A l’issue d’un conseil extraordinaire des ministres qui s’est tenu aujourd"hui 24 mai à Kosyam, le gouvernement a pris des mesures pour faire face aux manifestations des élèves qui ont pris une tournure violente avec le décès d’un élève.

Le gouvernement a sorti le bâton face aux manifestations organisées par des associations scolaires contre les réformes entreprises par le ministère de l’Education nationale, de l’alphabétisation et de la promotion des langues nationales (MENAPLN). A l’issue d’un conseil extraordinaire des ministres tenu aujourd’hui 24 mai, il a rappelé que "la fermeté sera de mise contre tout acte qui porterait atteinte à l’ordre public et à la quiétude des populations". Une annonce qui intervient après les manifestations émaillées de violences aient été organisées dans la capitale, mais aussi dans certaines villes de province, avec malheureusement deux élèves décédés.
La semaine dernière, le plus grand établissement secondaire de la capitale, le lycée Philipe Zinda Kaboré a été le théâtre d’un affrontement entre élèves et forces de sécurité. Le bureau du proviseur a été littéralement saccagé et des documents administratifs détruits.
Depuis plusieurs jours, les proviseurs des lycées Zinda Kaboré, Nelson Mandela, lycée municipal de Ouagadougou, le lycée municipal de Rimvougré n’ont plus accès à leur bureau. Craignant pour leur sécurité, ils ont déserté leur lieu de travail.
Le gouvernement a donc pris les devant pour assurer le bon déroulement des examens de fin d’année qui auraient pu être hypothéquées avec la persistance des manifestations. Il a ainsi fait l’état des lieux des évaluations dans les établissements sur l’ensemble du territoire, puis décidé de la fermeture du lycée Zinda Kaboré.

- Dans la Boucle du Mouhoun : 11 établissements/407, n’avaient pas fait les évaluations du dernier trimestre.
- Dans les Cascades : 58/180 établissements ne sont pas dans les délais du troisième trimestre
- Dans la région du centre : 21 /1033 établissements n’avaient pas fait les évaluations du dernier trimestre.
- Dans les hauts Bassins : 1 seul établissement sur 515 n’avait pas pu dérouler le calendrier du troisième trimestre
- Au total sur 4453 établissements répartis sur l’ensemble du territoire national, 697 établissements n’ont pas fait les évaluations du troisième trimestre, soit un taux de déroulement du programme scolaire estimé à 84,37%.
◾Au regard ces données, le Conseil a autorisé les décisions suivantes :
- Il s’agit pour l’achèvement de l’année scolaire de faire en sorte que les établissements qui ont réalisé toutes les évaluations puissent tenir leur conseil afin de libérer les classes intermédiaires
- Pour les établissements n’ayant pas réalisé toutes les évaluations, il s’agit de poursuivre les activités pédagogiques jusqu’à la fin des cours fixés au 17 juin prochain aussi bien pour les classes intermédiaires que pour les classes d’examens.
Quelle sera la réaction des associations scolaires et des syndicats des enseignants face à ces nouvelles mesures ?

Dominique Koné
Kaceto.net