L’accès à l’éducation en Afrique doit être au cœur de la coopération française. Or, le continent est loin d’être la priorité géographique de l’aide française à l’éducation.

C’est à l’université de Ouagadougou, au Burkina Faso, qu’Emmanuel Macron a choisi de présenter- le 28 novembre la politique africaine de la France. Un moment attendu qui doit être l’occasion pour la France de s’engager pour une aide publique au développement ambitieuse, destinée en priorité aux pays les plus pauvres et fragiles d’Afrique, et qui accorde une place significative à l’éducation. « L’Afrique n’est pas seulement le continent des migrations et des crises, c’est un continent d’avenir » avait affirmé le président français lors de son discours aux ambassadeurs en août dernier. Et pourtant, les aides des pays donateurs comme la France - dirigées vers le continent – restent largement insuffisantes, notamment dans l’éducation.
Les pays d’Afrique subsaharienne demeurent la priorité affichée de la France dans les discours sur le développement mais pas dans les budgets. En ce qui concerne l’éducation, l’objectif est loin d’être atteint. Depuis des années, l’aide française à l’éducation en direction de l’Afrique subsaharienne reste bien en deçà des besoins réels. En 2015, seulement un quart de l’aide bilatérale de la France à l’éducation[1] est allouée aux pays d’Afrique subsaharienne dont à peine 4% qui bénéficie à l’éducation primaire. A titre de comparaison, le Royaume-Uni consacre à l’éducation primaire en Afrique subsaharienne 30% de son aide à l’éducation. ( Source : Observatoire de l’aide française à l’éducation dans les pays en développement, Coalition Education)

Le discours d’aujourd’hui à Ouagadougou, sera l’occasion pour la France d’annoncer une politique d’aide au développement et à l’éducation à la hauteur des besoins en Afrique et d’insuffler une dynamique mobilisatrice auprès des autres pays pour un financement adéquat d’une éducation de qualité pour tous les enfants, jeunes et adultes.

Un engagement fort en faveur du Partenariat mondial pour l’éducation (PME) pourrait être un premier pas pour la France qui co-présidera la conférence de financement du PME, le 2 février 2018 avec le Sénégal. En tant que co-président, la France doit jouer un rôle prépondérant sur la scène internationale pour encourager les autres pays donateurs à s’engager financièrement pour le PME, et ainsi contribuer à l’ODD4-Education 2030. Cela représente une opportunité unique pour la France de rééquilibrer son aide à l’éducation afin de répondre aux besoins les plus importants.
L’Afrique d’aujourd’hui, ce sont 1,2 milliards de personnes, dont 64% âgés de moins de 25 ans. Une classe d’âge frappée par un chômage moyen de 60%. L’éducation inclusive [2] de qualité reste majoritairement inaccessible. Les inégalités d’accès à l’éducation y sont parmi les plus aigües au monde. Sur les 61 millions d’enfants non scolarisés en âge de fréquenter l’école primaire, 33 millions, soit plus de la moitié, vivent en Afrique subsaharienne (UNESCO). Une action majeure sur l’accès à l’éducation et la formation des jeunes filles et des jeunes garçons est une urgence.

La politique d’aide internationale de la France doit impérativement faire de l’éducation inclusive de qualité pour tou-te-s une priorité. C’est pourquoi la France doit être engagée dans une relation de coopération et de co-construction avec le continent africain afin de répondre de manière la plus appropriée aux besoins de développement et d’éducation de ces pays. Le discours de demain à Ouagadougou doit être une étape importante dans cette direction

Par les organisations membres de la Coalition Education

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