Réunis à Ouagadougou du 13 au 19 mai 2019, dans le cadre de la tenue de leur troisième assemblée plénière, plus de 150 évêques membres de la Conférence épiscopale régionale de l’Afrique de l’ouest, ont achevé leurs travaux par un pèlerinage suivi d’une messe d’action de grâce célébrée aujourd’hui 19 mai sur le site du sanctuaire marial de Yagma.
Le président du Faso, Roch Kaboré, le premier ministre Christophe Dabiré et quelques ministres étaient présents à la messe.

Les évêques de l’Afrique de l’ouest sont inquiets. Et ils ne s’en cachent pas. Dimanche 19 mai 2019, à l’issue de la messe de clôture de leur troisième rencontre statutaire tenue au Burkina Faso, ils l’ont dit haut et fort, par la voix de leur 2e vice-président, Mgr Alexis TOUABLI Youlo, par ailleurs évêque du diocèse d’Agboville et administrateur de celui de Yamoussokro en Côte d’Ivoire.
En tout état de cause, la tâche de la lecture du message final de fin de rencontre dont le thème général était « la nouvelle évangélisation et le promotion du développement humain intégral dans l’Eglise famille de Dieu en Afrique de l’ouest », ne pouvait échoir à meilleur porte-parole. Et pour cause, l’actuel évêque d’Agboville, philosophe kantien, théologien, enseignant et très proche des préoccupations de la jeunesse, dont il a eu la charge de la conduite durant ses années passées en tant que prêtre, est sans aucun doute un bon connaisseur des questions de gouvernance politique et sociale dans le contexte africain.

Confiance et vérités à tous et à chacun

Le constat que dressent les évêques venus de 16 pays d’Afrique de l’Ouest est celui d’un continent, l’Afrique, englué dans de fortes contradictions qui minent fortement son développement. En effet, alors que la nature et la providence ont été parfois des très généreuses avec ces pays, ces derniers baignent paradoxalement dans la pauvreté, dans la misère et dans des incertitudes d’un quotidien difficile qui pousse des milliers de jeunes à prendre la mer ou les routes périlleuses de l’exil : un vrai crève-cœur pour leurs pasteurs qui en appellent donc à leur sens de la responsabilité ainsi qu’à leur confiance en l’avenir d’un continent qui ne se fera pas sans eux. Tout en interpellant leurs dirigeants à prendre les mesures qui s ‘imposent, afin d’éviter que ne s’installe définitivement la déréliction.
Combattre la mauvaise gouvernance, lutter contre la politisation extrême de l’administration et la corruption, organiser des élections justes, transparentes, honnêtes et équitables, respecter le principe de l’alternance, éviter les tripatouillages constitutionnels,voilà autant de points évoqués et qui ont arraché de franches ovations à la foule de fidèles, sortis nombreux pour entendre le message de la CERAO.
Présent à la messe, le chef de l’Etat burkinabè a sans doute compris la mission qui lui été indirectement confiée : celle de porter le message de confiance, mais surtout de vérité à ses pairs. Avec l’espoir que celui-ci a été bien compris et sera mis en pratique.

Non à la manipulation, oui au dialogue interreligieux

Les terroristes qui tentent de saper les bases sociales de nos Etats, n’ont pas non plus été oubliés dans la déclaration finale de Ouagaougou. Leur tentative de provoquer des conflits interreligieux et interethniques, disent les congressistes, ne passera pas. Elle ne contribuera ajoutent-ils, qu’à renforcer le dialogue interreligieux, ferment indispensable selon eux, pour l’avancée du continent africain.
En réponse au Cardinal Philippe Ouédraogo qui déclarait en début de célébration, à l’endroit de ses hôtes de marque, « vous aviez des raisons de ne pas venir » au Burkina, en raison des informations alarmistes diffusées sur les réseaux sociaux, les participants répondront qu’ils ont tenu à faire le déplacement du Burkina, pour apporter leur soutien, témoigner leur compassion et de leurs encouragements aux Burkinabè.
Une pensée spéciale a ainsi été faite à l’endroit de toutes les victimes du terrorisme, sans distinction de confessions religieuse. L’Eglise catholique rappelle toutefois qu’elle n’oublie pas ses membres, victimes de la violence terroriste et ceux qui restent à ce jour encore détenus par leurs ravisseurs.

Juvénal Somé
Kaceto.net

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