L’enquête journalistique est insuffisamment pratiquée dans les quotidiens ‘’Sidwaya’’ (public) et ‘’L’observateur Paalga’’ (privé), a montré mardi, le journaliste Moussa Congo, lors de sa soutenance pour l’obtention du titre de Conseiller en sciences et techniques de l’information de la communication, option journalisme.

« Nos recherches ont établi que dans les colonnes de Sidwaya (public), seulement 10 enquêtes ont été produites en 2017, soit 0,22% des 3966 articles publiés. Sur un total de 1050 articles publiés dans L’observateur Paalga (privé) sur la même période, aucun n’a été consacré à l’enquête », a déclaré le journaliste Moussa Congo.

Congo s’exprimait mardi lors de la présentation de son mémoire de fin de cycle à l’Institut des sciences et des techniques de l’information et de la communication (ISTIC, public).
Le choix du thème intitulé ‘’l’enquête dans les quotidiens Sidwaya et L’observateur Paalga en 2017’’, est guidé par la nécessité, selon lui, de « poser le débat sur la capacité des journalistes des quotidiens à réaliser des enquêtes journalistiques ».
Dans ce sens, il ressort que 30,3% des journalistes enquêtés dans ces deux quotidiens ont moins cinq ans de métier, ce qui constitue sans doute, pour lui un « obstacle sérieux » à la réalisation d’enquêtes.

Pour que ce genre journalistique soit davantage pratiqué, M. Congo suggère entre autres, la création des desks spécialisés dans les grandes enquêtes, la formation régulière des journalistes à l’investigation journalistique, le journalisme collaboratif et l’affranchissement de l’autocensure.

Le jury composé de Noël Da (président), de Rabankhi Abou-Bâkr Zida (suffragant) et du directeur de mémoire Victor Sanou, après avoir examiné minutieusement le travail de l’impétrant, l’a jugé recevable en le sanctionnant de la note de 16/20 (mention très bien).

Après deux années scolaires passées à l’ISTIC, M. Congo est ainsi désormais conseiller en sciences et techniques de l’information de la communication, option journalisme.

En rappel, Moussa Congo du quotidien Sidwaya, a été lauréat par quatre fois, du prix Galian, récompensant annuellement les meilleurs journalistes au Burkina Faso.

Il a produit plusieurs enquêtes dont une sur le sujet tabou de l’homosexualité à Bobo-Dioulasso (Ouest, 2016) et l’autre sur la prostitution des femmes mariées et des salariées à Fada N’Gourma (Est, 2017).
La dernière enquête citée, lui a valu de nombreuses et violentes menaces, particulièrement sur les réseaux sociaux.

Agence d’Information du Burkina

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