Suite à l’attaque terroriste sur la route Fada-Pama qui a causé la mort de sept (7) gendarmes et fait six (6) blessés, l’opposition burkinabè s’interroge sur la capacité et la volonté de l’exécutif "à bouter l’ennemi hors de nos frontières"

L’Opposition politique burkinabè a appris avec une grande consternation, qu’une attaque contre les forces de défense et de sécurité (FDS) sur l’axe Fada-Pama a fait le lundi 27 août 2018 sept morts et six blessés.
L’Opposition présente ses vives condoléances aux familles éplorées, ainsi qu’à la grande famille des militaires et paramilitaires. Elle souhaite un prompt et total rétablissement aux blessés.
Elle félicite nos FDS pour leur bravoure et leur sacrifice au service de la nation.
L’Opposition politique note avec tristesse que dans ce mois d’août, les attaques contre nos forces de défense et de sécurité se sont multipliées, endeuillant toute la nation.
Les Burkinabè espéraient que le pouvoir du MPP, tirant les leçons des attaques terroristes enregistrées depuis son avènement, avait suffisamment eu du temps pour dérouler une stratégie et déployer les moyens nécessaires permettant à nos braves soldats de contrer nos ennemis. Ils découvrent avec effarement que, malheureusement, les choses s’empirent. Alors qu’au début les attaques concernaient uniquement le nord, elles ont vite gagné l’Est et se propagent maintenant sur tout le territoire.
Que se passe-t-il ? Le gouvernement s’est il endormi sur ses lauriers ? A-t-il baissé la garde ? Que nous vaut ce regain de tension et l’étalage de ces nouvelles stratégies meurtrières mises au point par les terroristes et dont nos enfants payent le lourd prix ?
Comme toujours, l’opposition politique ne manquera pas de répondre présent au devoir d’union sacrée, que commande la situation. Mais le devoir d’unité nationale ne nous empêchera pas de poser les questions qui fâchent : le pouvoir du MPP est -il à la hauteur du combat que nous devons mener contre ces ennemis de la nation ?
Met- il tout en œuvre pour cela ? A-t-il pris la pleine mesure de la situation sécuritaire du pays et est -il pleinement conscient de l’enjeu ? Donne-t-il les moyens adéquats à nos FDS ? A-t-il bien réorganisé nos services de renseignement ? S’occupe-t-il comme il se doit du moral de nos troupes ?
Les Burkinabè se posent ces questions, et sont gagnés par le doute, eux qui assistent impuissants aux mêmes scènes pénibles d’enterrement suivis de décoration à titre posthume de jeunes à peine sortis de l’adolescence, arrachés brutalement à l’affection de leurs familles par la barbarie terroriste.
Notre armée a suffisamment saigné, et nos populations ont suffisamment été endeuillées. Au-delà des condamnations verbales et des pleurnicheries officielles, les Burkinabè attendent du Président du Faso, Chef suprême des armées, et de son gouvernement, un véritable sursaut d’orgueil, et des actes concrets, qui démontrent leur volonté et leur capacité à bouter l’ennemi hors de nos frontières.
Les Burkinabè peuvent compter sur l’Opposition politique, pour continuer d’interpeller vigoureusement le gouvernement sur cette question de la sécurité nationale, car il est plus qu’urgent d’arrêter l’hémorragie et la remise en cause de notre intégrité territoriale.

Ouagadougou, le 28 août 2018

Le Chef de file de l’Opposition
Zéphirin DIABRE

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