C’est en 1994, aux lendemains de la dévaluation du FCFA, que naît à Ouagadougou sur les décombres de l’ex-CEAO, la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest, la nouvelle Union économique et monétaire ouest africaine, l’UEMOA.
Au cœur de son projet, l’intégration sous régionale ainsi que la libre circulation des personnes et des biens à l’intérieur de l’espace communautaire qui compte plus 80 millions de personnes dont une majorité de jeunes. 25 ans après, du chemin a certes été parcouru, mais il reste encore de nombreux obstacles et défis à surmonter pour gagner la bataille du développement communautaire.

Vingt-cinq (25) ans après sa création, l’UEMOA reste toujours aussi peu connue et accessible à la grande majorité des citoyens des pays qui la composent. Trop de bureaucratie et de technocratie, et surtout, une absence de volonté politique au niveau des Etats et de leurs dirigeants, ne sont sans doute pas étrangers à cette situation.
Au plan politique en effet, l’UEMOA demeure encore hélas, une affaire de Chefs d’Etats qui gèrent les institutions quasiment selon leur bon vouloir et comme une chasse gardée. Ils en viennent parfois à afficher parfois publiquement leurs divergences. L’affaire Jérôme BRO GREBE du nom de l’ancien commissaire de la Côte d’Ivoire dont le limogeage avait défrayé la chronique, en est un exemple.
Plus récemment encore, c’est la bataille pour le contrôle du poste de Président de la Commission entre le Sénégal et le Niger qui a été au centre d’une âpre bataille politico diplomatique. En outre, la coexistence de deux organisations d’intégration économiques au sein de la même communauté économique régionale (CER) ne facilite pas non plus la recherche de solutions idoines aux difficultés actuelles. C’est le cas par exemple dans le délicat dossier de création d’une monnaie unique CEDEAO d’ici 2020 et qui divise les Chefs d’Etats, en particulier ceux du Nigéria et de la Côte d’Ivoire.
Une étude récemment commanditée par la Commission de l’UEMOA auprès d’un Cabinet international a abouti à la conclusion selon laquelle l’organisation était peu connue et peu visible des citoyens. Ce qui a abouti à la rédaction d’un ambitieux plan de communication de plus de 8 milliards FCFA censé à terme apporter les correctifs nécessaires. Plu facile à dire qu’à faire en réalité.
Car dans les faits, les citoyens n’ont que trop peu d’emprise sur la marche réelle d’une organisation censée pourtant les servir. Les membres de la Commission ne sont pas élus mais nommés par leurs Présidents respectifs pour des mandats extraordinairement longs de neuf ans !
Ces derniers ne rendent quasiment pas compte aux populations et s’enferment dans un schéma de travail rigide qui éloigne manifestement l’union et ses différents organes de ses propres populations. Bref, dans le projet UEMOA, c’est la démocratie qui manque le moins. Pendant ce temps, sur le terrain ou plutôt sur les routes de l’intégration, les citoyens continuent de se plaindre des tracasseries routières et des rackets qui sont le lot quotidien des voyageurs qui empruntent les différents corridors.

Juvénal Somé
Kaceto.net

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