Les festivités du 11 décembre 2021 seront célébrées cette année à Ziniaré, chef-lieu du Plateau Central, la dernière région à accueillir la fête de l’indépendance.
Tirant les leçons des éditions passées, les fils et filles de la région se mobilisent pour donner à cette fête ce qui n’a jamais été vu nulle part.
Dans cette optique, les opérateurs économiques du secteur privé entendent jouer pleinement leur partition. Comment ? Eléments de réponse avec Hamadou Sawadogo, commissionnaire agréé en douane et président du Comité des opérateurs économiques de la région du Plateau central.

Pourquoi avoir créé un comité qui regroupe les opérateurs économiques du secteur privé alors qu’il existe une commission régionale d’organisation des festivités du 11 décembre ?

La raison est simple. Je suis le président de la chambre régionale de commerce et d’industrie du Plateau central et quand il était question d’aller chercher le flambeau du 11 décembre à Banfora, le secteur privé s’est investi pour que tout se passe bien. La gouverneure du Plateau central, le maire de la commune de Ziniaré, le président du conseil régional et moi-même sommes allés en hélico et certains par la route. Il y a eu un engouement autour de cette passation de flambeau et le secteur privé y a apporté une contribution non négligeable.
Par la suite, et au vu de l’engouement que j’ai évoqué plus haut, il y a eu une réflexion pour savoir ce que le secteur privé pouvait apporter dans la réussite des festivités du 11 décembre 2021. Il faut le savoir, le Plateau central est la région la plus pauvre en termes économiques du Burkina malgré le fait que nous ayons des milliardaires et des multimillionnaires, des chefs traditionnels bien représentés, des intellectuels de haut niveau et notre proximité avec Ouaga. Nous sommes derniers ! Avant, nous étions avant-dernier et la région du Centre-sud occupait la dernière place, mais avec l’organisation du 11 décembre en 2018, Manga a fait un bond et on ne voit plus sa poussière !


J’ai partagé l’idée avec des opérateurs économiques qui l’ont trouvée intéressante, puis nous l’avons exposée à la gouverneure qui l’a aussi appréciée. Nous avons dès lors, commencé à tenir des chez le grand frère Bernard Nabaré, ancien ambassadeur, auxquelles les représentants des trois provinces (Oubritenga, Ganzourgou, Kourwéogo) étaient présents. C’est quelque chose qui n’avait jamais été fait auparavant, c’est-à-dire, mettre sur place un comité du secteur privé qui intègre l’organisation générale du 11 décembre. Les objectifs de ce comité étaient clairs : mobiliser les ressources et les investisseurs, mener une plaidoirie pour que les marchés soient attribués aux entreprises de la région, gérer la question foncière liée au déguerpissement des habitants installés sur les zones abritant les réalisations du 11 décembre et mobiliser la diaspora afin qu’elle participe à la réussite de la fête.
Dans cette optique, nous avons pu mettre en place un bureau composé comme suit : présidente, Mme Henriette Kaboré, 1er vice-président chargé de la mobilisation des ressources et des investissements, Inoussa Kanozoé, 2è vice-président chargé de la plaidoirie pour l’attribution des marchés aux locaux, Dominique, 3è vice-président chargé du foncier, Moussa Kouanda. Des personnes ressources appuient ce bureau dont l’ancienne ministre, Nestorine Sangaré qui occupe le poste de secrétaire général, Aziz Compaoré chargé de l’organisation, « Adama prêt à porter » au poste de trésorier et Sam Ouédraogo chargé de la communication. Il faut aussi noter le soutien de personnalités comme les élus consulaires, les chefs de Zorgho, de Zitenga, de Niou et le parrain, maître Pacéré Titenga. Quant à moi, j’occupe le poste de superviseur général, c’est-à-dire que j’assure la coordination entre les membres du comité et entre le comité et l’administration publique.

Au premier bilan d’étape, que peut-on retenir des activités de ce comité ?

Nous avons proposé la création d’une zone commerciale et d’une zone résidentielle, l’objectif étant que les opérateurs économiques qui ont les moyens puissent investir dans la première zone en respectant un cahier de charges assez contraignant.
Pour la plaidoirie, je crois que nous pouvons être satisfaits car à 90%, les marchés du 11 décembre 2021 ont été attribués aux chefs d’entreprises de la région du Plateau Central. C’est le résultat de concertations que nous avons eues avec les ministres concernés par le 11 décembre et avec les plus hautes autorités qui ont été sensibles à notre doléance. Je profite leur dire merci au nom des membres du comité.
Quant aux travaux, nous avions eu des inquiétudes par rapport au démarrage et nous redoutions que ce qui s’est passé à Banfora nous arrive aussi. Dieu merci, le budget est presque bouclé et les travaux de réalisation d’infrastructures comme la Place de la nation, la salle polyvalente, les tracés des routes, les bornes, etc., ont commencé. Ceux qui doivent superviser tous ces travaux de même que le bitumage des routes sont maintenant sur le terrain.

