Connu et reconnu en Afrique comme le pays des deux roues, le Burkina Faso s’est construit une économie de la moto qui fait le bonheur des acheteurs et des commerçants. Et ce, en dépit de la conjoncture économique qui sévit en ce moment.

1990-2019. Bientôt trente ans qu’un jeune étudiant en langue anglaise de l’Université de Ouagadougou, mettait sur le marché du disque, un tube qui fera un tabac : Son titre, « Ouaga sans char ». En référence aux motocyclettes qui faisaient la fierté du monde universitaire à cette époque. Son nom, Zongo Seydou, alias « Zêdess", aujourd’hui Directeur général du Cenasa, le Centre national des arts et du spectacle.
Presque trois décennies plus tard, il est toujours aussi difficile, voire impossible de circuler à Ouagadougou et parcourir les longues distances, sans l’aide de ce précieux
« engin ». Certes, les « au revoir la France », ces véhicules d’occasion relativement bon marché venus de l’Europe, grignotent allègrement le juteux marché des moyens des transports. L’apparition progressive d’une classe moyenne locale n’y est sans doute pas étrangère.
Néanmoins, le cyclomoteur, véritable objet de légitimation sociale, reste le moyen de déplacement privilégié des Burkinabè. Selon certaines estimations, on en dénombrerait plus de 10 millions dans tout le pays dont au moins un tiers dans la seule ville de Ouagadougou.
Char vs tank

Vendu entre 450 000 et 800 000 FCFA, la moto reste d’un coût relativement abordable pour la majorité des ménages. Ce qui permet d’aborder les contraintes du quotidien avec une certaine aisance. Reste cependant la question de la sécurité et notamment celle du port du casque qui demeurent encore hélas, des questions non résolues dans le contexte local.
En réalité, selon certains experts, les motos, le plus souvent importées d’Asie, sont vendues et livrées à l’origine avec tous les accessoires dont le casque. Mais sans doute pour une question de profit maximum, les commerçants et revendeurs en ont fait un business à part. Suscitant ainsi la réprobation des acheteurs qui refusent du même coup de payer deux fois pour la même marchandise.
Pour le reste, l’on assiste ces dernières années, à l’arrivée sur le marché de nouveaux spécimens de plus en plus perfectionnés, ces fameux « tanks » comme certains Burkinabè les appellent. Il s’agit le plus souvent de scooters haut-de-gamme, qu’affectionnent particulièrement la gent féminine.
Coût unitaire du bijou roulant, en moyenne 1 200 000 FCFA. Certains modèles peuvent coûter jusqu’à 2 000 000 FCFA, voire plus. A tel point que les Burkinabè qui ne manquent pas d’humour ravageur, ont tôt fait de donner ces tape-à-l’œil, à tort ou à raison, le surnom peu flatteur de « mon mari est un âne » ou encore "mon mari est bête" !

Juvénal Somé
Kaceto.net

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