Qu’évoque le terme « violence(s) » dans les titres de publications françaises en ligne sur la période 2002 – 2021 ? Le terme « violence(s) » étant polysémique et ayant un caractère extensif, diffus et hétérogène, il peut être intéressant d’aller regarder de près à quoi il est intimement associé lorsqu’il est mentionné dans les titres de publications en ligne.

Ainsi que le montre la cartographie sémantique du terme « violence(s) » ci-après issue de l’analyse d’un corpus pertinent et significatif de titres de publications françaises en ligne entre 2002 et 2021, les violences dites conjugales (et/ou familiales) sont nettement les plus prégnantes sur la scène médiatique (mais signalons aussi les violences au travail, les violences faites aux enfants, la violence à l’école/éducative, faussement éducative je précise). Et les femmes en sont les principales victimes.
Nous savons que ces violences conjugales prennent des formes multiples permettant aux agresseurs (que des hommes quasiment !) de varier/adapter leurs stratégies de contrôle, d’emprise sur leurs victimes. Ces différentes formes de violence conjugale se conjuguent bien souvent pour une même femme (on parle de « survictimation »). Elles peuvent aussi être présentes aux différents âges de la vie d’une fille et d’une femme (on parle de « continuum des violences »). D’où la nécessité et l’obligation morale de « lutter contre » tout cela dans toutes les sphères de la vie, sous toutes les formes et à tous les âges.
S’agissant des formes de violence la cartographie sémantique ci-après en révèlent quatre principales qui sont :
-  Les violences psychologiques : insidieuses, parfois permanentes, elles peuvent causer des dégâts émotionnels importants, diminuer l’estime de soi, plonger la victime dans la dépression voire dans un état suicidaire ;
-  Les violences physiques : repérables car elles laissent souvent des traces visibles. Elles peuvent aller d’une simple bousculade ou une gifle à l’homicide (ou féminicide) ;
-  Les violences sexuelles : elles sont des violences à la fois physiques et psychologiques. Elles sont malheureusement peu dévoilées/dénoncées à cause du poids des taboues.
-  Enfin, les violences verbales : utilisée pour contrôler, déstabiliser, humilier et détruire l’autre. Ce sont des mots qui assènent de façon récurrente des reproches, critiques, humiliations, menaces.

La cartographie a le défaut d’écraser les dynamiques diachroniques. Le graphique ci-après permet de montrer qu’au cours de la période 2002-2021 les titres ont de plus en plus mis en scène les violences « conjugales, familiales » et les « violences sexuelles » en particulier dont sont « victimes » les « femmes » et, corrélativement, le volet de la nécessaire « lutte contre » ces phénomènes. D’une manière générale, on peut dire que la dernière décennie (2012-2021) a été nettement plus marquée par ces thématiques que la décennie d’avant (2002-2011). Il semble d’ailleurs que, d’une façon générale, les violences faites aux femmes ont augmenté significativement depuis le début de la pandémie de la Covid-19, notamment pendant les périodes de confinement.


C’est tout pour le moment. Mais je travaillerai à un article sur ce qui se lit autour de la violence dans les titres de publications africaines en ligne.
A bientôt donc !

Ousmane SAWADOGO, Consultant Text Analytics et Analyse sémantique.
Kaceto.net