Par un matin pluvieux peu avant la Journée mondiale de l’aide humanitaire, célébrée tous les ans le 19 août, des villageois se sont réunis dans les faubourgs de Jimma, dans l’ouest de l’Ethiopie, pour rendre hommage à un médecin chinois inhumé là voici plus de 40 ans.

Ce médecin, Mei Gengnian, avait dirigé la première équipe médicale chinoise arrivée en 1974 en Ethiopie. Au service des habitants de Jimma, il devait mourir tragiquement dans un accident de la route en 1975.

Depuis, les habitants locaux n’ont cessé de penser à lui, nettoyant chaque année sa tombe, et cet héritage vivant est largement considéré comme la manifestation éclatante d’une coopération sino-éthiopienne largement célébrée en matière de santé.

De 1963 à 2018, environ 220 millions de patients dans 48 pays africains ont été soignés par des médecins chinois, selon la Commission nationale de la santé chinoise. A l’heure actuelle, 983 médecins chinois dispensent des soins gratuits dans 45 pays du continent.

Un héritage durable

Woldie Idris, qui avait une trentaine d’années lors du volontariat du Dr Mei, se souvient de la foule nombreuse venue assister à ses obsèques.

"Sa mort a été un moment terrible pour toute la population de Jimma et des environs", a-t-il confié à Xinhua. "Des milliers de gens, jeunes comme vieux, étaient très chagrinés lors des obsèques".

Les contributions du Dr Mei sont toujours très appréciées par les habitants locaux, l’ancienne génération transmettant le flambeau du souvenir.

Zewdie Haile, une résidente bien connue du hameau vallonné de China Tomb Village, fait partie de la deuxième génération de protecteurs de la sépulture du Dr Mei.

Elle n’avait que trois ans quand le Dr Mei est mort. Elle a hérité de son père, un chef traditionnel respecté dans cette région boisée, de la tâche de veiller sur cette sépulture.

Quarante-quatre ans plus tard, on se souvient encore de Mei Gengnian, non seulement pour son sacerdoce, mais aussi pour l’héritage qu’il laisse derrière avec la poursuite de la bienveillance chinoise dans ce pays d’Afrique de l’Est, assure Mme Haile.

Mintesenot Minale est l’un des bénéficiaires de la bourse Mei Gengnian, accordée par la fondation portant son nom aux étudiants en médecine de l’Université de Jimma.

Cette fondation "est une très bonne opportunité pour des étudiants comme moi", assure Mintesenot Minale. "Avec ces nouvelles opportunités offertes par le gouvernement chinois, nous pouvons développer notre potentiel et nous améliorer".

"Inspiré par l’héritage du Dr Mei, de nombreux Chinois viennent souvent ici et apportent leur aide à toute la communauté", raconte à Xinhua, Marcon Bashaye, professeur de sociologie à l’université locale.

En avril 2018, une nouvelle route a été construite entre Jimma et le petit hameau de China Tomb Village par la China Communications Construction Company Ltd. avec des fonds chinois.

Portant le nom du Dr Mei, la nouvelle route est "un véritable témoignage des relations d’amitié historiques entre l’Ethiopie et la Chine", avait lancé Tan Jian, l’ambassadeur de Chine en Ethiopie, lors de son inauguration. Il avait ajouté que son pays renforcerait sa coopération avec l’Ethiopie, laquelle souhaite devenir un pays à revenu intermédiaire d’ici 2025.

D’une génération à l’autre

Le Dr Mei a fait partie de ces milliers de médecins chinois qui ont œuvré à l’amélioration de la santé publique sur le continent africain.

En 56 ans, plus de 21.000 personnels de santé chinois comme lui ont été envoyés en Afrique. Appuyant les programmes locaux, ils ont aidé à améliorer l’état de santé du continent.

Certaines familles chinoises apportent une aide médicale en Afrique depuis trois générations. La famille de Lin Xiaojun est l’une d’elles.

