L’alliance nationale des jeunes pour la communication sur le changement social (ANJ-CCS) avec l’appui financier et technique de "The girl generation’’ et en partenariat avec l’association RAMA, ont présenté vendredi 22 juin à Ouagadougou un nouveau concept de communication pour le changement social sur l’abandon des mutilations génitales féminines(MGF) avec les élèves et étudiants. C’était à la faveur d’une cérémonie à laquelle ont assisté des artistes comme Smarty, Greg et Owena, tous ambassadeurs du projet.

Au Burkina Faso l’excision est condamnée par la loi. Malgré les nombreuses campagnes de sensibilisation sur les conséquences de cette pratique et les condamnations à des peines de prison prononcées contre les auteures de cette partique, le phénomène existe toujours bel et bien dans nos sociétés. Les chiffres ne disent pas le contraire. L’enquête démographique de la santé (EDS) IV de 2010 révèle que 76% de femmes de 15 à 49 ans sont touchées par les MGF, de même que 13% des filles de 0 à 14 ans, 14,2% des filles de 5 à 9 ans, et 4,7% des filles de moins de 5 ans. C’est fort de ce constat amère et dans l’objectif de participer à la lutte efficace contre cette pratique que l’Alliance nationale des jeunes pour la communication sur le changement social(ANJ-CCS) avec l’appui technique et financier de "The girl generation" ont initié ce programme de sensibilisation. Selon Isidore Sinkondo, membre fondateur de l’ANJ-CCS, l’objetcif est de contribuer à mettre fin aux mutilations génitales féminines au Burkina Faso à travers des activités de communication. D’une manière spécifique, il s’agira de mettre en place un outil de sensibilisation moderne sur les MGF à travers un nouveau concept de communication pour le changement social sur les MGF ; sensibiliser les adolescent(e)s et jeunes de 10 à 24 sur la question des MGF au Burkina Faso ; susciter l’adhésion des adolescents et jeunes au concept pour un changement inclusif face à la lutte contre les MGF au Burkina Faso. « Ce programme est une façon à nous d’apporter notre pierre à ce mouvement global de lutte contre les mutilations génitales féminines", ajoute t-il. D’où ce concept, « plus de lame, plus d’excision », que l’ANJ-CCS compte mettre en place avec le soutien d’artistes. "Nous ne voulons plus de lame, et donc plus d’excision. Il faut que nos mamans arrêtent de s’adonner à cette pratique. Nous souhaitons que la nouvelle génération de filles soit des filles épanouies, des filles qui vont jouirent de tout ce qui est droit, de leur sexualité totale », explique Sinkondo.

Le concept va se décliner avec quatre titres de quatre artistes de renommée du Burkina que sont Smarty, Dicko fils, Greg et Owena, lesquels vont sensibiliser les populations à travers leurs chansons en langue dioula, mooré, en peule et en français pour dire non à l’excision.
L’artiste Smarty, ex membre du groupe Yeleen dont l’un des titres « Sentier de la tragédie » condamnait déjà cette pratique, dit vouloir soutenir cette lutte corps et âme afin de mettre fin à ce fléau en accompagnant le projet "à travers nos voix pour faire passer le message aux populations", conscient tout de même qu’on "s’attaque à un domaine qui est un terrain assez glissant parce qu’on va parler à des aînées, des gens qui ont peut être l’âge de nos parents ou nos grands-parents".

Frédéric Tianhoun
Kaceto.net

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