Malgré la crise sécuritaire qui frappe le Burkina et ses conséquences sur l’économie nationale, la signature de notre pays reste tours crédible auprès des institutions internationales de financement. A commencer par la Banque mondiale qui vient d’accorder un financement d’un montant de 264 milliards de F CFA destiné au secteurs de l’énergie, du foncier, du développement territorial et de l’inclusion financière.

Le rituel est maintenant bien connu des journalistes qui couvrent l’actualité du ministère de l’Economie, des finances et du développement (MINEFID) , principalement dans les relations qu’entretient notre pays avec les organismes internationaux de financement. Hier matin, comme à leurs habitudes, ils ont sagement installé leurs micros et matériels de prises de vue dans la salle qui abrite les cérémonies de signatures de conventions ou d’accords de partenariat, en attendant l’arrivée des officiels.
Puis tout va vite quand le chef de protocole pénètre dans la salle et annonce le ministre et ses invités. Le directeur de la communication et de la presse ministérielle entre en scène, plante le décor en déclinant l’objet et le déroulé de la cérémonie.
Hier, l’invitée de marque du ministre Lassané Kaboré était Maïmouna Mbow Fam, représentante résidente de la Banque mondiale au Burkina.
Au nom de cette institution de financement créée en 1944, elle est venue signer un accord avec le ministre Kaboré par lequel une enveloppe d’un montant de 264 milliards de F CFA est mise à la disposition de notre pays. Un soutien destiné au financement de quatre projets dans les secteurs clés du développement du
Burkina : l’énergie, le foncier, le développement territorial et l’inclusion financière.
Le premier, d’un montant de 75 milliards, porte sur le financement du « Projet communautaire de relance et de stabilisation au Sahel (PRCSS) » piloté par le MINEFID. D’une durée de cinq (5) ans (2021-2026), le PRCSS vie à renforcer la résilience des populations installées dans la région du Liptako-Gourma, à cheval entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Trois Etats qui couvrent une superficie de 2 781 200 km² avec un sous-sol riche en ressources minières, énergétiques, hydrauliques, agropastorales et piscicoles.


Le deuxième accord d’un montant d’environ 92,813 milliards de F CFA vise à soutenir le Projet de déploiement du solaire à large échelle et électrification rurale (SOLEER), porté le ministère de l’Energie, des Mines et des Carrières, d’où la présence du titulaire du portefeuille, Bachir Ismaël Ouédraogo à la cérémonie d’hier.
A terme, la mise en oeuvre réussie de ce projet qui va durer de 2022 à 2026, permettra d’accroître l’offre en énergie solaire au profit populations vivant dans les zones rurales. Selon le ministre Bachir Ouédraogo, le projet SOLER permettra l’accès à l’énergie photovoltaïque à environ 300 localités rurales et le raccordement de 120 000 ménages, ainsi qu’à la fourniture d’énergie aux micros, petites, moyennes entreprises (MPME). « Ce projet va permettre la construction de centrales solaires photovoltaïques d’une puissance cumulée de 325 MWc. Sa mise en œuvre nécessitera l’implication du secteur privé d’où la mobilisation des financements privées d’environ 241 milliards de F CFA. Les producteurs indépendants d’électricité (IPP) aideront le gouvernement à obtenir 300 MWc supplémentaires d’énergie solaire avec stockage" a précisé le ministre Bachir Ouédraogo
Quand au troisième accord d’un montant d’environ 75 milliards de F CFA, il vise à financer le Projet d’appui au renforcement de la gestion du foncier et des mines (PARGFM). C’est le ministère de l’Economie qui porte ce projet dont l’objectif est de renforcer les capacités des services dédiés au foncier et aux mines, deux secteurs devenus très stratégiques dans la stratégie globale de développement du Burkina.
Les produits miniers étant devenus, on le sait, la première source de devises pour notre pays devant le coton avec une contribution au PIB qui est passé de 7,9% en 2015 à 8,41% en 2018. Reste que les récurrents conflits qu’engendrent les exploitations industrielles et artisanales des mines affectent le niveau de productivité, toute chose que le PARGFM qui doit durer de 2021 à 2027 permettra de corriger.

Enfin, le quatrième accord porte sur le Projet d’appui à l’inclusion financière et à l’accès au financement des petites et moyennes entreprises (PAIF-PME).
Doté d’une enveloppe de 5,5 milliards de F CFA, le PAIF-PME permettra d’enrichir en quantité et en qualité l’offre financière aux populations vulnérables ainsi qu’aux petites et moyennes entreprises.
Pour rappel, le Burkina a adopté la Stratégie régionale d’inclusion financière 2016-2020 et sa mise en oeuvre a permis de faire passer le taux d’inclusion financière de 61% en fin 2019 à environ 70% en 2020 contre une moyenne de 60% dans l’espace UEMOA. L’objectif du gouvernement étant d’atteindre 75% à l’horizon 2023, le soutien de la Banque mondiale arrive donc à pic.
Selon Maïmouna Mbow Fam, les quatre accords signés avec le gouvernement burkinabè s’inscrivent dans la nouvelle philosophie de la Banque mondiale qui est de soutenir les Etats comme le Burkina dans leur politique de relance économique post-COVID-19.

Georges Diao
Kaceto.net