Le chef de la diplomatie burkinabè Alpha Barry a appelé lundi, à dissiper « l’atmosphère de méfiance » entre les populations et les Forces de sécurité du G5 Sahel, afin qu’elles cessent de voir respectivement, comme « des personnes mal intentionnées et des prédateurs ».

« Dans de nombreux endroits, les populations civiles voient les Forces de sécurité comme des prédateurs plutôt que comme des protecteurs. Dans le même temps, de nombreux militaires et policiers se méfient aussi de la population civile, qu’ils suspectent parfois de mauvaises intentions », a affirmé lundi Alpha Barry.

Ce déficit de confiance, a-t-il dit, « a des origines lointaines où les rapports entre FDS et populations civiles étaient empreintes de menaces et de coercitions. Cela a longtemps entretenu une atmosphère de méfiance ».

Le ministre burkinabè des Affaires étrangères s’exprimait à d’ouverture de la troisième conférence du G5 Sahel sur le renforcement des relations de confiance entre Forces de défense et de sécurité (FDS) et populations dans le Sahel.

« Le Burkina Faso dans le cadre de sa présidence en exercice accorde une très grande importance (à la conférence du G5 Sahel) en espérant qu’elle contribuera à maintenir et à approfondir le dialogue entre toutes les parties prenantes (FDS et populations) », a déclaré Alpha Barry.

Le ministre Barry a souhaité qu’à l’issue de la conférence, les parties prenantes parviennent « à une compréhension clarifiée et mieux partagée des problématiques traitées et de la marche à suivre pour renforcer la cohésion sociale et mieux articuler le lien entre sécurité, développement et action humanitaire ».

Pour la vice-ministre adjointe de la coopération internationale des Pays-Bas Birgitta Tazelaar, la confiance entre les FDS et les populations « est essentielle pour rétablir l’autorité et la légitimité de l’Etat ».

« Elle permet de créer une synergie entre Etat et citoyens, afin de combattre les forces obscurantistes qui tentent de briser le tissu social » a-t-elle demandé.

Selon le représentant Spécial de l’Union Européenne pour le Sahel, Angel Losada, « le vide (laissé) par l’Etat est l’oxygène du terrorisme ».

Il a expliqué que pour instaurer une stabilité durable, les moyens militaires bien qu’importantes, ne suffissent pas.

« Seule une approche intégrée et bien coordonnée alliant actions des forces de défense et de sécurité, retour de l’état dans les zones fragiles, amélioration de la gouvernance et actions de développement, amènera à la stabilité » a-t-il affirmé.

La troisième conférence se tient sur deux jours et elle sera marquée par deux panels.

Le premier porte sur le renforcement des liens entre populations, autorités locales et FDS en faveur de la cohésion sociale dans l’espace du G5 Sahel et le second sur les enjeux du lien entre sécurité, développement et action humanitaire dans l’espace du G5 Sahel.

Les deux précédentes conférences se sont déroulées respectivement à Bruxelles en Belgique en 2018 et à Niamey au Niger en 2019.

Agence d’Information du Burkina

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