Demain 3 août, les neuf conseillers qui composent le conseil supérieur de la communication prêteront serment devant le conseil constitutionnel, en attendant la passation des charges entre le président sortant, Désiré Komboïgo et le président entrant, Mathias Tankoano prévu le 9 août.
L’arrivée de la nouvelle équipe, qui devrait enfin mettre un terme à la crise qui mine l’institution chargée de réguler le secteur de la communication suscite pourtant des mécontentements, comme le monte le texte ci-contre, signés par deux structures représentants les professionnels de la communication

Le vendredi 3 août 2018, le Conseil supérieur de la communication (CSC) aura à sa tête une nouvelle équipe composée d’un collège de 9 conseillers. Monsieur Soahanla Mathias TANKOANO, avocat, ancien magistrat, conseiller spécial du Président du Faso et accessoirement membre désigné par l’Assemblée nationale, a été porté à la tête de l’institution le 20 juillet 2018 après 2 jours de tractations. Il est bon de faire remarquer que la désignation de cette équipe n’a pas respecté les règles en la matière. Elle a plutôt suivi un processus plus ou moins clandestin. Cela vient une fois de plus confirmer l’ingérence persistantedupolitique dans la gestion du CSC et son immixtion dans les médias, dénoncées à maintes reprises par l’Association des Journalistes du Burkina (AJB) et le Syndicat Autonome des Travailleurs de l’Information et de la Culture (SYNATIC). En effet, l’article 17 de la loi organique n°004-2018/AN portant modification de la loi organique n°015-2013/AN du 14 mai 2013 portant attributions, composition, organisation et fonctionnement du Conseil Supérieur de la Communication stipule que : « Le Conseil supérieur de la communication est composé de neuf membres permanents nommés par décret pris en Conseil des ministres ainsi qu’il suit : – trois membres désignés par le Président du Faso dont au moins un juriste et un journaliste ou un spécialiste de la communication ; – deux membres désignés par le Président de l’Assemblée nationale dont au moins un journaliste ou un spécialiste de la communication ; – un membre désigné par le Président du Conseil constitutionnel ; – trois membres désignés par les associations professionnelles représentatives des médias dont un de la presse écrite ou en ligne, un de l’audiovisuel et un du secteur de la publicité ». Contre toute attente, la présente équipe a été désignée à l’exclusion du plus grand nombre des organisations professionnelles des médias. Pire, le Président du Faso, après avoir proposé ses trois (3) représentants, s’est octroyé le droit de désigner les organisations professionnelles des médias devant siéger au collège des conseillers. Pourtant, l’alinéa 4 affirme bien : « trois membres désignés par les associations professionnelles représentatives des médias dont un de la presse écrite ou en ligne, un de l’audiovisuel et un du secteur de la publicité ». Il appartient donc aux organisations professionnelles de médias de désigner leurs membres et non à une quelconque autorité de les désigner à leur place. Chose qui entache l’indépendance et la crédibilité de l’institution. Cette pratique qui consiste à exclure les acteurs et de passer aux forceps, est un sport favori des « nouvelles têtes couronnées » de notre pays. On se rappelle également l’exclusion d’un grand nombre d’organisations professionnelles des médias lors de la relecture des textes portant régime juridique du CSC le 22 mars 2018. L’AJB et le SYNATIC s’offusquent d’une telle exclusion des organisations professionnelles les plus représentatives des journalistes après la gestion chaotique du collège précédent. Depuis la création du CSC en 1995, nos deux (2) structures se sont toujours investies en vue de bâtir une institution solide. Cependant, force est de constater que les hommes politiques multiplient les manœuvres en vue d’accaparer l’institution à des fins manipulatrices. Et en la matière, le parti au pouvoir, le Mouvement du Peuple pour le Progrès (MPP) suit les traces de ses prédécesseurs. Pour le présent collège, il nous revient que c’est le consensus noué à Kosyam qui a prévalu dans le choix du président du CSC sur le droit qu’ont les conseillers de choisir en leur âme et conscience le président de l’institution. Au regard de tout ce qui précède, l’AJB et le SYNATIC prennent à témoin l’opinion nationale et internationale qu’ils n’ont été, à aucun moment, associés ni au processus de relecture des textes ni à la désignation des membres du présent collège. Nos structures ont toujours œuvré pour une dépolitisation du CSC, son indépendance et sa crédibilité. Il est impératif que ces soucis soient partagés par tous pour un CSC au service de la démocratie. C’est pourquoi l’AJB et le SYNATIC, tout en dénonçant la politisation du CSC et le principe d’exclusion dans la désignation des conseillers : appellent à la relecture consensuelle des textes en vue de donner aux organisations professionnelles des médias la place qui leur revient de droit dans le collège des conseillers ; appellent à rompre avec les anciennes pratiques en confiant la présidence du collège des conseillers à une personnalité indépendante et dont les qualités professionnelles sont reconnues ; plaident pour un processus inclusif pour tout ce qui concerne le CSC.

Ouagadougou, le 1er août 2018

Pour l’AJB,
Le Secrétaire Général
Guézouma SANOGO ; Chevalier de l’Ordre National

Pour le SYNATIC
Le Secrétaire Général
Siriki DRAME

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