La nouvelle mesure, qui devrait entrer en vigueur au premier trimestre 2023, vise à stopper la baisse des réserves de change et la dépréciation de la monnaie nationale.

Le Ghana envisage de payer ses achats de produits pétroliers raffinés en lingots d’or plutôt qu’en dollar américain, afin de lutter contre la détérioration de ses réserves de change, a annoncé le vice-président ghanéen, Mahamudu Bawumia, jeudi 24 novembre.

« Le gouvernement prépare une nouvelle politique dans le cadre de laquelle notre or plutôt que nos réserves en dollar américain sera utilisé pour acheter des produits pétroliers », a-t-il écrit sur sa page Facebook officielle.

M. Bawumia a également annoncé que ce nouveau moyen de paiement devrait permettre de réduire la dépréciation du cedi ghanéen et les poussées inflationnistes. « Le troc de l’or extrait durablement contre du pétrole est l’un des changements de politique économique les plus importants au Ghana depuis l’indépendance. Si nous le mettons en œuvre comme prévu, cela va fondamentalement changer notre balance des paiements et réduira considérablement la dépréciation persistante de notre monnaie ainsi que les augmentations associées des prix du carburant, de l’électricité, de l’eau, des transports et d’autres produits », a-t-il souligné.

Les réserves de change du Ghana s’élevaient à environ 6,6 milliards $ à fin septembre 2022, soit un niveau qui couvre moins de trois mois d’importation. Fin 2021, ces réserves étaient de l’ordre de 9,7 milliards de dollars.

Le Ghana, qui produit du pétrole brut, importe la totalité de ses besoins en produits pétroliers raffinés depuis la fermeture de son unique raffinerie en 2017 suite à l’explosion d’une unité de distillation.

L’annonce relative à l’utilisation de l’or pour payer les importations des produits pétroliers intervient alors que le gouvernement ghanéen a annoncé des mesures visant à réduire les dépenses publiques et à augmenter les revenus dans le but d’atténuer la crise de la dette qui frappe le pays.

Le Ghana avait entamé en juillet dernier des négociations avec le Fonds monétaire international (FMI) en vue d’obtenir un soutien financier destiné à remettre à flot les finances publiques du pays. L’institution financière multilatérale avait cependant estimé que la dette du Ghana, qui s’élève à 393,4 milliards de cedis (38 milliards $), n’était pas viable, et a invité les autorités à procéder à une restructuration de cette dette pour bénéficier d’un programme d’aide.

Agence ECOFIN