que l’accusé avait déposée devant la cour de la justice de la CEDEAO.

Dans cette requête, l’accusé selon Me Prosper Farama, se plaignait que les écoutes téléphoniques réalisées à son insu, caractérisaient une atteinte à sa vie privée.

« Vous estimez que ces écoutes téléphoniques sont des fabrications. Comment une conversation que vous n’avez jamais faite peut porter atteinte à votre vie privée ? » a questionné l’avocat qui ne recevra pas de réponse.

Selon Me Bernard Repolt, avocat de l’accusé, la partie accusante ne peut pas forcer son client le général Bassolé à répondre sur des éléments sonores qu’il juge manipulés.

Me Bernard Repolt estime que le parquet militaire doit prouver que les éléments sonores attribués à son client ont été recueillis par un Officier de police judiciaire (OPJ) avec un appareil enregistreur homologué et démontrer qu’il s’agit bien de la voix de son client.

Le premier général de gendarmerie du Burkina Faso Djibrill Bassolé est poursuivi pour complicité d’attentat à la sûreté de l’Etat, meurtres sur 13 personnes, coup et blessures sur 42 personnes et trahison.

Son audition se poursuit ce mercredi 9 janvier 2019 à partir de 9 heures au Tribunal militaire de Ouagadougou.

Agence d’information du Burkina

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