Alors que le président du CDP, Eddie Komboïgo a convoqué un congrès extraordinaire le 16 juin pour toiletter les textes du parti, une partie des cadres du parti demande à la justice d’interdire le rendez-vous de dimanche prochain. Ambiance !

Hier soir aux environs de 20 heures. Des cadres et militants du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) sortent du Palais de justice de Ouagadougou et se scindent en deux groupes. Le premier se dirige vers l’ancien siège de l’UEMOA pendant que le second traîne encore le pas devant le parvis du Palais.
Tous viennent d’assister à une longue audience qui aura duré près de 7 heures. Une partie des cadres du CDP, essentiellement proches de Kadré Désiré Ouédraogo ont intenté un procès en référé contre la tenue du congrès extraordinaire de leur parti prévu le 16 juin 2019 à la maison du peuple (http://kaceto.net/spip.php?article6692).
Parmi les auteurs du référé figurent, Rasmané Sawadogo, député de la province du Sanmatenga, également SG de section CDP de la province, l’animateur radio et des meetings du CDP, Paco Gnama Drabo, Sow Rokiata, celle-là qui s’était pointée au siège du CDP en février dernier pour payer les cotisations de Kadré Désiré Ouédraogo, sans succès, Mahamadi Laùmine Kouanda, figure de longue date la vie politique et bouillonnant cadre du CDP, Yvonique Somé et Saidou Touré.
Tous contestent la régularité de la procédure de convocation du congrès extraordinaire qui n’aura qu’un point à l’ordre du jour : réviser les statuts pour lever le verrou de la limitation du nombre de membres siégeant dans le Bureau politique national (BPN).
"Selon les statuts du parti, le BPN devait comporter 600 membres ; or il en compte près de 1100 actuellement", avait expliqué à Kaceto.net, un cadre proche du président Eddie Komboïgo.
Fin mai, une lettre du Fondateur est arrivée d’Abidjan invitant la direction à organiser le congrès pour se conformer aux statuts et dans la foulée, enclencher la procédure de désignation du candidat à la prochaine présidentielle.
Le président Eddie Komboïgo et son équipe ont donc entamé les démarches pour la tenue du congrès, ce qui n’est pas du goût de ses adversaires. Après avoir demandé au ministère de l’Administration territoriale d’interdire la tenue du congrès, sans succès, ils se tournent vers la justice en déniant au président Komboïgo la qualité et le pouvoir de convoquer le dit congrès. "Dans les statuts, le congrès peut être convoqué par le bureau politique national, le conseil national, le président d’honneur et le président du parti. Les deux instances ne fonctionnant pas et le président d’honneur ayant donné son accord politique, il n’y a aucune raison de dénier au président le droit de convoquer le congrès extraordinaire", explique un des protagonistes.
Devant le tribunal, les avocats des plaignants se sont appliqués à défendre l’illégalité de la convocation du rendez-vous du 16 juin et demande aux juges de nommer un administrateur provisoire pour gérer le parti, le temps que les instances soient mises à jour.
Une lecture des textes que contestent évidemment les avocats du camp d’Eddie Komboïgo. Selon eux, le président actuel qui a été élu pour la première fois à son poste depuis la création du CDP en 1996, jouit de toutes les compétences pour convoquer le congrès extraordinaire.
Le verdict a été mis en délibéré pour cet après-midi à 15 heures.
La décision est très attendue des deux camps. Si le congrès est annulé, les plaignants auront réussi un gros coup en déstabilisant la direction actuelle du parti. A contrario, un rejet de leur demande confortera le président Komboïgo et mettra ses contradicteurs sans une posture pour le moins inconfortable.
"Tout est prêt pour l’organisation du congrès extraordinaire. La salle est réservée ; les mesures de sécurité sont prises et les délégations qui ont déjà retiré leurs badges sont positionnés pour converger vers Ouaga. On est donc suspendu au verdict que les juges ont annoncé pour 15 heures", confie un militant.

Kaceto.net

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