Hier 25 mars s’est tenu à Accra, au Ghana un sommet extraordinaire des Chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’ouest (CEDEAO) consacré à la situation politique au Mali, en Guinée et au Burkina, trois pays qui un coup d’Etat a renversé un régime démocratiquement installé. Une rupture de l’ordre constitutionnel condamnée par la CEDEAO qui presse les autorités issues des putschs à organiser des élections dans des délais raisonnables.
La situation dans chaque pays étant différent de l’autre, l’organisation régionale calibre ses mesures en tenant compte des contextes.
Voici les grandes lignes des décisions prises lors de ce sommet.

Sur la situation au Mali

La Conférence note que la situation sécuritaire et humanitaire continue de
se dégrader au Mali avec les attaques de groupes terroristes causant des victimes
militaires et civiles. Elle note que, lors de la dernière mission du Médiateur de la CEDEAO du 18 au 20 mars 2022, les Autorités de la Transition ont proposé un chronogramme de 24 mois, soit deux (2) ans en plus des 18 mois déjà écoulés.
La Conférence note que, compte tenu de la conjoncture
politique et sécuritaire mondiale, il est urgent de parvenir à un accord sur le
chronogramme afin d’éviter la dégradation de la situation du pays.
La Conférence regrette l’indisponibilité du Président de la Transition à
honorer en personne l’invitation qui lui a été faite de participer au Sommet en
vue de trouver une solution à la situation actuelle au Mali.
La Conférence engage les Autorités de la Transition à s’inscrire dans une période complémentaire de 12 à 16 mois arrêtée par l’équipe technique de la CEDEAO/UA/NU pour l’extension de la Transition tenant compte des activités nécessaires à l’organisations de l’élection présidentielle. Ce délai complémentaire court à partir du 15 mars 2022. La Conférence décide de l’envoi du Médiateur pour poursuivre et finaliser les discussions avec les Autorités de la Transition sur le chronogramme.
La Conférence décide en outre de :
- Maintenir les sanctions prises le 9 janvier 2022 ;
- Poursuivre le dialogue en vue d’arriver à un accord qui permettrait la levée
progressive des sanctions ;
- Inviter les partenaires à accroître le soutien humanitaire au Mali.
- La Conférence exprime sa vive préoccupation quant à la détérioration de
la situation sécuritaire au Mali et engage les autorités de la Transition à
poursuivre les efforts en matière de sécurité. Elle réitère son appel aux Etats
membres et à la Commission d’accompagner les autorités de la Transition dans
leurs efforts de sécurisation du pays.


Sur la situation sociopolitique en Guinée

La Conférence exprime sa forte préoccupation par rapport à l’absence de
visibilité sur la transition. En effet, la Conférence note que le délai de six mois fixé
par la CEDEAO pour la tenue des élections n’a pas été respecté. En outre, le

chronogramme de la transition n’est toujours pas disponible, les priorités ne sont
pas définies et peu de progrès ont été réalisés dans le processus. De même, la
situation sociopolitique se dégrade du fait de l’insuffisance de dialogue entre le
gouvernement et les acteurs politiques et la société civile.
En conséquence, la Conférence :
- demande la finalisation d’un chronogramme acceptable de la transition au
plus tard le 25 avril 2022. Passé ce délai, des sanctions économiques et
financières entreront immédiatement en vigueur ;
- demande au gouvernement de renforcer l’inclusivité et le dialogue avec les
acteurs politiques et la société civile dans la gestion de la Transition en vue
de réduire les tensions dans le pays et assurer une transition apaisée ;
- Invite les autorités de la Transition à respecter les dispositions légales et
réglementaires dans le processus de récupération des biens présumés
appartenir à l’État.
- faciliter le dialogue entre toutes les parties prenantes, la Conférence réaffirme la décision de nommer un Facilitateur pour la Guinée.

Sur la situation au Burkina Faso

La Conférence a exprimé sa profonde préoccupation par rapport au
maintien en détention de l’ancien Président Roch Marc Christian Kaboré depuis
le coup d’Etat et ce malgré plusieurs demandes pour sa libération sans condition.
La Conférence note en outre que les autorités de la transition peinent à améliorer
la situation sécuritaire dans le pays et à trouver des solutions à la situation
humanitaire.
La Conférence reste très préoccupée par la durée de la période
de transition fixée à trente-six (36) mois par la Charte de la Transition.
A cet égard et conformément au Communiqué du Sommet Extraordinaire
du 3 février 2022, la Conférence :
- réitère sa ferme condamnation du coup d’État du 24 janvier 2022 ;
- exige la libération inconditionnelle et sans délai du Président Roch Marc
Christian KABORE ;
- décide de maintenir la suspension du Burkina Faso de toutes les
Institutions de la CEDEAO jusqu’au rétablissement de l’ordre
constitutionnel ;
- demande la finalisation d’un chronogramme acceptable de la transition au
plus tard le 25 avril 2022. Passé ce délai, des sanctions économiques et
financières entreront immédiatement en vigueur
- La conférence décide de nommer un Médiateur pour le Burkina
Faso pour faciliter le dialogue entre toutes les parties prenantes et assurer une
transition réussie.

Kaceto.net