Du 26 au 28 mars 2021, s’est tenue dans le Pavillon Soleil Levant du Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO), la première édition du Salon international de la climatisation et la réfrigération de Ouagadougou (SICRO). Une première dans notre pays et sur le continent africain organisée par l’Association des professionnels et froid et la climatisation (APFC).
Dans l’interview qu’il a accordée à KACETO.NET, le président de l’Association, Elie Ouédraogo fait le bilan de cette activité et lève un coin du voile sur les ambitions du SICRO

Quel bilan pouvez -vous faire de la première édition du Salon international de la climatisation et la réfrigération de Ouagadougou (SICRO) deux mois après la tenue de la première édition ?

Le salon figure dans le plan d’actions de l’APFC et nous sommes fiers de l’avoir fait avec la mobilisation de tous. Le bilan est très satisfaisant parce qu’au plan financier, tous les fournisseurs et prestataires ont été payés. Nous avons pu honorer toutes nos factures, ce qui est un vrai motif de fierté. Certes, nous n’avons pas gagné de l’argent, mais l’essentiel pour nous était de mettre en vedette le froid et tout ce qui concours à sa fabrication. Et on peut dire que le secteur du froid a été promu par ce salon car les grandes marques étaient présentes et après le SICRO elles ont envahi les grandes artères de la capitale pour faire la promotion de leurs produits. Les techniciens bénéficient aussi des retombées du Salon parce qu’ils ont actuellement beaucoup de travaux à exécuter et l’intérêt de la population pour le matériel du froid a été aussi constaté.
Très franchement, nos objectifs ont été atteints parce que beaucoup ne pensaient pas qu’on allait y arriver surtout que la décision d’organiser le SICRO a été prise au mois de janvier, donc en moins de trois mois. Sans oublier le COVID-19 qui continue de perturber beaucoup d’activités socio-économiques.
Au final, tout le monde est content et lorsque nous avons fait un sondage auprès des participants, une très large majorité s’est dégagée pour suggérer que le salon soit organisé tous les six (6) mois ! Ce qui, à l’évidence, n’est pas possible. En revanche, une périodicité annuelle nous semble raisonnable et pourrait tenir la route.
En résumé, toutes les activités qui étaient programmées au SICRO ont été exécutées sauf le diner de gala. Petit bémol, il nous a manqué de moyens pour dérouler notre plan de communication en intégralité et nous espérons que ce sera corrigé la prochaine fois.



Pour la première édition, le SICRO a acquis toute suite une dimension internationale...

C’est exact ! Nous accueilli des pays étrangers comme l’Italie, le Rwanda, le Togo, le Mali, du Bénin et nous espérons en accueillir plus pour la 2è édition. Leur présence est la preuve que le SICRO a été pris au sérieux dès la première édition.
Ce qui nous réconforte et nous encourage, c’est d’avoir constaté que les clients ont eu des informations sur des produits directement auprès des marques et non par le biais des vendeurs. Quant aux techniciens, ils ont pu échanger directement avec les maisons mères et ont tissé des relations qui leur permettront de mieux satisfaire les demandes des clients. Je n’oublie pas bien entendu les produits bios qui étaient exposés par des femmes réunies en associations ou en groupements. Enfin, nous nous sommes réjouis de la présence des élèves et stagiaires qui ont pu avoir des contacts avec les différentes maisons et les professionnels du froid et de la climatisation.

Des panels avaient été programmés lors du Salon. Sur quoi portaient-ils ?

Oui, il y avait effectivement des panels qui ont réuni les différents acteurs du froid et de la climatisation, les pouvoirs publics, les étudiants et les fournisseurs. Les débats ont porté sur l’importance du froid dans la conservation des denrées alimentaires, les avantages et les inconvénients des fluides frigorigènes, l’alimentation des équipements en énergies renouvelables, et l’entretien des appareils et des bâtiments, etc. Les échanges étaient très riches et des recommandations pertinentes ont été formulées à l’attention des décideurs afin que le froid soit davantage pris en compte dans le développement socio-économique du pays.


Le 13 avril 2021, l’APFC a fêté ses deux ans et a déjà de grandes ambitions...
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Oui, nous rendons grâce à Dieu pour les deux ans que l’association a eus et l’énergie qu’il nous a donnée pour réussir nos objectifs. C’est le résultat d’un travail de plusieurs membres dont certains sont dans l’ombre ; je lance un appel à ceux qui hésitent encore à militer activement dans l’association à mouiller le maillot, car c’est ensemble que nous allons gagner les défis de la valorisation et la promotion du froid dans notre pays. Je le dis parce qu’il y a des collègues qui ne participent pas aux activités de l’APFC mais qui bénéficient du travail fait par les autres.

Depuis la création de l’APFC, avez-vous constaté un changement de regard sur le secteur du froid dans notre pays ?

