Quelques jours après une session pour le moins agitée, les membres de l’opposition municipale de la commune Ouagadougou sont montés aux créneaux dans l’affaire de l’acquisition 77 véhicules au profit des agents de la mairie. Lors d’une conférence de presse qu’ils ont animée hier 25 juin, trois conseillers (2 UPC et 1 CDP) ont demandé la démission du maire, ou à défaut, sa démission par le ministère de tutelle.

Après le CFOP, c’est au tour l’opposition municipale d’exiger la démission du Maire de Ouagadougou, Armand Beouinde, pour faux et usage de faux dans l’affaire de l’acquisition des 77 véhicules. Selon Alban Raogo Zoungrana, président du groupe municipal UPC, la délibération portant sur l’approbation de l’acquisition de véhicules par crédit-bail, a été discutée au cours d’une session pendant laquelle des observations ont été émises par des conseillers de l’Opposition. "Pour nous, conseillers de l’opposition, il y a abus de confiance dans cette affaire et faux et usage de faux, car le Maire n’a pas porté les amendements de la session avant la conclusion du contrat, a t-il révélé.
Pour lui, il faut retenir de cette affaire, que les 12 maires d’arrondissement, sans distinction de bords politiques, avaient tous retourné les véhicules à eux donnés par la commune. Et, parmi eux figurent les maires du MPP. "Maire BEOUINDE a l’habitude de dire à qui veut l’entendre qu’il a obtenu le quitus du Conseil municipal pour agir. Cependant, il faut rappeler qu’un accord d’agir n’est pas un accord de mal agir" ironise Zoungrana.
Le contenu des précédentes parutions du Courrier confidentiel semblent indiquer que le maire s’est rendu coupable de conflit d’intérêts et de surfacturation dans cette affaire de location de 77 véhicules. La justice s’est auto-saisie du dossier qui est en cours au niveau du parquet. Les conférenciers ont annoncé qu’ils allaient se constituer partie civile dans les jours à venir.

Au cours de la rencontre avec les journalistes, l’opposition municipale (CDP, UPC) a dépeint la "mauvaise gestion de la maire". Exemples : l’augmentation exagérée du prix de location de certains espaces de commerce appartenant à la Commune de Ouagadougou, qui a entraîné la fermeture de certains espaces, "les loyers de boutiques sur l’Avenue Charles DE GUAULE sont passés de 3.500 Francs CFA à 50.000 Francs CFA, soit une augmentation de 1.428%, pendant que les boutiques du marché de Zogona connaissaient une augmentation de 625%.
Le petit jardin de l’aéroport est passé de 50.000 Francs à 300 .000 Francs, celui de Loudun a connu une augmentation de 600.000 Francs pour atteindre la barre de
1 million par mois. Le jardin de Bogodogo, actuellement fermé, est passé de 25 000 à 500 000 francs CFA de loyer mensuel. "Le manque à gagner de ces fermetures est énorme pour la commune et, pire, les fermetures ont occasionné la mise au chômage de nombreux travailleurs", regrettent l’opposition", qui ajoute qu’à l’époque, les délibérations ont été proposées par le maire sans tenir compte des observations de certains membres de la commission ad ‘hoc chargée de l’étude des prix".
Par ailleurs, l’opposition municipale dit avoir saisi un huissier de justice, afin de demander l’annulation de la session du 22 juin par le haut-commissaire du Kadiogo. "Malgré un manque de quorum nécessaire pour valider les points inscrits à l’ordre du jour, M. BEOUINDE a insisté pour continuer la session, et nous avons saisi un huissier de justice pour faire le constat afin de pouvoir saisir la justice", ont indiqué les trois conférenciers. Au cas où M. BEOUINDE refuse de démissionner, l’opposition demande au ministère de l’Administration territoriale et de la décentralisation, ministère de tutelle, de suspendre le maire de la commune en application de l’article 272 du Code général des collectivités territoriales qui stipule que, « Le maire ou un adjoint au maire peut faire l’objet de suspension ou de révocation en cas de faute grave.
Peuvent entraîner la révocation prévue dans l’alinéa ci-dessus, les fautes graves suivantes : Détournement de biens/et ou de deniers publics ;Concussion et/ou corruption ; Prêts irréguliers d’argent sur les fonds de la commune ; Faux en écriture publique et usage de faux ; Endettement de la commune résultant d’une faute de gestion,… poursuite devant un tribunal répressif ou condamnation pour des faits et actes punis par la loi, à l’exception de simples contraventions de police,… », a-t-il Zoungrana. Si au final, la justice venait à déclarer le maire innocent, l’opposition municipale dit être disposée à retravailler avec le maire, foi de Nathanaël Ouédraogo (UPC) 3e adjoint au maire de Ouagadougou

Frédéric TIANHOUN
Kaceto.net

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