Il y a comme un relâchement dans le respect des mesures barrières dans certaines compagnies de transport en commun. C’est en tout cas c’est ce que nous avons pu constater de visu, en empruntant l’axe Ouagadougou-Djikologo, depuis le centre du pays, jusqu’au sud-ouest.

Ouagadougou-Djikologo. Plus de sept heures de route en bus, emprunté dans une compagnie de transport de la place. En ce dimanche matin, il y a foule. Énormément de monde au départ.
De toute évidence, ici, les anciennes habitudes ont vite refait surface. En effet très peu de personnes portent un cache-nez. Aucun dispositif particulier de lave-main n’est posté non plus à l’entrée de la gare.
En peu de temps, le car fait le plein de passagers. Il démarre à l’heure prévue et commence à avaler la centaine de kilomètres qui le sépare de son lieu de destination finale. A l’intérieur par contre, chacun est maître de lui.
Aucune consigne n’est donnée, ni par le chauffeur, encore moins par le convoyeur, ni par aucun autre responsable de la compagnie. Ils semblent être bien plus intéressés par leurs comptes et par le nombre de titres vendus que par autre chose.
La toux sèche d’une jeune passagère, assise à l’arrière du véhicule, ne suscitera aucune attention particulière. Cela semble être assez banal pour inquiéter le personnel roulant. Du reste, aucun aménagement particulier n’est visible au niveau des sièges, pour tenir compte de la distanciation physique, telle que pourtant recommandée en période de crise sanitaire.
Chassez le naturel, il revient au galop

Un passager assez âgé a-t-il compris ou senti le danger ? Une chose est sure, il ne quittera pas son masque tout au long du voyage. Comme pour bien montrer que l’heure ne doit pas à être au relâchement. De temps à autre, nous le voyons jeter un regard circonspect et interrogateur autour de lui, sans adresser la moindre parole à personne.
Durant le reste du trajet, au niveau des escales, c’est le même spectacle qui saute aux yeux : marchands ambulants et passagers se frottent les uns aux autres, dans un brouhaha indescriptible. Certains discutent les prix ou achètent de quoi se restaurer, quand d’autres réclament leur monnaie. Bref, tout semble être comme avant.

En fin d’après-midi, lorsque nous arrivons enfin à destination, le constat reste toujours identique. La prise en compte de la pandémie de covid-19 dans la reprise du trafic routier, en particulier dans le transport de passagers, en tout cas pour ce que nous avons pu constater, n’a pas été suffisamment intégrée. A moins que les questions de rentabilité financières n’aient tout simplement été plus fortes que les autres considérations.

Juvénal Somé
Kaceto.net

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