En mission pour un an, il appartient à la 29e équipe médicale chinoise envoyée dans l’archipel semi-autonome de Zanzibar, en Tanzanie. Bien que ce soit la première fois qu’il se rende à Zanzibar, l’île et ses habitants ne sont pas complètement nouveaux pour lui.

"Travailler à Zanzibar au sein de l’équipe médicale est une sorte de tradition familiale", confie le Dr Lin, arrivé à Zanzibar début juillet.

"Ma belle-mère, Zhou Xiaoyu, est venue travailler à Zanzibar en 1997 pour une mission de deux ans. Son oncle, Zhou Zhiyao, s’y est rendu à deux reprises en 1964 et 1977 avec l’équipe médicale chinoise", explique-t-il.

Pour lui, Zanzibar n’est pas seulement une île, mais là où résident les souvenirs de deux générations familiales.

Développement de compétences

Les équipes médicales chinoises travaillent étroitement avec les médecins locaux et transmettent leurs expertise et compétences, salue Haji Mwita Haji, ancien chef de l’Hôpital Mnazi Mmoja de Zanzibar, à propos du travail du Dr Lin et de ses collègues.

"A chaque fois que nous rencontrons des problèmes et demandons leur aide, les médecins chinois ne refusent jamais. Ils travaillent 24 heures sur 24 pour aider notre peuple", se félicite-t-il.

Au cours de sa mission l’an dernier à Conakry, la capitale guinéenne, Zhang Lei, une obstétricienne de Beijing, était énormément préoccupée par les mauvaises conditions de soins maternité et d’accouchement dans les communautés locales.

En plus de fournir des services cliniques, elle a mené une évaluation complète et aidé les hôpitaux locaux à déterminer ce dont ils avaient besoin pour améliorer les soins maternité et la sécurité des accouchements.

"A l’avenir, nous espérons aider la Guinée à former davantage de gynécologues et d’obstétriciens afin que tous les bébés puissent naître en toute sécurité et grandir en bonne santé", confie la Dr Zhang.

Les équipes chinoises apportent également des technologies médicales avancées aux pays africains, fournissant aux patients une gamme de services plus vastes tels que la phacoémulsification (technique d’extraction dans l’opération de la cataracte) et des chirurgies cardiaques très peu invasives.

"Je peux maintenant effectuer des tests cliniques approfondis et des analyses de tout type grâce à la formation que j’ai acquise auprès de l’équipe médicale chinoise", se réjouit Moses Senesie, technicien de laboratoire à l’Hôpital de l’amitié sino-sierra-léonaise à Jui (côte ouest). Le laboratoire est maintenant bien équipé pour détecter toute maladie virale, dont Ebola.

"La Chine a contribué de manière significative aux efforts de lutte contre l’épidémie d’Ebola en Afrique et au développement du CDC (Centre africain de contrôle et de prévention des maladies)", note John Nkengasong, directeur de cette jeune institution.

Le CDC Afrique, lancé officiellement en janvier 2017 au siège de l’Union africaine (UA) à Addis-Abeba en Ethiopie, a soutenu au moins neuf pays membres de l’UA dans leurs efforts de combattre le fléau du virus Ebola.

En 2014, quand ce virus a causé des ravages en Afrique de l’Ouest, la Chine a envoyé quelque 1.200 personnels de santé et experts en maladies transmissibles en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone pour aider à surmonter la crise.

En 2018, quelque 280 millions de patients dans 71 pays, dont 48 en Afrique, ont été soignés par 26.000 personnels de santé chinois. Parmi ces derniers, 51 ont consacré leur vie en service.

"Le peuple africain est ami avec le peuple chinois", assure la Dr Zhang. "Nous sommes prêts à aider à promouvoir la santé de nos amis africains, ainsi que les compétences de nos collègues africains, afin de contribuer à ce que l’amitié sino-africaine dure pour toujours".

Agence de presse Xinhua

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