Dans le cadre du suivi de l’opération de retrait des enfants et jeunes en situation de rue, une délégation ministérielle conduite par le premier ministre a effectué une visite sur le site d’accueil de Somgandé le vendredi 17 août. Une occasion pour le premier ministre de s’imprégner des conditions dans lesquelles s’opère la réinsertion sociale ces enfants

Une fois sur le site du centre d’Action éducative en milieu ouvert (AEMO), la délégation a visité l’infirmerie et l’administration du centre, puis l’atelier, la cuisine et les dortoirs avant de rencontrer les acteurs qui animent le site. Après quelques moments d’échanges, le responsable des enfants en situation de rue qui ont intégré le centre a pris la parole pour remercier le gouvernement pour cette initiative, puis a évoqué les risques auxquels sont confrontés les enfants en situation de rue.
« Au nom de tous les enfants, je prends la parole pour remercier le président du Faso et son gouvernement de nous avoir sortis de la rue. Ils ont vu que notre situation n’était pas des plus belles, alors que demain, peut-être le futur gouvernement du Burkina Faso pourrait sortir de ce centre. Nous sommes vraiment contents car lorsqu’on dort dans la rue, on est confronté à d’énormes difficultés. Moi par exemple, j’ai fait six ans dans la rue et je vous assure ce n’est pas du tout facile », a t-il raconté.

Le premier ministre Paul Kaba thièba quant à lui s’est dit très ému de la façon dont les choses commencent à aller pour ces enfants. Il a remercié le ministre de la Femme, de la solidarité nationale et de la famille, Laurence Marchal Ilboudo pour avoir lancé cette opération qui vise à sauvegarder l’intégrité physique et morale des enfants. « C’est avec beaucoup d’émotion que je vois ces enfants qui étaient dans nos rues, sans parent, sans de quoi se nourrir et sans hygiène" , a t-il déclaré. Il a rappelé que dans le programme du président Kaboré, l’accent est mis sur le capital humain et la solidarité nationale. "Personne au Burkina Faso ne doit être exclue de la communauté nationale et c’est au gouvernement de faire en sorte que tous les enfants au Burkina Faso soient pris en charge", a t-il poursuivi. En visitant le centre, le premier ministre a confié qu’il tenait à rencontrer les pensionnaires dont l’histoire est marquée par des violences et des traumatismes liées à des événements familiaux et peuvent basculer souvent dans la délinquance et autres maux que nous connaissons (drogue, vol, grand banditisme).
Prenant la parole, le ministre de Femme, de la solidarité nationale et de la famille a invité l’ensemble de la communauté nationale à se mobiliser pour lutter contre
le phénomène social que représente les enfants de la rue. "Nous avons déjà commencé à prendre ceux qui sont en situation de rue pour les stabiliser et leur donner une chance de réussir. Maintenant, nous devons travailler à ce que d’autres ne viennent pas remplacer ces enfants, ce qui relève aussi de la responsabilité des familles", a t-elle souligné. Elle a insisté sur la disponibilité des agents et éducateurs spécialisés à accompagner les enfants en rupture avec leurs familles à renouer le contact avec les parents et à réintégrer le foyer familial.


Inspecteur d’éducation spécialisé de formation et directeur du centre d’éducation et de formation professionnel de Ouagadougou, communément appelé Centre d’appel d’urgence, Ganame Issaka lui a promis un suivi en éducation et une formation professionnelle aux enfants admis dans le centre . « Le centre a pour mission d’accueillir les enfants en situation de détresse de façon provisoire, pour une durée de six mois", a t-il déclaré. Le centre travaille surtout au retour des enfants dans leurs familles à travers un accompagnement adapté à chaque situation. "Quand l’enfant arrive, on le laisse s’exprimer, dire ses problèmes et ensuite, il y a des entretiens approfondis avec lui afin de mieux appréhender sa problématique et décider de sa prise en charge", a t-il détaillé.
En dehors des activités socio éducatives, le centre organise des jeux de cirque et des ateliers qui permettent de détecter des talents, ce qui facilite les orientations professionnelles qui seront proposées aux pensionnaires.

Frédéric Tianhoun
Kaceto.net