Débutée le mardi 09 janvier 2018, la grève de 72 heures décidée par la Coordination nationale des syndicats de l’éducation s’est poursuivie hier sur l’ensemble du territoire. A Ouaga, le deuxième jour a été marqué par une marche suivie d’un meeting à la bourse du travail

La crise qui secoue le système éducatif burkinabè depuis un certain temps est loin d’être terminée. A l’appel de leur syndicat, ils sont nombreux les militants des structures de l’éducation à avoir pris d’assaut la Bourse du travail de Ouagadougou ce mercredi 10 janvier 2018. Partis de là, les manifestants ont arpenté quelques artères de la ville avant de revenir au lieu de départ pour écouter le message de leurs responsables. Pendant la marche, les militants de la Coordination nationale des syndicats de l’éducation (CNE) scandaient des slogans invitant le gouvernement à revaloriser le métier de l’enseignant. Wendyam Zongo, porte-parole de la CNE a rappelé que « cette manifestation est une insistance pour la satisfaction de notre plateforme revendicative afin qu’on quitte d’une éducation malade pour aller vers une éducation de qualité ». Il a égrené les différents points contenus dans leur plateforme revendicative dont la non satisfaction a plongé l’éducation burkinabè dans l’impasse. A l’en croire, il s’agit de « l’adoption d’un statut valorisant du personnel de l’éducation, l’amélioration de la qualité de l’éducation, l’amélioration de l’accès à l’éducation, l’amélioration des conditions de travail et la revalorisation de la fonction enseignante ».
Malgré la persistance de la crise qui laisse profiler une année blanche à l’horizon, les syndicats de l’éducation n’entendent pas reculer. A la question de savoir si les responsables syndicaux ne craignent pas une année blanche, Wendyam Zongo persiste et signe : « Une année blanche vaut mieux qu’une vie blanche. Nous n’allons pas reculé sans satisfaction. Les acteurs sont mobilisés dans les différentes régions ».

Dans son discours à la nation le 31 décembre 2017, le président du Faso avait indiqué que les préoccupations des syndicats ne seront plus traitées au cas par cas. Ce discours semble ne pas rencontrer l’assentiment des syndicats de l’éducation car disent-ils, « nous avons engagé notre lutte bien avant que le président du Faso ne se prononce, nous restons déterminés ».

Les responsables de la coordination nationale des syndicats de l’éducation ont rassuré leurs militants que les négociations se poursuivaient avec le gouvernement, mais qu’à l’étape actuelle, rien ne montre qu’ils obtiendront satisfaction. Et Wenyam Zongo d’appeler ses militants à rester mobilisés pour d’autres mots d’ordre de grève.
Le torchon continue donc de brûler entre le gouvernement et le monde syndical burkinabè. Après un premier trimestre sans évaluations, hypothèse d’une année blanche hante plus que jamais les esprits. Il est peut-être encore temps d’éviter le pire.

M’pempé Bernard HIEN
Kaceto.net

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1 Messages

  • De deux choses, l’une : soit les enseignants burkinabè sont si riches qu’ils peuvent tenir des semaines, voire des mois de grève, sans être payés ; soit le pouvoir burkinabè est si faible qu’il continue de payer des grévistes qui ne font pas leur travail ! Dans les deux cas, ce sont les élèves et leurs parents qui sont les dindons de la farce ! Les élèves parce qu’ils risquent de perdre une année. Les parents parce qu’ils se sont parfois endettés pour payer une scolarité qui servira à payer le salaire d’enseignants qui ne font pas leur boulot !... Avec Sankara, les choses se seraient passées autrement !


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