Coordonnateur de la Coordination nationale syndicale de l’éducation (CNSE), Bonaventure Bélem explique les points sur lesquels achoppent les discussions avec le gouvernement

Combien de temps va durer le mot d’ordre de boycott de la fin de l’année scolaire ?

Le mot d’ordre durera le temps que mettra le gouvernement pour que tous les travailleurs de l’éducation nationale et de la recherche reçoivent leur bonification d’échelon, la fin du mois de mai de préférence. Car, c’est seulement 12% d’entre eux qui en ont déjà reçu fin mars 2019.
Il y a aussi la question indemnités qui pose problème, et sur ce point, nous exigeons que tous les travailleurs aient des indemnités spécifiques harmoniées de logement aussi bien pour l’année 2018 que pour l’année 2019. Il vous souviendra que lorsque nous avons signé le protocole d’accord en janvier 2018, il était prévu une progressivité dans le versement des indemnités que nous avons acceptée, sachant qu’un premier versement devait être fait en 2018 et l’autre en 2019. Nous disons aujourd’hui que tout être fait au plus tard à la fin de ce mois de mai 2019.
Il y a aussi la question des monitrices des garderies populaires sur laquelle le gouvernement tient un argumentaire qui ne tient pas la route. Fin mai également, nous ne voulons plus que la question reste toujours en suspens.
Pour rappel, le personnel des centres d’éveil et d’éducation pré-scolaire a été recruté sous la révolution en 1985, mais n’a pas de statut clair. Il n’est payé ni sur le budget de l’Etat, ni sur celui d’une collectivité territoriale précise ; du coup, on se retrouve avec de braves dames qui sont payées en numéraires sur la base de cotisations des parents d’élèves alors qu’elles ont été recrutées sur instruction gouvernementale !

Sur le statut valorisant de l’enseignant, qu’est-ce qui coince dans les négociations ?

Nous avons dit au gouvernement que sans être d’accord sur la nomenclature d’emplois qu’il propose, nous étions néanmoins disposés à aller à l’écriture de ce statut tout en émettant nos réserves de façon expresse. Car, notre ambition est de mettre en place un statut qui place les travailleurs dans un certain confort et aboutir à une trêve sociale dans le secteur de l’éducation pendant un certain temps. Le gouvernement a fait savoir qu’il n’était pas disposé à faire des concessions sur certains points ; comme par exemple, sur l’encadrement pédagogique au niveau du primaire et du pré-scolaire.
Pour nous, il est nécessaire qu’il y ait deux niveaux d’encadrement : un corps de conseillers pédagogiques aussi bien au pré-scolaire et le primaire et des inspecteurs pour le primaire et le pré-scolaire. L’avantage de cette formule est qu’elle renforce l’encadrement pédagogique et si nous sommes d’accord qu’il y a une baisse de niveau d’ensemble, nous l’expliquons par le manque d’encadrement des enseignants dans les classes. La formule que nous proposons permet de notre point de vue d’améliorer le niveau d’encadrement pédagogique. Pour le gouvernement, c’est un doublon, donc pas nécessaire. Sans être donc d’accord avec le gouvernement, nous étions disposés à aller à l’écriture du statut en exigeant des préalables et c’est là-dessus que nous sommes depuis le 23 avril.

Le contenu du kit pédagogique ne fait pas non plus consensus…

C’est exact ! Dans l’accord signé avec le gouvernement, il est clairement dit que le gouvernement mettra en place un comité qui définira le contenu du kit pédagogique au plus tard en mars 2018 ; mais le comité n’a été mis en place qu’en mars 2019 et est composé de représentants de la coordination et ceux du gouvernement.
Quand les débats ont commencé, le gouvernement a donné l’impression de de dédire sur un certain nombre de points.
Pour nous, le kit pédagogique est un mécanisme de renforcement permanent des travailleurs ; en tant qu’enseignants, ils doivent être en phase avec les savoirs actualisés et pour cela, nous avons demandé une dotation annuelle en ouvrages pédagogiques et divers pour permettre aux éducateurs d’offrir une éducation de qualité. Le gouvernement voit les choses différemment et considère que la dotation devait être faite une fois au cours de la carrière l’enseignant selon les niveaux. Il y a donc là une remise en cause du protocole d’accord parce que nous pensons à des ouvrages d’un certain niveau et non des guides pédagogiques qui sont d’ailleurs disponibles en quantité et que le gouvernement veut servir en guise de mise en œuvre de ses engagements. Nous disons non et il faut qu’on soit d’accord sur ce point.

Propos recueillis par Joachim Vokouma
Kaceto.net

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