Les ministres burkinabè et ghanéen en charge du Transport étaient face à la presse ce jeudi 25 mars 2021 à Ouagadougou. Au centre des échanges entre Vincent Dabilgou, John Peter Amewu et la presse : l’état d’avancement du projet d’interconnexion ferroviaire entre le Ghana et Burkina Faso. Les deux ministres ont indiqué que le projet n’a pas été épargné par la furie de la Covid 19, mais avance quand-même.

L’interconnexion ferroviaire entre le Burkina Faso et le Ghana est sans doute l’un des projets les plus importants que le pays des Hommes intègres porte et sur lequel il compte pour donner un coup de fouet à son développement socio-économique. Ce projet devrait contribuer à désenclaver le pays qui n’a qu’une seule voie ferroviaire, celle qui la relie à la Côte d’Ivoire. C’est donc à juste raison que les populations burkinabè ont applaudi, en 2018 à l’annonce du projet d’interconnexion ferroviaire avec le Ghana, un pays avec lequel les relations commerciales sont des plus dynamiques. A son annonce, les autorités burkinabè et ghanéennes avaient annoncé le début effectif des travaux pour 2020. Mais, selon le Ministre en charge du Transport burkinabè, Vincent Dabilgou, cette échéance n’a pu être respectée en raison des difficultés d’ordre technique, politique et sanitaire. Cependant, il rassure que ces difficultés n’ont pas mis en lambeau le projet d’interconnexion ferroviaire. Au contraire, des efforts sont fournis afin qu’il voit le jour dans " le respect des règles de l’art ». Ainsi, à ce stade Vincent Dabilgou estime qu’au regard du travail et des différentes évaluations faits, le top départ des travaux de réalisation de l’interconnexion ferroviaire sera donné courant premier trimestre de l’année 2022.


Selon le ministre Dabilgou, ce sont 320 km de voie ferrée qui passeront par le Burkina Faso en desservant Ouagadougou – Kombissiri – Manga – Béguédo – Garango – Tenkodogo – Bagré Pôle – Zabré – Pô et se terminer au lien frontalier Dakola-Paga. Il a indiqué que les dispositions sont en train d’être prises pour que les travaux puissent rapidement démarrer et se poursuivre sereinement jusqu’à la finition. Un consortium de trois entreprises ont déjà été retenues suite à l’appel à manifestation d’intérêt pour le projet.
Sur le territoire ghanéen, ce sont en tout 720 km de voie ferrée qui devront être construits. La voie ferrée débutera par le port de Téma, longera la partie Est du pays et cheminera vers le port fluvial d’Akosombo pour desservir Ho et Yendi au Nord. La ligne rejoindra par la suite Tamalé pour emprunter la colonne vertébrale centrale et continuer jusqu’à Paga en passant par Walewale, Bolgatanga et Navrongo.
Le ministre ghanéen John Peter Amewu a néanmoins fait noter que 90 km sont en cours de construction sur le territoire ghanéen, entre le port de Tema et Akosombo. Ces travaux sont exécutés sur financement exclusif du Ghana.


Le projet d’interconnexion ferroviaire entre le Ghana et le Burkina Faso est long de 782 km. Sa construction devrait mobiliser environ 4,1 milliards d’euro. A terme, ce sont 2 à 3 millions de personnes qui pourraient utiliser annuellement ce chemin de fer, selon les études de faisabilité. Sept à 10 millions de tonnes de produit devraient également passer par ce chemin de fer chaque année. Il constituera le second chemin de fer reliant le Burkina Faso à un autre pays de la sous-région.

Cheick Traoré
Kaceto.net