Depuis le début de la pandémie de la Covid-19, nous voyons fleurir dans le langage courant des termes qui, il n’y a pas longtemps, étaient réservés au milieu scientifique et académique. Le terme « ARN » (pour Acide RiboNucléique) en fait partie.
Ce coir, je partage avec vous (voir les graphes associés) les « profils sémantiques de l’ARN » tel qu’ils se donnent à voir dans les titres des publications francophones en ligne (toutes sources confondues) à deux périodes discursives successives : 2018-2019 ET 2020-2021. Je vous épargne la cuisine interne pour vous servir le plat, un peu spécial.

Très rapidement, trois points d’observation me paraissent intéressants à relever :
• Sur la période 2018-2019 on peut noter une mise en scène médiatico-discursive (à bas bruit certes) d’un monde scientifique mobilisé autour d’une catégorie d’ARN : l’ « ARN non codant » (il y en a plusieurs types). Cet ARN (appelé aussi ARNnm pour « ARN non messager »), issu de la transcription de l’ADN, ne se traduit pas en protéine par les ribosomes. On note spécifiquement la référence à des types d’ARN tels : les ARN interférents, les ARN polymérases et les ARN régulateurs.


• En 2020-2021 nous plongeons dans un contexte marqué par la crise sanitaire mondiale de la Covid-19. Et là, intervient une innovation disruptive : dans ce contexte pandémique avec ses drames et ses angoisses va émerger l’espoir (confirmé aujourd’hui) d’un #vaccin anti-covid à base d’un type particulier d’ARN, jadis inconnu du grand public : l’ « ARN messager », un acide essentiel dans le transport du message génétique et la synthèse des protéines. Cet espoir va naître sous la houlette de trois laboratoires biotechnologiques devenus célèbres : les biotechs américaines « Pfizer » et « Moderna » et la biotech allemande « BioNTech ».
• Sur la même période 2020-2021, on peut voir que le Groupe pharmaceutique français « Sanofi » et l’Institut Pasteur sont évoqués, le plus souvent pour stigmatiser leur échec somme toute provisoire. Mais, c’est oublier que l’ « ARN messager », ce composant miracle des vaccins Pfizer/BioNTech et Moderna grâce auquel un espoir mondial renaît un an seulement après le début de la crise pandémique de la Covid-19, est une trouvaille... française vielle de 60 ans. En effet, en mai 1961 des chercheurs de l’Institut Pasteur, François GROS et François JACOB, publiaient les articles signant la naissance de ce qu’ils ont appelé l’ « ARN messager ».

Ces articles leur avaient valu d’ailleurs le Prix Nobel. Ils étaient loin d’imaginer que, 60 ans plus tard, ce fameux et désormais célèbre « ARN messager » qu’ils trouvaient d’ailleurs instable pourrait constituer des vaccins aussi précieux pour le monde entier. Le génie, la force et la chance des biotechs américaines et allemandes c’est d’avoir su se donner rapidement tous les moyens de développer des techniques de stabilisation de cette molécule pour en faire justement un « messager » efficace et sûr de production d’anticorps. Ainsi va le monde de la science et de l’innovation disruptive.
Je m’arrête là pour la lecture de ces « profils sémantiques de l’ARN » et de ce qu’ils disent de la révolution scientifique qui s’est opérée sous nos yeux à la faveur de cette pandémie qui nous a pris au cou.

Ousmane Sawadogo ;
Expert en Text Mining et Web Content Mining
Kaceto.net