Tandis que la police belge menait ce lundi une perquisition au Parlement européen, les principaux responsables de l’institution tenaient une conférence de presse pour s’exprimer sur le scandale

La police belge a mené ce lundi 12 décembre une perquisition au Parlement européen à Bruxelles, dans le cadre de l’enquête sur des soupçons de corruption pour influencer des décisions de cette institution de l’UE, a annoncé le parquet fédéral belge. Il s’agit de la vingtième perquisition en quatre jours en Belgique dans cette enquête impliquant le Qatar. La première qui cible directement des locaux du Parlement européen.

La vice-présidente grecque du Parlement Eva Kaili ainsi que trois autres personnes ont été écrouées dimanche par le juge bruxellois qui pilote les investigations. Cette enquête, ouverte il y a « plus de quatre mois », a connu un coup d’accélérateur vendredi avec l’interpellation de six suspects dans la capitale belge.

Deux ont été remis en liberté et quatre autres écrouées après leur inculpation pour « appartenance à une organisation criminelle, blanchiment d’argent et corruption ». Ces quatre suspects écroués comparaîtront mercredi devant la chambre du conseil de Bruxelles, chargée de statuer sur la prolongation de la détention provisoire.

En plus de celles menées en Belgique, des perquisitions ont également eu lieu dimanche en Italie, ainsi que deux arrestations : l’épouse et de la fille de Pier-Antonio Panzeri, ancien eurodéputé socialiste italien désormais à la tête d’une ONG à Bruxelles et qui compte parmi les suspects écroués.

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« Il n’y aura aucune impunité »
Dans le même temps, les responsables de l’institution tenaient une conférence de presse. « La démocratie européenne est attaquée », a affirmé lundi la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, exprimant « fureur, colère et tristesse » au sujet du scandale de corruption présumée, par le Qatar, d’une eurodéputée grecque.

« Il n’y aura aucune impunité […] rien ne sera mis sous le tapis », a-t-elle promis dans l’hémicycle de Strasbourg, en annonçant une « enquête interne » pour examiner tous les faits liés au Parlement européen et faire en sorte que l’institution se réforme. Mme Metsola s’est montrée très affectée, évoquant « des jours parmi les plus longs de sa carrière ».

Mais elle s’est dit convaincue que le Parlement européen sortirait plus fort de la crise. « Ces acteurs malveillants, liés à des pays tiers autocratiques, ont apparemment utilisé des ONG, des syndicats, des individus, des assistants et des députés européens comme des armes dans le but de soumettre nos processus. Leurs plans malveillants ont échoué », a-t-elle affirmé.
« Nos services, dont je suis incroyablement fière, travaillent avec les autorités judiciaires et policières nationales compétentes pour démanteler ce réseau criminel présumé », a-t-elle dit. La présidente du Parlement européen souhaite également mieux protéger les lanceurs d’alerte. « Nous protégerons ceux qui nous aident à dénoncer la criminalité et je m’emploierai à examiner nos systèmes de dénonciation pour voir comment ils peuvent être renforcés », a-t-elle déclaré.

Sud-Ouest