Quid des habitants qui devaient être déguerpis pour être relogés ailleurs ?

Sur ce point la gouverneure, le maire de la commune de Ziniaré et les services techniques compétents ont travaillé durement et nous sommes arrivés à une solution qui arrange tout le monde. Pour ce que je sais, les propriétaires terriens ont été désintéressés parce que c’était la condition sine qua none avant qu’on ne dégage les parcelles. Certains sont restés sur place et ont reçu des parcelles, en raison de 4 parcelles par hectare. Nous avons pris en compte bien entendu les lieux de culte, les cimetières, des bosquets et la maison des chefs.
Je le sais parce que dans cette commission siège le vice-président du comité chargé du foncier, Moussa Kouanda. Nous avons même prévu une commission qui est chargée des litiges après l’attribution des parcelles et s’il y a des mécontents, cette commission s’occupera d’apporter des réponses.
Nous allons d’ailleurs faire un premier bilan d’étape sur tout ce qui a été fait et qui reste à faire afin d’en informer les membres. Le calendrier de la présidente est un peu chargé ces derniers temps, raison pour laquelle elle m’a chargé de convoquer une réunion et je suis en concertation avec les autres membres du comité pour trouver une date qui arrange tout le monde.

Qu’en est-il de la cité des forces vives et de la zone commerciale ?

Pour la zone commerciale, nous avons mis des garde-fous pour éviter que des gens qui acquièrent les parcelles ne soient pas ensuite en mesure de construire en respectant le cahier de charges. Pour cela, les candidats devaient avoir une capacité financière de 100 millions F CFA et déposer une caution de cinq (5) millions. Ils ont l’obligation de construire au moins un R+1. Les parcelles de la zone commerciale sont de 400 à 500 m2 et se trouvent à Sâ, à l’entrée de Ziniaré en venant de Ouagadougou.
Pour la zone résidentielle, l’obligation est de construire soit un F5 dans la catégorie A, un F4 dans la catégorie B et un F3 dans la catégorie C. Tous ceux qui ont obtenu des parcelles ont commencé les travaux et même s’il y a un retard que nous accusons, le changement sera visible dans quelques semaines.
Dans l’ensemble tout se passe bien et comme les fils et filles du Plateau central l’ont promis, le 11 décembre 2021, ce sera du jamais vu !

Il était attendue la construction d’une double voie depuis l’entrée jusqu’à la sortie de Ziniaré. Le projet tient-il toujours ?

Bien sûr que ça tient toujours. Manga et Tenkodogo ont bien bénéficié d’une double voie à l’occasion du 11 décembre et il n’y a pas de raison que nous, au Plateau central, nous n’en bénéficions pas. Seulement, vu les délais qui sont courts, les travaux seront effectués plus tard. Pour le moment, elle sera juste élargie. Nous avons reçu l’assurance que ce sera fait et le budget est bien déconnecté du budget alloué au 11 décembre.
En revanche, il est bien prévu de faire une route à deux voies allant de la place de la nation au lieu départ du défilé, c’est-à-dire, vers le Centre de formation et de performance de Ziniaré, sur la route de Donsin. Au total, environ 60 km de routes bitumées seront réalisés, soit 7 à Boussé, 16 à Zorgho et 36 à Ziniaré
En ce qui concerne les tribunes, il était prévu 500 places au départ, mais finalement nous en aurons 1000. C’est une promesse du premier ministre Dabiré lors de son séjour à Ziniaré. Mais pour aller rapidement et ne pas perdre du temps, on va construire 500 places et si le temps permet, on complétera avec les 500 autres.

Le siège de la chambre régionale de commerce et d’industrie n’est toujours pas inauguré alors que les travaux sont terminés depuis longtemps. Qu’est-ce qui coince ?

Vous avez parfaitement raison. L’explication est simple. La mairie de Ziniaré nous a octroyé gracieusement un hectare au bord de la route et nous l’a notifié par écrit.
Nous avons posé la première pierre de la construction, puis mobilisé les ressources pour la construction du siège et les travaux sont terminés. Sauf qu’il y a environ huit (8) mois, un monsieur du nom Ilboudo, docteur ophtalmologue nous a informés que la parcelle lui appartient et qu’elle lui a été attribuée il y a plus de 20 ans. C’était évidemment une désagréable surprise. Il faut donc trouver une solution et nous nous attelons à cela. Je ne souhaite pas entrer dans les détails de cette affaire, encore moins accuser qui que ce soit, parce qu’il y a des négociations en cours avec l’intéressé et nous ne désespérons pas trouver un compromis avec lui.

Propos recueillis par Joachim Vokouma
Kaceto.net