La direction régionale des droits humains et de la promotion civique des Cascades a lancé, le 24 octobre 2017 à Banfora, une série de conférences sur l’incivisme en milieu scolaire dans cinq communes de la région.

« L’incivisme en milieu scolaire : quelles solutions pour une année apaisée ? », c’est le thème du premier panel sur les trois développés aux élèves de Banfora, le 24 octobre 2017, après le lancement officiel de cette campagne par Aminata Sorgho, haut-commissaire de la province de la Comoé. C’est le directeur régional des droits humains et de la promotion civique des Cascades, Abdou Moumouni Ouédraogo qui, dans sa communication, a dépeint un tableau des remous socio-politiques au Burkina Faso. Ceux-ci sont selon lui, caractérisés, entre autres, par des atteintes aux biens publics et privés, la défiance de l’autorité de l’Etat, les attaques aux symboles de l’Etat, les manquements au code de la route, le refus de payer les impôts, la déliquescence des valeurs morales. Des faits qui sont à ses yeux, autant d’indicateurs qui renseignent sur la montée de l’incivisme au Burkina Faso. Cette crise de l’incivisme, a-t-il dit, semble trouver un terreau fertile en milieu scolaire. Après avoir clarifié les concepts de civisme, de citoyenneté et d’incivisme, M. Ouédraogo est arrivé à se convaincre que l’incivisme avait atteint un certain degré avant de s’introduire dans le milieu scolaire. Et avec le temps, a-t-il dit, il s’est répandu sur l’aire scolaire et se pose aujourd’hui avec beaucoup plus d’acuité. Pour lui, l’école apparait aujourd’hui comme « une zone de non droit où se côtoient les fraudes aux devoirs, aux examens et aux concours la violence et l’intolérance… ». Citant à la pelle les actes d’incivisme imputables aux scolaires, le présentateur a pointé du doigt la démission des parents dans l’éducation de leurs progénitures ainsi que les enseignants qui, selon lui, au lieu de « pallier l’incurie des parents dans la socialisation des jeunes confiés à leurs soins, s’érigent souvent en pourfendeurs du civisme ». L’Etat, à travers l’administration scolaire, les syndicats et autres OSC et la société entière, n’a pas été épargné par le réquisitoire de M. Ouédraogo. D’où l’urgence, a-t-il soutenu, de redonner au milieu scolaire « sa vocation formatrice du citoyen », et aux parents, d’assumer pleinement leur responsabilité. Hippolyte N. Ouédraogo, procureur du Faso près le Tribunal de grande instance de Banfora, a embouché la même trompette, en entretenant le public sur la liberté de manifester sur la voie publique, et les conditions d’exercice de ce droit. Tout comme son prédécesseur, le procureur a dit être témoin de la vague de manifestations sur la voie publique, dégénérant souvent en actes de défiance et de vandalisme. « Face à ce problème grandissant, il y a lieu de s’interroger si ces manifestations ont un fondement juridique et si oui, comment elles doivent se dérouler pour être en conformité avec la loi », a déclaré M. Ouédraogo.

Droits humains et VIH/Sida

Pendant près d’une heure, il a passé en revue la réglementation et les procédures en la matière. Ensuite, il s’est appesanti sur les cas de manifestations illicites, s’appuyant sur l’exemple le plus récent du Cadre d’expression démocratique (CED) de Pascal Zaïda, et les éventuelles sanctions encourues. A l’entendre, les organisateurs et instigateurs risquent gros, soit une peine d’emprisonnement de 1 à 3 ans et d’une amende de 500 000 à 1 000 000 F CFA, ou l’une de ces deux peines seulement, en cas de manifestation illicite. Les mêmes personnes encourent une peine d’emprisonnement de 3 à 5 ans avec une amende de 1 500 000 à 3 000 000 F CFA ou l’une de ces deux peines seulement, lorsque des actes de vandalisme sont commis et qu’ayant eu connaissance de ces actes, elles n’auront pas donné l’ordre de dislocation. D’autre part, les personnes qui ont volontairement participé à une manifestation illicite, encourent une peine d’emprisonnement de 6 mois à 1 an, et une amende de 100 000 à 500 000 F CFA, ou l’une de ces deux peines seulement. La peine est de 1 à 3 ans de prison et une amende de 100 000 à 1000 000 F CFA pour les personnes qui continueraient de participer activement à la manifestation en cas d’actes de vandalisme. C’est pourquoi, le procureur du Faso a mis en garde les élèves fauteurs de troubles à l’ordre public et contre les saccages de biens publics et privés. La dernière communication présentée par Bienvenu Zamané, chef d’antenne régionale du SP/CNLS-IST, a porté sur les « Jeunes et VIH, état des lieux et perspectives ». Il a mis en relief la situation épidémiologique du VIH et des IST dans le monde, au Burkina Faso et dans la région des Cascades, ainsi que les facteurs de vulnérabilité. En ce qui concerne la situation de la séroprévalence dans la région, les chiffres restent quelque peu alarmants, soit 1,2% de la population de 15 à 49 ans. Pour ce qui est de la « file active globale », elle est de 2 124 patients dont 1 492 sont sous ARV, soit 69,3%. Selon M. Zamané, la plupart des nouvelles infections sont enregistrées au sein de la frange jeune de la population, qui constitue l’un des groupes les plus vulnérables. C’est pourquoi, il a préconisé un renforcement des interventions à leur endroit, en créant des campagnes efficaces d’éducation et de prévention. En marge de cette série de conférences, est célébrée dans la région, la 2e édition de la Semaine scolaire d’éducation à la citoyenneté, lancée le 23 octobre 2017 au lycée municipal Fadouba Gnamia de Banfora durant laquelle, les élèves sont invités à faire preuve de citoyenneté à la maison, sur les routes, au sein des établissements scolaires et en classe.

AIB

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