Il l’avait annoncé : "Même si je suis seul, j’irai faire le sit-in Place de la nation le 11 mai contre la circulation des poids lourds dans la ville de Ouaga parce que la situation n’est pas tenable".
Militant engagé dans la sensibilisation sur les dangers que représente la circulation des véhicules poids lourds dans la commune de Ouagadougou particulièrement aux heures de pointe, Constant Bazié avait lancé un appel à manifester ce matin. Bien sûr, il n’était pas seul Place de la nation, mais à dire vrai, son appel a été très peu suivi. Ils étaient moins de 100 personnes à s’être déplacées pour exprimer ouvertement leur colère contre la circulation et le stationnement des véhicules poids lourds ; des citoyens indignés par les accidents à répétition qui frappent surtout les élèves provoqués par les poids lourds dans la ville. A la grande surprise des journalistes, aucun établissement scolaire n’était présent ce matin à ce sit-in organisé quelques jours après la mort accidentelle de deux lycées de la commune de Ouagadougou, Anthony Rachid Sawadogo du collège de la Salle le 23 avril et Lydie Moyennga du Lycée technique national le 3 mai.

Malgré la faible présence de manifestants, Constant Bazié dit être satisfait de la mobilisation, mais ne manque pas de dénoncer ceux qui ont travaillé à saboter son appel à manifester. Il pointe du doigt des associations impliquées dans la prévention sur a sécurité routière qui lui reprochent de ne les avoir pas officiellement invitées à la manifestation. "Ils peuvent attendre, mais jamais je n’enverrai à qui que ce soit une lettre d’invitation à une manifestation pour la sécurité routière", prévient-il.
Il note avec satisfaction l’arrêté municipal signé en 7 mai par le maire de la commune de Ouagadougou, Armand Béouindé, mais insiste pour que les moyens humains et logistiques soient mobilisés pour son application stricte. Il demande aux autres communes d’en faire autant afin de freiner l’hémorragie qui décime la jeunesse. Il demande aussi que des études soient faites sur les accidents causés par les véhicules poids lourds, afin d’en mesurer l’ampleur.
Conseiller municipal UPC de l’arrondissement N°2, et président de la Commission environnement et développement local, Constant Bazié mène le combat contre l’insalubrité, les nuisances et l’insécurité routière depuis trois ans. Il a déjà initié une pétition qui a déjà réuni 500 signature, l’objectif étant d’atteindre 1500, "ce qui nous permettra de saisir l’assemblée nationale pour légiférer sur la question".
Président de l’association "Lutte contre la violence et l’insécurité routière (LVIR), Rasmané Nikièma qui a "informé hier sur la tenue du sit-in " est venu apporter son soutien à Constant Bazié dans sa lutte contre les "Poids lourds de la mort". Il plaide pour des mesures globales de lutte contre l’insécurité routière et conseille aux Ouagalais se déplaçant à deux roues de porter leur casque et respecter le code de la route.

La manifestation qui a été marquée par le discours improvisé de Constant Bazié s’achève. Les journalistes ont rangé leurs caméras et le faible public commence à se disperser. C’est à ce moment que le conseiller UPC Nathanaël Ouédraogo arrive. Des confrères déballent leurs caméras et veulent l’interviewer. Des manifestants tiennent à clarifier son statut avant qu’il ne réponde aux questions des journalistes. "Etes-vous là en tant que troisième adjoint au maire de Ouaga, ou en tant que conseiller UPC tout court ?", demande un manifestant. " Il faut que ce soit clair : je suis venu ici en tant que citoyen ouagalais" répond Nathanaël Ouédraogo, sous des éclats de rires. Comme les autres, il demande aux autorités de tout faire pour assurer la sécurité des citoyens aussi bien aux frontières qu’à l’intérieur du pays" et encourage ceux qui sont venus manifester à ne pas baisser les bras dans leur combat.

Dominique Koné
Kaceto.net

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