La Communauté d’action pour la promotion de la santé sexuelle et reproductive (CAPSSR) a organisé les 17 et 18 octobre 2019 à Ouagadougou, une session de formation au profit des journalistes, des agents de police judiciaire, des agents de santé ainsi que les professionnels du droit.
Objectif : leur donner des informations sur l’avortement, les valeurs qui l’accompagnent et sur la santé sexuelle et reproductive.

Selon la présidente de la CAPSSR, Mariam Nonguierma, par ailleurs sage-femme, cette formation vise à combler des lacunes chez de nombreuses personnes qui sont souvent impliquées dans des cas d’avortement, mais qui ignorent les conditions dans lesquelles l’avortement peut avoir lieu. « Dans le cas où une femme a été victime d’un viol, d’un inceste, ou si l’enfant qui va naître a une grosse malformation qui met en danger la vie de la mère, alors l’avortement est autorisé dans ce cas", explique Mariam Nonguierma.
Sur les valeurs et la santé sexuelle et reproductive, le docteur Adama Ouattara, secrétaire générale de la société gynécologue et obstétricien du Burkina, a confié que la clarification des valeurs est un concept qui a été créé depuis les années 1960, précisément au Etats Unis. A l’époque, il s’agissait de débattre des problèmes de société qui sont controversés et qui divisent l’opinion. « Sur des questions où il n’y
pas une vision harmonisée, les différents profils socio professionnels se retrouvent pour échanger, confronter les points de vues et peut-être à la fin, converger vers de nouvelles convictions", explique docteur Ouattara. C’est le cas sur la légalisation de l’avortement, la contraception d’urgence, la surcharge pondérale, etc. "On se retrouve et on discute afin que chacun ait une compréhension de l’autre volet du sujet qui lui échappait. Ainsi, on s’est rendu compte que l’avortement n’est pas seulement un problème de santé, mais un problème social", poursuit docteur Ouattara.


A l’évidence, le communicateur n’a pas la même compréhension de l’avortement que le magistrat, qui n’a pas la même compréhension que l’agent de santé, qui n’a pas la même compréhension que l’officier de police. Confronter les opinions, connaissances et convictions permet à chacun de se départir des préjugés propagés dans le quartier. Au Burkina Faso, la question qui est posée est de savoir s’il faut oui ou non légaliser l’avortement ? A cette question, docteur Ouattara répond qu’il faut tout simplement respecter la loi en la matière. Laquelle a défini quatre (4) conditions citées plus haut par Mariam Nonguierma, à respecter pour que l’avortement soit possible. Or, regrette docteur Ouattara, les populations ne sont pas suffisamment informées sur le sujet. La session d’information organisée par le CAPSSR offre donc l’occasion aux agents de santé de discuter avec les journalistes qui vont répercuter ensuite l’information auprès des populations, aux magistrats qui doivent décider et aux officiers de police judiciaire d’appréhender autrement la question lorsqu’ils doivent traiter des cas d’avortement. En somme, l’objectif final est de permettre à chaque acteur d’avoir une vision holistique de l’avortement et le traiter en prenant en compte différents paramètres.

Frédéric Tianhoun
Kaceto.net

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