Hier 13 mai, le Syndicat national du personnel du ministère des droits humains (SYNAPDH) a animé une conférence de presse à la bourse du travail. Une occasion pour lui de faire part des inquiétudes du personnel dans le fonctionnement de ce nouveau département né de la scission avec le ministère de la Justice

Grosse animation hier matin à la bourse du travail. Pendant que les agents de la Poste Burkina Faso, venus de plusieurs provinces investissent la cour pour un meeting au cours duquel ils ont appelé au départ sans conditions de leur DG, dans une des salles du bâtiment, le Syndicat du personnel du ministère Droits humains et de la Promotion civique animait une conférence de presse. Objet de la rencontre matinal avec les journalistes : tirer la sonnette d’alarme sur la situation qu’ils jugent délétère dans ce nouveau département né de la scission en janvier 2019 du ministère de la Justice, des Droits humains et de la Promotion civique.
Selon le SYNAPDH, près de quatre mois après sa nomination, la ministre Maminata Ouattara née Ouattara tarde à impulser un dynamisme au ministère au point où le personnel en vient à douter de ses compétences à gérer ce nouveau département.
Ils dénoncent une morosité dans la gestion du ministère. Peu de choses à mettre à son actif deux mois après sa nomination. "Cette morosité a commencé par l’adoption timide, deux (02) mois après sa prise de fonction, de l’organigramme du ministère sans aucune forme d’implication des partenaires sociaux", écrit le syndicat. Ce n’est pas tout. Il pointe du doigt le peu d’empressement de la ministre à mettre en place les structures telles que la Direction générale des Etudes et des Statistiques sectorielles (DGESS), la Direction des Ressources humaines (DRH), la Direction de la Communication et de la Presse ministérielle (DCPM), la Direction du Développement institutionnel et des Innovations (DDII) et la Direction des Services informatiques (DSI). En revanche, le syndicat note avec curiosité que la ministre n’a pas tardé à créer "la direction de l’Administration et des finances (DAF) et la direction des Marchés publics (DMP), un traitement sélectif dont elle seule a le secret.


Résultat : aucune structure n’est en mesure de fonctionner, une " situation qui entrave négativement le bon fonctionnement du ministère car beaucoup de dossiers sont tout simplement mis en veille". Le SYNAPDH salue l’esprit de solidarité de leurs collègues de la Justice qui continuent de traiter certains dossiers du ministère en charge des droits humains, parce que là-bas, les structures sont mises en place. Ils demandent avec insistance à leur patronne de hâter le pas et de donner une vision claire à sa démarche et définir ses priorités. "Dans un contexte d’insécurité qui commande la multiplication d’actions en matière de droits humains, le fonctionnement du ministère est réduit à des audiences et visites de courtoisie et à des missions de madame la ministre et son cabinet « de fait » à l’extérieur comme à l’intérieur du pays", dénonce le SYNAPDH, qui refuse d’être complice de cette situation.
C’est pourquoi, il tire la sonnette d’alarme afin que la ministre rectifie le tir ou "qu’elle le tablier pendant qu’il est temps" . Et de lancer cette mise en garde : " Si rien n’est fait dans l’immédiat, le SYNAPDH se réserve le droit d’user de tous les moyens à sa disposition pour faire changer la situation". Une mise en garde qui visiblement été bien entendue puisque dans l’après-midi, les Syndicalistes ont été reçus par la ministre Ouattara qui les a rassurés que les choses entreront dans l’ordre sous peu.

Dominique Koné
Kaceto.net

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