Demain 23 avril, les citoyens français sont invités aux urnes pour élire le successeur de François Hollande, contraint par son propre camp à renoncer à un deuxième mandat.
Onze candidats briguent la magistrature suprême et rêvent de signer un bail de cinq ans à l’Elysée, siège de la présidence. Il s’agit par ordre alphabétique, de Nathalie Arthaud,candidate de Lutte ouvrière, un parti politique d’extrême gauche, partisan de la lutte des classes et hostile au libéralisme économique ; François Asselineau, inspecteur des finances et candidat de l’Union populaire républicaine ; Jacques Cheminade, porte-drapeau du parti Solidarité et progrès ; Nicolas Dupont-Aignan, candidat de Debout la France, il se réclame gaulliste ; François Fillon, qui défend les couleurs de la formation Les Républicains. Sorti vainqueur des primaires de la droite et du Centre, sa campagne a été polluée par ce qu’on a qualifié de "Peneloppegate", du nom de son épouse, suspectée d’avoir touché de l’argent public sans avoir travaillé. François Fillon figure malgré tout parmi les favoris du scrutin de demain. Victorieux inattendu des primaires du Parti socialiste et des Ecologistes, Benoit Hamon n’a pas réellement bénéficié du soutien franc et sincère des barons du parti socialiste. Beaucoup lui font sans doute payer la fronde qu’il a menée contre la politique de François Hollande, allant jusqu’à refuser de siéger dans le gouvernement dirigé par Manuel Vals. Comme en 2002, le candidat du PS risque de ne pas franchir le premier tour, ce qui serait une vraie claque et représenterait un sérieux danger quant à l’avenir de cette formation politique française dont le candidat avait été élu pour la première fois en 1981, un certain François Mitterrand.
Autres prétendants à la présidence, Jean Lassalle, leader d’une minuscule formation politique dénommée "Résistons !" ; ses chances de se qualifier au second tour sont quasiment nulles ; Marine Le Pen, présidente du Front national, un parti ouvertement xénophobe, elle milite pour la sortie de la France de l’Union européenne, le retour au franc français, le rétablissement des frontières et l’expulsion massive des étrangers. Obsédée par ce qu’elle appelle la menace "immigrationniste" qui risque selon elle, de modifier le visage de la France dans les décennies à venir parce que les Françaises ne font pas assez d’enfants-comprendre les Françaises blanches-,elle compte mettre en place une politique nataliste qui préserverait l’identité française.
La stratégie de dédiabolisation du Front qu’elle a entreprise en succédant à son père semble avoir réussi. Les thèmes du Front national occupent en permanence le devant du débat public et comme en 2002 quand, à la surprise générale, son père, Jean-Marie Le Pen s’était qualifié pour le second tour, elle pourrait bien, cette année se hisser, sans surprise cette fois-ci, parmi les deux finalistes du deuxième tour.
L’autre favori du scrutin de demain s’appelle Emmanuel Macron, 39 ans, ancien banquier et ancien ministre de l’Economie et des finances. Le mouvement, "En Marche"qui le soutient a été créé en avril 2016 et a rapidement rallié de nombreuses personnalités politiques et des affaires. Ses détracteurs voient en lui le défenseur des places boursières et financières. Pas encarté socialiste même s’il a été ministre du président Hollande, il prône un assouplissement des lois du travail et une libéralisation plus poussée de l’économie française. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, c’est lui qui bénéficient du soutien de nombreux leaders du Parti socialiste, dont Manuel Vals, Jean-Yves Le Drian, Gérard Colomb maire de Lyon, etc. Emmanuel Macron est en passe de réussir un hold-up politique, ce qui serait un désaveu cinglant des professionnels politique qui dirigent la France depuis des décennies.
Jean-Luc Mélenchon défend les couleurs de "La France insoumise", un mouvement qui récuse les élites, pourfend le libéralisme, l’Organisation mondiale du commerce, l’Europe libérale et des places boursières et qui prône une économie sociale où chaque Français serait protégée contre les incertitudes de la vie. Grand orateur, Jean-Luc Mélenchon a été incontestablement, le grand animateur de cette campagne et ses chances de se qualifier pour un second tour ne sont pas minces.
Enfin, Philippe Poutou du "Nouveau Parti anticapitaliste", candidat pour la deuxième fois après un échec en 2012 (1,15% des voix), il incarne le visage du militantisme ouvrier, résolument hostile au capitalisme.
La campagne électorale a pris fin hier soir, mais celle officieuse est lancée et dans les sièges de campagne des candidats, la mobilisation va s’intensifier.
Les derniers sondages placent Emmanuel Macron, Marine Le Pen, François Fillon, Jean-Luc Mélenchon en tête ; mais les électeurs français pourraient bien les déjouer comme cela est arrivé récemment avec l’élection de Donal Trump aux Etats-Unis et le oui à la sortie de l’Angleterre de l’Europe.
Dans l’hypothèse où la fille de Jean-Marie Le Pen se qualifierait au second tour, va t-on assister, comme en 2002, à un Front républicain contre "le racisme, la xénophobie ?" Rien n’est moins sûr, tant la lepénisation des esprits en France s’est banalisée et libéré la parole raciste et xénophobe.
Demain soir, sous le coup de 18h TU, on saura le message que les Français vont lancer au monde entier. Passé coloniale oblige, beaucoup d’Africains, à commencer par leurs dirigeants, suivent cette élection. Avec moins d’intérêts que par le passé.

Joachim Vokouma
Kaceto.net

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