Alors que les salariés réclament le départ sans conditions du directeur général, qu’ils ont "transféré" leurs bureaux à la bourse du travail, le dialogue n’est cependant pas rompu. Hier soir, le Syntrapost et la ministre Ouattara/Sanon se sont parlé

On se doutait bien que la crise qui secoue La Poste Burkina Faso allait être débattue en conseil des ministres hier. En lisant le compte rendu de ce rendez-vous hebdomadaire, on apprend sans surprise que la ministre du Développement de l’économie numérique et des Postes, Hadja Ouattara/Sanon a présenté au conseil les éléments de la crise et que "le conseil a condamné les actes qui ont été posés, rappelé un certain nombre de principes au niveau du fonctionnement des sociétés d’Etat et appelé les travailleurs à reprendre le travail dans le cadre des discussions en cours et rappelé que ce genre d’actes posés ne seront plus tolérés à quelque niveau que ce soit".
Le minimum que la puissance publique se devait de faire face à la crise qui a culminé le 8 mai dernier avec l’expulsion du Directeur général, Nabi Issa Coulibaly de son bureau par les salariés. Depuis, les salariés ont déserté les bureaux pour des sit-in à la bourse du travail et disent exiger le départ de leur patron avant de reprendre le travail.
Ce jour-là, faut-il le rappeler, le personnel en grève depuis le 6 mai exige une rencontre avec le DG. Sans succès. La colère gronde et au fil des minutes, le syndicat parvient difficilement à contrôler les salariés, remontés contre le comportement qu’ils jugent méprisant de leur patron à leur égard. Les femmes sont en première ligne et
déterminées , elles pénètrent dans le bureau du DG, lui demandent de leur remettre les clés et de s’en aller. Les événements prennent rapidement les allures d’une insurrection populaire, obligeant les éléments en charge de la sécurité à exfiltrer le directeur.
Munies de balais, les femmes balaient symboliquement les traces des pas du DG, rassemblent les "ordures" qu’elles vont jeter dans la poubelle. Pour elles, la page Nabi Issa Coulibaly est définitivement tournée.
Depuis les salariés ont déserté les bureaux pour des sit-in à la bourse du travail et réclament le départ sans conditions du DG avant de reprendre le travail.
Les choses ont peut-être évoluées ces dernières heures. Kaceto.net a appris qu’à la demande de la ministre Ouattara/Sanon, une rencontre avec le Syntrapost s’est tenue hier soir et que les discussions auraient été de bonne facture.
Ce matin, le Syndicat devrait rendre compte des discussions à la base avant qu’une décision ne soit prise quand à la suite du mouvement. "A son arrivée, ce DG a été très bien accueilli comme jamais ; il a même été ovationné par le personnel. Comme il n’est pas de la maison, on a pensé qu’il allait vraiment faire bouger les choses", explique un syndicaliste, "mais au final, à peine deux ans après, nous sommes déçus.
Née de la scission de l’Office des postes et télécommunications (OPT) en 1987, la poste s’est vite modernisée en créant des produits innovants qui répondent aux besoins de la clientèle. Elle emploie à ce jour 1141 salariés et réalise de bons résultats depuis des années. "Nous voulons reprendre rapidement le travail, car à la différence des télécoms où il y a quand même des recettes même en période de grève, chez nous, aucun centime ne rentre tant que les services ne fonctionnent pas", confie un salarié.

Dominique Koné
Kaceto.net

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