La réponse est oui. Lors de la dernière Journée nationale du paysan qui s’est tenue le 24 avril dernier à Manga, le ministre de l’Agriculture, Salifou Ouédraogo a parlé de mettre en place des chambres froides pour la conservation des aliments. Donc, dans le langage officiel, c’est déjà une réalité.
C’est vrai, à l’ouverture du SICRO, nous n’avons pas eu de ministres à nos côtés en raison de leur agenda qui aurait changé au dernier moment, mais ils étaient tous représentés. C’était la première édition du Salon et pour vous dire la vérité, peu de gens croyaient en notre affaire. Mais nous avons montré que nous étions sérieux et qu’il faut désormais avoir un œil différent sur nous parce que nous avons pu relever un défi en si peu de temps avec peu de moyens. Je leur dis merci pour leur caution morale et j’espère que nous les aurons l’année prochaine pour nous soutenir car leur présence est un réconfort pour nous.
Chez les professionnels, la cause du froid est bien comprise d’autant que beaucoup ont commencé à récolter les fruits du travail de sensibilisation et de communication de l’APFC. Ils remercient d’ailleurs l’association pour cela. Reste que le niveau de rémunération des prestations dans le secteur public n’est pas encore à la hauteur de la qualité du travail qui est fait, alors que les professionnels doivent gagner leur vie correctement. Au niveau du public, le regard a bien commencé à changer et on ne voit plus les professionnels du froid comme des bricoleurs qui font un travail parce qu’ils n’ont rien trouvé ailleurs. Nous allons continuer les campagnes de sensibilisation et surtout de renforcement des capacités de nos membres afin que les prestations qu’ils proposent soient de qualité. C’’est le seul moyen de faire respecter notre métier.


Après bilan, quelle pourrait être la périodicité du SICRO ?

Oui, la décision est prise pratiquement même si ce n’est pas encore officiel ; ce sera un rythme annuel ! Mais en 2022, on va s’accommoder avec l’Assemblée générale de U3ARC présidée oar notre compatriote Madi Sakandé et qui aura lieu en septembre. Le salon se tiendra en même temps que cet événement qui réunit les associations nationales du froid et la climatisation des pays africain. C’est une opportunité pour nous de faire connaitre davantage le salon.
Cette année, le Mali est venu pour apprendre comment organiser un tel salon et nous sommes pour l’instant une référence dans le domaine et on doit le rester dans le leadership.
Merci à tous ceux qui ont mouillé le maillot et aussi à tous ceux qui nous ont encouragés et nous donnent l’énergie pour continuer.

Avez-vous pensez à protéger le SICRO contre les imitations ?

Oui, c’est une question importante et elle est entre les mains de notre conseiller juridique qui fait le nécessaire pour protéger le nom contre les pirates. Je peux vous rassurer que le SICRO sera protégé contre les personnes malveillantes.

Nous vivons actuellement une période de forte chaleur. Quels conseils donnerez-vous aux consommateurs ?

En tant que professionnel du froid et de la climatisation, il y a une chose simple à expliquer aux consommateurs : quand il fait très chaud et que vous êtes dans un milieu très froid, c’est mauvais pour la santé. Ce qui est recommandé, c’est avoir un écart de 10° entre l’extérieur et l’intérieur. Si dehors il fait 40°, dedans, il faut mettre 30°, mais les gens répondent en disant que 30°, c’est chaud !
Pour bien entretenir vos appareils, il faut faire les révisions quand il fait froid, en décembre ou janvier, ce qui vous évite de payer quand vous appelez le technicien durant les périodes de fortes chaleurs car ils sont très sollicités.

Comment dégivrer son frigo ?

Certains équipements sont munis d’un système de chauffage interne qui se met en marche dans la journée quand c’est nécessaire et qui dégivre.
Pour le dégivrage manuel, lorsqu’il y a beaucoup de dépôt de glace dans l’appareil, il faut débrancher l’appareil, sortir les produits et les mettre dans une glacière pour maintenir le froid. Attendez au moins 30 mn à une heure, le temps nécessaire pour un dégivrage complet. Il ne faut surtout pas essayer de le faire à l’aide d’objet dur car on risque d’abimer l’équipement et provoquer la fuite du gaz.
Une fois que le dégivrage est terminé, il faut nettoyer l’intérieur avec une éponge imbibée d’eau de javel pour éliminer les bactéries, puis passer du vinaigre sur l’éponge pour parfumer votre frigo. Branchez ensuite votre appareil et attendez 30 mn pour que la température revienne avant de déposer à nouveau vos aliments. Le dégivrage doit être fait en permanence sinon, l’appareil consomme de l’énergie inutilement.
Pour l’entretien du climatiseur, vous pouvez, sans attendre l’arrivée du technicien, nettoyer les filtres vous-mêmes au moins tous les deux (2) ou cinq (5) semaines. En prenant bien entendu le soin de couper l’alimentation de l’appareil.

Vous avez en projet l’édition d’un annuaire des professionnels du froid et de la climatisation. A quels besoins répond l’annuaire ?

C’est pour permettre au grand public à la recherche de professionnels de disposer des contacts des meilleurs techniciens pour leurs services. Cela va assainir le secteur où beaucoup bricolent et salissent l’image des frigoristes. Avec cet annuaire, le consommateur pourra faire appel à un professionnel qui est membre de l’APFC, donc reconnu par ses pairs. Il y a un contrat de confiance que nous voulons instaurer entre les techniciens, les clients et l’association. Si par exemple, un client n’est pas satisfait de la prestation, il pourra saisir l’association et vous prendrons les mesures qui s’imposent.

Le mot de la fin...

Pour terminer, je remercie au nom des membres de l’APFC, tous les ministères et autres services qui nous ont soutenus et encouragés, les partenaires et sponsors qui ont cru au SICRO. Je m’excuse pour les manquements que certains ont relevés et que nous allons corriger dans les prochaines éditions. Merci aux centres de formations professionnelles qui ont mobilisé les stagiaires et qui nous accompagnent depuis deux ans. C’est aussi d’une certaine manière une occasion pour eux d’être en contact direct avec les professionnels et les fournisseurs.

Propos recueillis par Joachim Vokouma
Kaceto.net